Les endroits à visiter à tout prix !

Vivre Tokyo à 200 % : cinq auberges japonaises pleines de charme

Culture Tourisme

À Tokyo aussi, il est possible de se plonger avec entrain dans l’histoire de la ville à travers de charmantes auberges typiquement japonaises. Le photographe Andô Seita nous présente ses coups de cœur pour le plus grand régal des voyageurs étrangers.

Séjourner au cœur d'un site touristique

« Lorsque l’on voyage à travers le Japon, n’est-ce pas plus divertissant de loger dans une auberge japonaise remplie d’exotisme plutôt que dans une chambre d’hôtel dénuée de tout charme ? À Tokyo aussi, je vous le dis : c’est tout à fait possible ! », affirme Andô Seita, photographe. Durant trois ans, il a visité les auberges japonaises (ryokan) de Tokyo, petites mais charmantes. Le succès de son guide des auberges japonaises intitulé Tokyo no sugoi ryokan (Les incroyables ryokan de Tokyo, éd. Aspect) a fait même l’objet d’un sujet dans un journal télévisé.

La porte Kaminarimon du temple Sensô-ji à Asakusa.

Nombreux sont les Japonais et les étrangers à choisir des hôtels simples et peu chers par esprit pratique. « C’est tellement dommage », affirme M.Andô.

Prenons par exemple Asakusa, le lieu le plus visité de la capitale. La porte Kaminarimon, puis l’allée Nakamise et le temple Sensô-ji constituent le parcours par excellence du quartier. Manger dans un des restaurants traditionnels, ou visiter les salles de spectacles et le parc d’attractions Hanayashiki font aussi partie des distractions.

« Mais, une fois retourné à notre petit hôtel ordinaire près de la gare, et à notre chambre toute simple, toutes ces saveurs ressenties lors de nos visites s’estompent », dit-il. « À l’occasion d’une excursion touristique, ou tout simplement d’une balade, je vous propose moi, de loger dans un ryôkan proche du lieu visité. Plutôt que de s’allonger sur un lit d’hôtel, s’endormir sur un confortable futon étalé sur le tatami dans une pièce japonaise vous fera davantage goûter à l’envoûtement du voyage, propice aux beaux rêves. »

Dans cet article, nous vous présentons cinq auberges japonaises sélectionnées par le photographe à l’intention des voyageurs.

Après une bonne balade à Asakusa, et si nous passions la nuit dans le coin ? En haut à gauche : la station de navettes fluviales de la Sumida, qui traverse Asakusa. En haut à droite : le célèbre restaurant de yôshoku (cuisine occidentale à la japonaise) Yoshikami. Sur la pancarte de l’établissement nous pouvons lire « désolé d’être aussi délicieux ! ». En bas à gauche : le Mokubakan, une salle de spectacle du théâtre populaire japonais. En bas à droite : le plus vieux parc d’attractions du Japon, le Hanayashiki, aux couleurs du crépuscule.

Une auberge pour admirer la Skytree et faire de beaux rêves

De nombreuses auberges à Asakusa mériteraient d’être présentées. Parmi elles, voici le ryokan Mikawaya, qui offre le plaisir de pouvoir contempler la tour Tokyo Skytree tout en appréciant la vue sur l’allée Nakamise.

À gauche : la vue sur l’allée Nakamise depuis la chambre 405 de l’auberge Mikawaya. À droite : en ouvrant le shôji, les panneux coulissants, les illuminations de la Skytree nous émerveillent les yeux.

Asakusa est un des lieux de Tokyo les plus chargés d’histoire, et la présence de la Skytree accentue son charme en ajoutant une dimension urbaine au paysage. À l’auberge Mikawaya, vous pouvez profiter de ces deux atouts tout dans une confortable chambre traditionnelle.

Commentaire d’Andô Seita : « Le paysage de la tour Skytree est magnifique le soir. L’allée Nakamise brille de jolis éclairages, et en pleine nuit, les présences humaines se font rares, lui donnant une allure encore plus digne. Savourer un tel spectacle à ces heures-là est le privilège de ceux qui passent la nuit dans le quartier d’Asakusa… »

En haut à gauche : l’auberge Mikawaya. En haut à droite : à l’entrée de l’établissement, de nombreux guides sont disponibles en plusieurs langues. En bas : l’allée Nakamise, en pleine nuit, lorsque la foule de visiteurs s’est totalement évaporée. Cela vaut le coup d’œil.

À l’occasion de la Coupe du monde de football de 2002 au Japon et en Corée du Sud, ce ryokan a commencé à accueillir activement des touristes étrangers. Pour ceux qui viennent au Japon pour la première fois, la patronne reste toujours aimablement à leur disposition. Il n’y a pas de bains communs dans l’auberge, mais selon elle, les habitués fréquentent le bain public des environs, « Jakotsuyu », et profitent d’une eau venant d’une source thermale naturelle. En allant prendre le bain comme un habitant,  vous serez sans aucun doute encore plus charmé par l’atmosphère du quartier.

En haut : Une chambre confortable du Mikawaya. En bas à gauche : la réception décorée par des lanternes en papier du festival Sanja-matsuri, où la patronne est gentiment à votre disposition. En bas à droite : le bain public « Jakotsuyu », présent depuis l’époque d’Edo.

Ryokan Mikawaya

Adresse : 1-30-12, Asakusa, Taitô-ku, Tokyo 111-0032
Accès : 5 minutes à pied de la station Asakusa (métro ligne Ginza/Tôbu-Skytree)
Tarif : à partir de 7 500 yens par personne (petit déjeuner non inclus)
Site : http://www.asakusamikawaya.com/

Une auberge entre des boutiques d’électronique et des sanctuaires anciens

Pour les passionnés du quartier d’Akihabara, l’auberge Hotel Edoya est une très bonne adresse. Elle se trouve dans le quartier de Yushima, à environ dix minutes à pied d’Akihabara. Vous pouvez également y profiter d’un agréable parcours entre de célèbres lieux historiques comme les sanctuaires Yushima-tenjin et Kanda-myôjin, en passant par le temple confucéen Yushima-seidô.

En haut à gauche : le quartier d’Akihabara, la Mecque des jeunes fervents d’appareils électroniques bon marché, de figurines de mangas ou de maid café. En bas à gauche : l’auberge Hotel Edoya. À droite : une chambre de l’Edoya, de style purement japonais et très confortable.

Commentaire d’Andô Seita : « Si vous désirez jouir d’une atmosphère où se mélange un Japon traditionnel empreint d’histoire avec celui d’une pop culture et d’une technologie de pointe, l’idéal serait de passer une nuit dans les environs du quartier de Yushima. Je pense que ce serait effectivement un gâchis de venir au Japon et se contenter de faire l’aller-retour entre Akihabara et un simple hôtel. Akihabara est le plus souvent fréquenté par de jeunes étudiants. Et le Yushima-tenjin et le Yushima-seidô honorent les éminents dieux du savoir... Consacrer également du temps à les prier pour de meilleurs résultats aux examens ou au travail, au lieu de s’absorber uniquement dans des divertissements comme les mangas ou les maid cafés, ce serait une bonne idée, non ? »

En haut à gauche : un escalier en pente douce menant au sanctuaire. Il existe aussi un chemin plus abrupt. En haut à droite : au Yushima-tenjin, de nombreux ema, les tablettes votives, pour se réaliser scolairement et professionnellement. En bas à gauche : de nombreux ema également au Yushima-seidô. En bas à droite : la statue de Confucius la plus grande du monde (4,57 mètres), au Yushima-seidô.

Le sanctuaire Kanda-myôjin, considéré à l’époque d’Edo comme le protecteur de la ville d’Edo (ancien nom de Tokyo), se trouve aussi à proximité. Le lieu est également connu pour son amazake, un saké sucré peu alcoolisé. Cette boisson très populaire de nos jours est réputée efficace pour rétablir la flore intestinale, retrouver la forme, et pour avoir une belle peau. Un partenaire de poids aussi pour ceux qui veillent la nuit à jouer aux jeux vidéo ou à lire des mangas…

En haut à gauche : la boutique d’amazake, Amanoya, à l’intérieur du sanctuaire Kanda-myôjin. En haut à droite : un endroit idéal pour une agréable balade : la promenade de Shôhei-zaka, proche du Kanda-myôjin et du Yushima-seidô. En bas : le majestueux bâtiment principal du Kanda-myôjin.

Le Edoya est une petite auberge dissimulée dont l’intérieur est embaumé du parfum de l’ère Shôwa, et bien qu’en pleine ville, elle offre l’avantage de disposer d’un roten buro (bain en plein air). Les clients pouvant être des habitués, tout comme des touristes étrangers de long séjour, le service est particulièrement soigné. Un lieu conseillé même à ceux qui ne sont pas particulièrement intéressés par Akihabara.

En haut à gauche : tout l’intérieur de l’auberge est sobre et raffiné, dans un style rétro des années Shôwa. En haut à droite : le roten buro (bain en plein air). En bas à gauche : une douce lumière pénètre à travers les shôji dans une pièce japonaise. En bas à droite : le restaurant Kosetsu en sous-sol, très réputé pour ses soba (nouilles de sarrasin) fabriqués à la main.

Hotel Edoya
  • Adresse : 3-20-3, Yushima, Bunkyô-ku, Tokyo 113-0034
  • Accès : 3 minutes à pied de la station Yushima (métro ligne Chiyoda), 6 minutes à pied d
  • e la station Suehirocho (métro ligne Ginza)
  • Tarif : à partir de 6 890 yens par personne (petit déjeuner inclus)
  • Site : http://www.hoteledoya.com/

Une nuit dans une maison typique vieille de 70 ans

Pour ceux qui ont rêvé de vivre à la japonaise comme vu dans les vieux films ou dessins animés, loger dans une pièce avec des tatamis sera une expérience inoubliable. Dans ce cas, le Bamba Hotel, situé près de la gare de Shinbanba, est fait pour eux.

Le quartier de Shinbanba abritait jadis la première station – alors appelée Shinagawa – de l’ancienne route du Tôkaidô, l’axe principal reliant Edo à Kyoto. Non loin de la gare se trouve le sanctuaire de Shinagawa datant de l’époque de Kamakura (fin XIIe siècle). L’aéroport international de Haneda est seulement à un quart d’heure en voiture. Alors, qu’attendez-vous pour tenter l’expérience ?

Commentaire d’Andô Seita : « Si vous voulez essayer de vivre comme à l’ère Shôwa, rien ne vaut l’expérience dans une maison japonaise ! Le Bamba Hotel est en fait une habitation typique vieille de 70 ans remise à neuve, et dans laquelle peut loger un seul groupe de personnes par jour : une expérience unique. Un endroit que je conseille fortement à une famille ou un groupe d’amis. »

En haut à gauche : la façade du Bamba Hotel, ancienne maison japonaise entièrement rénovée. En haut au milieu : table basse (zataku) et coussins (zabuton) pour un salon dans le plus pur style japonais. En haut à droite : des meubles anciens rigoureusement choisis sont disposés dans la maison. En bas : les futons dépliés pour la nuit.

Bamba Hotel
  • Adresse : 1-1-12, Minami-Shinagawa, Shinagawa-ku, Tokyo 140-0004
  • Accès : 1 minute à pied de la gare Shinbanba (ligne Keikyû - Keihin Express)
  • Tarif : à partir de 22 680 yens pour un groupe de 3 personnes (petit déjeuner inclus)
  • Site : http://47gawa.tokyo/bamba/

Une auberge chargée d’histoire et classée bien culturel

Pour les personnes intéressées par l’architecture japonaise, voici le pavillon principal de l’auberge Hômeikan-honkan. Autrefois prestigieuse pension à l’usage des étudiants de l’Université de Tokyo, l’architecture du lieu a été élaborée par des artisans à partir d’un bois de première qualité. Comme l’auberge sollicite activement les touristes via Internet, le service envers les étrangers est particulièrement soigné.

Commentaire d’Andô Seita :  « L’établissement a été bâti à l’époque Meiji, en 1905, et classé bien culturel. Autrement dit, il offre le précieux privilège de pouvoir loger dans une architecture du début du XXe siècle. L’intérieur n’ayant pratiquement pas été retouché depuis 1945, l’historicité du lieu est authentique. »

En haut à gauche : le pavillon proncipal (honkan) de l’auberge Hômeikan, datant de 1905. En haut à droite : l’entrée de l’établissement conservant de la saveur du passé. Au milieu : une chambre de l’auberge, conçue avec soin par les artisans. En bas à gauche : les chambres donnent sur la cour intérieure. En bas à droite : les bains communs, délicatement carrelés.

Hômeikan honkan
  • Adresse : 2-34-10, Nihonzutsumi, Taitô-ku, Tokyo 111-0021
  • Accès : 5 minutes à pied de la station Minowa (métro ligne Hibiya)
  • Tarif : à partir de 7 000 yens par chambre (petit déjeuner non inclus)
  • Site : http://www.homeikan.com/

Une auberge proposant des cours culturels

Pour les touristes étrangers qui souhaitent passer une nuit dans une chambre japonaise tout en s’assurant de ne pas être trop déboussolés, voici Andon Ryokan, dans le quartier de Minowa. Ouvert en 2003, il propose de loger dans une pièce japonaise au design ultra moderne.

Des cours pratiques, variant en fonction du jour, sont proposés aux clients afin d’approfondir leurs connaissances de la culture japonaise : cérémonie du thé, arrangement floral, confection de sushis… De plus, les tarifs raisonnables permettent un long séjour. Le summum de la classe : au coucher du soleil, profiter d’une bière sur la terrasse avec vue sur le quartier !

Commentaire d’Andô Seita :  « Bien que l’auberge se situe dans le quartier de Minami-Senju, où flotte encore l’agréable atmosphère des faubourgs populaires de Tokyo, l’extérieur et l’intérieur du lieu sont d’une élégance impressionnante. On ressent le soin apporté par le propriétaire envers les clients étrangers, notamment à la salle de bains : elle dispose en effet d’un jacuzzi, et ses murs sont fabriqués en porcelaine d’Arita et décorés à la manière des bains publics traditionnels. »

En haut : la salle de bains dotée d’un jacuzzi. En bas à gauche : l’entrée d’Andon Ryokan d’un immeuble très design. En bas au milieu : la chambre japonaise avec des tatamis. En bas à droite : la terrasse sur le toit, avec vue plongeante sur le quartier.

Andon Ryokan
  • Adresse : 5-10-5, Hongô, Bunkyô-ku, Tokyo 113-0033
  • Accès : 5 minutes à pied de la station Kasuga (métro ligne Toei-Mita), 10 minutes à pied de la station Tôdai-mae (métro ligne Nanboku), 10 minutes à pied de la station Hongô 3 chôme (métro ligne Marunouchi / ligne Toei-Ôedo)
  • Tarif : à partir de 6 500 yens par personne (petit déjeuner inclus)
  • Site : http://www.andon.co.jp/
(D’après un texte rédigé par la rédaction de Nippon.com, avec la participation d’Andô Seita. Photos : Andô Seita)
Informations sur le livre
  • Titre : Tokyo no sugoi ryokan (Les incroyables ryokan de Tokyo)
  • Auteur : Andô Seita (photos), Iwashita Masaaki et Sugiyama Shigenori (textes)
  • Maison d’édition : Aspect
  • Prix : 1 500 yens (HT)
  • Langue : japonais
Les auteurs sélectionnent 21 auberges japonaises à Tokyo, y comprises celles présentées dans cet article.

tourisme tradition hôtel