Origami et innovations technologiques révolutionnaires
[03.03.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

« Origami » : l’un des mots japonais connus dans le monde entier. Or, récemment, cette tradition culturelle japonaise trouve des applications industrielles et artisanales. Développement spatial, mode et textile, et même vaisseaux sanguins artificiels, le concept de l’origami se décline dans divers domaines, dont voici quelques initiatives japonaises et étrangères en cours de développement.

Marchés de plusieurs milliers de milliards de yens

L’origami est un art traditionnel japonais : un carré de papier plié donne naissance à des formes infinies, d’une grue à un dinosaure. Très apprécié de fans dans le monde entier, aussi bien des enfants que des adultes, le mot « origami » s’est fait une place dans les dictionnaires de toutes les langues du monde. Or, loin de rester cantonné dans le domaine des arts traditionnels, l’origami détient la clé d’une infinité d’innovations technologiques et industrielles.

Les décorations en papier plié de la fête de Tanabata ont servi d’idée de départ pour le développement des parois en nid d’abeilles.

Prenons par exemple la technologie des parois en nid d’abeilles. L’idée de départ de cette technologie serait apparue à des ingénieurs britanniques à la fin de la Seconde Guerre mondiale à partir de décorations de papier de la fête de Tanabata, faits d’origami imbriqués. Aujourd’hui, la technologie du nid d’abeilles est très commune, et on la côtoie quotidiennement comme matériau d’épaisseur des cartons d’emballage. Mais il en existe également de nombreuses applications industrielles, par exemple dans les trains du Shinkansen, des structures en nid d’abeilles en aluminium sont présentes dans les planchers pour amortir les vibrations. En technologie spatiale, des panneaux en nid d’abeilles sur les parois des fusées protègent les satellites de la destruction par les ondes acoustiques de l’explosion en phase de décollage.

Pour Hagiwara Ichirô, responsable de l’Institut de recherche et de stratégie en propriété intellectuelle de l’Université Meiji, la technologie de l’origami est une véritable mine, susceptible de générer plusieurs milliers de milliards de yens d’activité industrielle. Or, l’application des structures en nid d’abeilles, si elle a bien été inspirée par l’origami, a été développée au Royaume-Uni et non pas au Japon.

Le professeur Hagiwara s’est plongé dans la recherche après avoir pris très fort conscience : « Alors même que l’origami est une spécificité japonaise, ce serait tout de même une honte pour nos ingénieurs que les applications industrielles soient développées par les autres ! »

À l’origine, Hagiwara Ichirô était chercheur sur les phénomènes de collision chez Nissan. Nommé professeur à l’Université de technologie de Tokyo, il s’est alors consacré à la recherche en ingénierie collaborative (c’est-à-dire les technologies qui placent la vision de l’usager au centre de leur problématique, comme l’ergonomie du confort dans un véhicule). C’est alors qu’une rencontre avec le Dr Nojima Taketoshi de l’Université de Kyoto (aujourd’hui chercheur invité de l’Institut d’études avancées sur les sciences mathématiques de l’Université Meiji) en 2002 lui a fait découvrir les potentiels de l’origami.

Le Dr Nojima affirmait que la solidité et la légèreté, les deux atouts de l’origami, ou encore ses fonctionnalités de contraction et déploiement pouvaient engendrer d’innombrables applications industrielles. Pour tester cette vision, le professeur Hagiwara a alors mis en place un groupe de recherche sur l’ingénierie de l’origami.

« La sensibilité et le ressenti sont des axes d’évaluation importants dans le domaine de l’ingénierie collaborative. Par exemple, regardez la disposition des graines de tournesol sur une fleur, vous trouverez ça beau. Utiliser un bel objet stimule le cerveau… Cette idée s’est imposée à moi en écoutant une conférence du professeur Nojima sur l’ingénierie de l’origami en 2002. »

Le laboratoire de recherche sur l’ingénierie de l’origami du Pr Hagiwara regroupe 12 chercheurs venus du Japon, mais aussi de Russie, Chine, et Vietnam.

Le robot origami a les regards tournés vers lui

Au Japon, l’idée commune est encore à considérer l’origami comme un art traditionnel. Heureusement, le professeur Hagiwara remarque que plus d’attention est portée aux technologies de l’origami dans le monde entier. Près de 300 participants, venus de 30 pays, étaient présents à Tokyo en août 2014 pour assister à la « 6e Conférence internationale des sciences, mathématiques et éducation sur l’origami ».

En arrière-plan de cette attention récente pour les technologies de l’origami, il y a le développement des logiciels de conception d’origami et de simulation de formes par pliage par ordinateur depuis les années 1990, qui ont permis le développement de la recherche sur les « origami par calcul ». En 2012, aux États-Unis, la National Science Foundation a investi 16 millions de dollars dans les projets de recherches sur les technologies de l’origami.

Aux États-Unis, le professeur Eric Demaine, chercheur en informatique au Massachusetts Institute of Technology, a publié une thèse sur les « robots origami », créés à partir d’une feuille de polymère à mémoire de forme, qui se déplient et se replient tout seuls. La recherche n’en est qu’à ses débuts mais est extrêmement prometteuse.

  • [03.03.2015]
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