Dossier spécial Les athlètes paralympiques : des hommes et des femmes exemplaires
Kaneki Emi, figure de proue du volley-ball assis

Yoshii Taeko [Profil]

[24.07.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | العربية |

C’est après une grave maladie osseuse à 18 ans qui la laisse paralysée de la jambe gauche que Kaneki Emi a découvert le volley-ball assis. La championne est enthousiaste à l’idée de montrer ce que l’équipe japonaise sait faire à l’occasion des Jeux paralympiques de Tokyo, face aux États-Unis et à la Chine, les deux nations qui dominent le sport.

Kaneki Emi

Kaneki EmiNée à Kobe en 1982. Paralysée de la jambe gauche depuis l’âge de 18 ans. Commence à pratiquer le volley-ball assis à 19 ans. Première sélection en équipe nationale en 2003. Participe aux Jeux paralympiques de Beijing 2008 et Londres 2012. Médaillée de bronze en 2014 en Corée, aux Jeux handisport d’Asie.

Une précieuse expérience acquise aux Jeux paralympiques

Le volley-ball assis est un handisport qui se joue avec le haut du corps, les fesses devant être en permanence en contact avec le sol. Les règles de base sont semblables au volley-ball traditionnel (une équipe de 6 joueurs, en 3 sets de 25 points), à la seule différence qu’il se joue assis, et que la hauteur du filet et les dimensions du terrain sont réduites.

Kaneki Emi est actuellement la pièce maîtresse de l’équipe féminine nationale du Japon, avec deux participations aux Jeux paralympiques de Beijing 2008 et Londres 2012. Et cela, tout en menant une carrière d’employée marketing d’une grande société de courtage financier, et en élevant un fils actuellement en 3e année d’école primaire.

Son premier contact avec le volley-ball assis date de sa 19e année, à l’occasion d’une visite du centre handisport de la ville de Kobe, sur une recommandation d’un coach. Elle avait eu l’occasion de pratiquer le volley classique quand elle était collégienne, avant sa maladie. Elle fut rapidement sélectionnée dans l’équipe nationale, mais celle-ci fut éliminée lors du dernier tour de qualification des Jeux paralympiques d’Athènes en 2004.

Décoller les fesses du sol lors d’un service, d’un contre ou d’une attaque et sanctionné comme une faute. Kaneki (à gauche sur la photo), pendant une phase d’attaque, lors du tournoi des World Super 6, en 2017 (photo avec l’aimable autorisation de Nomura Securities )

« Jusque-là, je pratiquais le sport dans la cadre de la rééducation après ma maladie, je n’avais absolument pas les Jeux paralympiques en tête. Mais notre élimination en dernière phase de qualification a allumé la flamme en moi ! C’était à notre portée si nous y mettons tout notre cœur. »

Quatre ans plus tard, l’équipe se qualifiait pour les Jeux paralympiques de Beijing, et Kaneki était nommée capitaine de l’équipe féminine nationale. Malheureusement, le tournoi se termina sans aucune victoire.

« Ce résultat n’était pas étonnant, quand on pense que l’équipe s’est jetée dans la compétition en n’ayant quasiment pas eu l’occasion d’effectuer de stage d’entrainement. Moi-même, j’étais très inexpérimentée comme capitaine. »

L’expérience de Beijing a néanmoins produit un grand changement sur Kaneki. La joueuse s’est rendu compte que l’atmosphère qui régnait aux Jeux paralympiques était très différente de celle des Championnats d’Asie auxquels elle avait participé jusque-là : le stade rempli, pavoisé de toutes les couleurs, les supporters dans les tribunes qui encouragent l’équipe de la voix… L’énergie environnante était tellement intense qu’elle avait peur d’être avalée par elle. Mais d’un autre côté, cela lui a fait ressentir une nouvelle hargne de vaincre, comme capitaine de l’équipe nationale, une source de fierté et de responsabilité.

« Je ne peux pas encore dire ce qu’il y a de bien dans ma vie, mais ce qui est sûr, c’est que si je n’avais pas été handicapée, je n’aurais jamais eu l’expérience des Jeux paralympiques. »

Les joueurs de base-ball des Yomiuri Giants s’essaient au volley-ball assis, dans le cadre de leurs activités de contribution sociale. C’est Kaneki qui les a coachés. « Si on m’avait dit que nous entraînerions des stars un jour, nous ! » (© Yomiuri Giants)

Au travail, la journée se passe généralement devant l’ordinateur (photo publiée avec l’autorisation de Nomura Securities)

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  • [24.07.2018]

Journaliste sportive. Né dans la préfecture de Miyagi. Après avoir travaillé 13 ans au sein du quotidien Asahi Shimbun, elle se lance dans une carrière free-lance en 1991. La même année, elle remporte le prix « Mizuno sports writer » pour son livre Kaerazaru kisetsu Nakajima Satoru F1 gonenme no shinjitsu (« Une saison irréversible, la cinquième année de vérité pour le champion de F1 Nakajima Satoru »). Les thèmes qu’elle développe concerne les capacités cachées de l’être humain. Parmi ses écrits : Hi no maru joshi bare nippon naze tsuyoi no ka (« Pourquoi l’équipe de ballet du Japon est-elle si redoutable ? », édité chez Bungei Shunju, 2013), ou Tensai wo tsukuru oyatachi no rule (« Comment les parents fabriquent-ils des génies ? », édité chez Bungei Shunju, 2016).

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