A la recherche du véritable contexte de la controverse sur les cellules STAP

Takeda Tôru [Profil]

[09.05.2014] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية |

Le scandale autour des cellules STAP dépasse aujourd’hui le simple cadre de la science. Il a pris de telles proportions que la société japonaise toute entière se sent à présent concernée. Takeda Tôru, sociologue des médias, analyse les thèmes qu’il a fait émerger.

La soudaine popularité d’une jeune chercheuse

C’est le 29 janvier dernier qu’on a appris que le centre de recherche sur la biologie du développement de l’institut de recherche Riken avait réussi à produire des cellules STAP (stimulus-triggered acquistion of plupirotency, acquisition de pluripotence déclenchée par un stimulus). L’information annonçait la publication d’ une communication à ce sujet dans la revue scientifique de référence Nature qui paraîtrait le lendemain, et présentait son auteure, Obokata Haruko, la jeune chercheuse à la tête de l’équipe responsable de cette avancée, ainsi que les grandes lignes de son travail.

Alors que les cellules souches pluripotentes induites, pour lesquelles Yamanaka Shinya, professeur à l’Université de Kyoto a obtenu le prix Nobel de médecine, sont reprogrammées génétiquement pour leur permettre de devenir pluripotentes, la simplicité de la méthode décritee dans cette communication — une simple macération dans une solution acide pour donner la pluripotence à ces cellules somatiques — a bouleversé le monde de la recherche médicale et des sciences du vivant. Le grand public, lui, a été bien plus frappé par la personnalité de la jeune chercheuse, Obokata Haruko.

De nombreux reportages lui ont appris que dans son laboratoire aux murs tapissés de jaune et de rose, décoré de peluches et de produits dérivés du dessin animé Moomin, la jeune femme ne mettait pas de blouse blanche mais un tablier de cuisine qui lui venait de sa grand-mère, qu’elle y élevait une tortue et y travaillait au moins douze heures par jour, sept jours sur sept.

Obokata Haruko présente son laboratoire aux médias après la communication de ses travaux sur les cellules STAP (le 28 janvier 2014, Jiji Press)

  • [09.05.2014]

Professeur de sociologie des médias à l’université Keisen, journaliste et critique. Né en 1958 à Tokyo, il étudie à l’Université chrétienne internationale de Tokyo (ICU), où il obtient un doctorat de civilisation comparée. Il a été membre du Comité médias et droits de l’homme et est l’auteur de plusieurs publications, parmi lesquelles figurent notamment Ryôkôjinruigaku Kuronikuru (Chronique d’anthropologie de la mode), récompensé par le prix Suntory en 1999, et de Genpatsuhōdō to media (Les médias et les information sur l’énergie nucléaire).

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