Dossier spécial La modernité de l’esthétique traditionnelle
À l’approche des vrais ninjas
[27.09.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Il n’y a pas qu’au Japon que les ninjas connaissent une popularité exceptionnelle. Ils sont connus dans le monde entier, comme le prouve le succès des films, d’animation ou en prises de vues réelles, qui les mettent en avant. Or, jusqu’à présent, leur réalité historique était plongée dans un mystère. Ce n’est que très récemment que certaines recherches sont parvenues à lever une partie du voile.

Une image créée de toute pièce

Les ninjas sont des personnages très populaires, au Japon et dans le monde entier, à travers des ouvrages de fictions qui les mettent en scène, romans, dessins animés, films et de nombreux autres supports. Ils sont représentés vêtus d’un vêtement noir et possèdent des capacités physiques surhumaines. Ils escaladent des murailles, lancent des shuriken dès qu’un ennemi surgit, exécutent leur mission et disparaissent comme une fumée. Telle est en tout cas l’image qui les accompagne le plus communément.

Or, cette image est née très tardivement, alors que le ninja n’existait plus dans la réalité. Le nom « ninja » lui-même n’est devenu usuel que dans les années 1950, à travers le succès de romans historiques, de mangas et de films de cinéma. Avant cela, on les désignait sous de nombreux termes, rappa, suppa, ou, plus généralement, les shinobi, c’est-à-dire « les furtifs ». La raison d’être des ninjas étant d’agir dans le secret, il est logique que les documents historiques qui en parlent ne soient pas très nombreux. Mais des recherches récentes ont finalement réussi à mettre au jour une partie de la réalité.

Des affiches de films de la série « Les furtifs » (Shinobi no mono), qui eut beaucoup de succès dans les années 60, au Musée des ninjas d’Iga.

La recherche sur les ninjas passe par Iga et Kôka

Iga, dans le nord-ouest de la préfecture de Mie, et Kôka (ou Kôga), à l’extrémité sud de la préfecture de Shiga, sont les plus célèbres villages de ninja. De fait, seule une montagne les sépare, et un chemin d’une vingtaine de kilomètres les relie, soit environ une demie journée à pied.

Dans le cadre d’un projet de revitalisation régionale axée sur la « culture ninja », des recherches de grande ampleur sur le sujet ont commencé en 2012 à l’Université de Mie, située dans la ville de Tsu, limitrophe d’Iga. M. Yamada Yûji, de la faculté des sciences humaines, essaie de démêler la réalité historique des ninjas.

Comme le déclare le Pr Yamada, « Iga et Kôka sont quasiment les deux seuls endroits qui conservent encore un manuel de techniques ninja, qui sont des pistes importantes pour mieux connaître leur réalité. En d’autres termes, l’exploration des deux anciens villages est un passage obligé de la connaissance historique. »

Un Manuel de ninjutsu présenté à « l’école de ninjutsu de Kôka »

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  • [27.09.2017]
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