Dossier spécial Les athlètes paralympiques : des hommes et des femmes exemplaires
Tani Mami, une championne de paratriathlon au cœur d’or

Yoshii Taeko [Profil]

[18.04.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | العربية |

En 2002, Tani Mami, une étudiante japonaise de 20 ans, a été amputée de la jambe droite à la suite d’un cancer des os. Depuis, elle est équipée d’une prothèse qui lui a permis de participer à trois Jeux paralympiques, dans la discipline du saut en longueur. Actuellement, tout en gérant avec énergie sa vie familiale, elle se prépare activement en vue des JO de 2020, à Tokyo, où elle représentera le Japon dans la catégorie beaucoup plus exigeante du triathlon.

Tani Mami

Tani MamiNée en 1982, à Kesen-numa, dans la préfecture de Miyagi. Travaille au département de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) de la firme Suntory Holdings sur des projets touchant à l’éducation des jeunes, l’aide à la reprise des activités après les catastrophes et le handisport. Au collège, Tani Mami commence à participer à des compétitions d’athlétisme. Au cours de l’hiver 2001, à l’époque étudiant à l’Université Waseda, elle apprend qu’elle était atteinte d’un ostéosarcome (cancer primitif des os). Quelques mois plus tard, elle est amputée de la jambe droite au-dessous du genou et s’équipe d’une prothèse. En 2003, elle commence à s’entrainer au saut en longueur, et l’année suivantee elle est embauchée par Suntory Holdings. Elle participe aux Jeux paralympiques d’Athènes (2004), de Pékin (2008) et de Londres (2012). Désormais, c’est pour l’épreuve de paratriathlon des JO de Tokyo 2020 qu’elle se prépare.

La première médaille d’or du Japon aux championnats du monde de paratriathlon

Tani Mami a un sourire chaleureux et communicatif. « On me dit souvent que j’ai un beau sourire », reconnaît la championne de paratriathlon. « Je ne peux pas m’empêcher de me sentir heureuse et reconnaissante pour les petites choses de la vie de tous les jours. Sans doute à cause de toutes les épreuves que j’ai traversées. Mes amis me font passer de merveilleux moments, et la beauté des fleurs me ravit l’âme. Je suis pleine de gratitude pour chaque instant que je vis en tant que tel et cela finit peut-être par transparaître sur mon visage. »

Tani Mami, une jeune femme au sourire irrésistible…

Le triathlon est sans conteste la plus éprouvante de toutes les disciplines paralympiques. Les triathlètes doivent en effet enchaîner trois épreuves d’endurance – natation, cyclisme et course à pied. Le paratriathlon est officiellement inscrit au programme des Jeux depuis Rio 2016.

Tani Mami remporte sa toute première course dans la catégorie PTS4 – paratriathlète présentant des déficiences modérées – lors des championnats du monde de triathlon de Rotterdam, en septembre 2017. C’est aussi la première fois qu’un paratriathlète japonais obtient une médaille d’or aux championnats du monde. Dans la dernière partie de la course, c’est avec toutes les peines du monde que la jeune femme doit conserver son avance, car c’est une discipline nouvelle pour elle. Mais à l’instant où, hors d’haleine et exténuée, elle franchit victorieusement la ligne d’arrivée, elle laisse place à ce visage souriant qui la caractérise.

Le sourire radieux de Tani Mami n’est pas le fruit du hasard. Il est le résultat du nombre incalculable de fois où elle a réussi à se relever après être tombée au plus bas.

Tani Mami lors de la démonstration de paratriathlon du parc maritime d’Odaiba (Odaiba kaihin kôen) de Tokyo, en octobre 2017. (Photo : Takemi Shûgo)

  • [18.04.2018]

Journaliste sportive. Né dans la préfecture de Miyagi. Après avoir travaillé 13 ans au sein du quotidien Asahi Shimbun, elle se lance dans une carrière free-lance en 1991. La même année, elle remporte le prix « Mizuno sports writer » pour son livre Kaerazaru kisetsu Nakajima Satoru F1 gonenme no shinjitsu (« Une saison irréversible, la cinquième année de vérité pour le champion de F1 Nakajima Satoru »). Les thèmes qu’elle développe concerne les capacités cachées de l’être humain. Parmi ses écrits : Hi no maru joshi bare nippon naze tsuyoi no ka (« Pourquoi l’équipe de ballet du Japon est-elle si redoutable ? », édité chez Bungei Shunju, 2013), ou Tensai wo tsukuru oyatachi no rule (« Comment les parents fabriquent-ils des génies ? », édité chez Bungei Shunju, 2016).

Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • Vivre pour ses deux passions, le parabadminton et la R&DEn 2020, le badminton va faire partie pour la première fois des disciplines paralympiques, à l’occasion des JO de Tokyo. Nagashima Osamu, un Japonais de 38 ans, fait partie des meilleurs pratiquants mondiaux du badminton handisport. Il se prépare activement en vue du plus grand événement sportif de la planète, tout en exerçant la profession de chercheur dans le département de technologie d’une grande entreprise japonaise. Il nous fait partager les états d’âme qui l’ont accompagné tout au long de son parcours du combattant.

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone