Dossier spécial Quand gourmandise rime avec plaisir
Saké à la londonienne : la première brasserie de saké de Grande-Bretagne

Tony McNicol [Profil]

[05.02.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | Русский |

Kanpai London Craft Sake, la première brasserie de saké en Grande-Bretagne, a été créée par Lucy Holmes et Tom Wilson. De toute petite taille, leur établissement lancé en février 2017 fait déjà beaucoup parler de lui, notamment en raison de son approche innovante dans la fabrication et la commercialisation de la boisson nationale nippone

Bievenue dans la « nanobrasserie »

Aucune surprise dans le fait que Lucy Holmes et Tom Wilson décrivent eux-mêmes leur brasserie de saké comme une « nanobrasserie ». Avec seulement 25 mètres carrés de surface, on pourrait presque penser que la totalité des opérations de l’entreprise pourrait tenir dans l’une des plus grandes cuves de saké au Japon…

Il se trouve qu’il y a tout juste un an, les jeunes mariés étaient encore en train de brasser dans une pièce libre de leur appartement à Londres. Pourtant, c’est déjà leur troisième lot de saké. Leurs produits sont commercialisés dans le grand magasin Selfridges et font la joie des fans de saké et des néophytes de la boisson dans le sud cosmopolite et branché de Londres.

Tom Wilson examine le contenu d’un réservoir dans la « nanobrasserie » sous le regard de Lucy Holmes.

Mais en plus de sa taille compacte et d’être la première brasserie de saké en Grande-Bretagne, pourquoi cette brasserie se démarque-t-elle tant des 1 000 brasseries de saké au Japon, ou même d’autres brasseries aux États-Unis et en Europe ? L’une des réponses se trouve dans l’approche radicale que Lucy et Tom ont adoptée à la fois pour le brassage et pour le marketing.

« Nous sommes de grands amateurs de bière et le processus de brassage de saké n’est pas très éloigné de celui de la bière », explique Tom. « Nous suivons le modèle de la bière artisanale où les desiderata de tout un chacun peuvent être pris en compte, et nous produisons ainsi des petits lots spéciaux.

« Nous avons un côté très artisan et aimons mettre la main à la pâte, mais nous essayons également d’avoir recours à des techniques modernes et des profils de saveurs. C’est notre façon occidentale d’appréhender une boisson traditionnelle japonaise. »

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  • [05.02.2018]

Écrivain, photographe et traducteur. Tony McNicol vient de rentrer en Grande Bretagne après avoir vécu quinze ans au Japon. Il réside à présent dans la ville de Bath où il goûte aux joies de la campagne anglaise. Mais le riz japonais lui manque.

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