IA et imitation vocale : une décision inédite au Japon reconnaît la protection de la voix

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Le tribunal de district de Tokyo a estimé mercredi que la voix humaine pouvait bénéficier de la protection conférée par le droit à l’image et à la notoriété, qui permet notamment aux célébrités de contrôler l’exploitation commerciale de leur nom et de leur image.

Le tribunal se prononçait dans le cadre de la première procédure engagée au Japon pour atteinte aux droits liés à la voix impliquant l’intelligence artificielle générative. L’affaire avait été portée devant la justice par le célèbre doubleur Tsuda Kenjirô (photo ci-dessus), à propos de vidéos qui, selon lui, avaient été créées à l’aide d’une IA imitant sa voix.

La juge Takahashi Aya, qui présidait l’audience, a toutefois rejeté la demande de Tsuda visant à contraindre l’exploitant de la plateforme de vidéos courtes TikTok à supprimer les contenus concernés, ceux-ci ayant déjà été retirés. Le tribunal ne s’est donc pas prononcé sur l’existence d’une violation des droits de Tsuda.

Cette décision est la première au Japon à reconnaître que la voix d’une personne peut être protégée au titre du droit à l’image et à la notoriété. Le jugement souligne que « la voix d’une personne, tout comme son apparence, constitue un symbole de sa personnalité » et que son utilisation sans autorisation peut porter atteinte à ces droits.

Tsuda, notamment connu pour prêter sa voix à un personnage populaire de l’anime Jujutsu Kaisen, avait engagé cette procédure en novembre dernier, alors que les imitations non autorisées de voix de doubleurs et de chanteurs étaient devenues un sujet de préoccupation.

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