Série Le b.a.-ba du Japon
Les supermarchés japonais : des produits de haute qualité à prix abordables
[30.08.2015] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

En quoi repose l’originalité des supermarchés nippons ? Vous remarquerez tout d'abord qu’ils sont légion dans les quartiers résidentiels. Et grâce à la rude concurrence que se livrent les différentes enseignes, on peut faire ses courses pour pas trop cher.

C’est avec l’ouverture du magasin Kinokuniya en 1953 à Omotesandô dans Tokyo que s’établit au Japon le tout premier supermarché en libre-service, tel qu’il y en a partout aujourd’hui. Kinokuniya débuta en 1910 comme petit marchand de fruits et légumes. Par la suite, de nombreux groupes de distribution se propagèrent rapidement pendant la période de forte expansion économique du Japon. La superficie des supermarchés peut aller de 300 m2 pour certains à plus de 3 000 m2 pour les plus grands.

L’un des points qui démarque les supermarchés japonais des autres est le passage à la caisse. Lorsqu’on arrive à la caisse après avoir fait ses courses, le caissier saisit les produits dans le panier, scanne les codes-barres, puis les dépose dans un autre panier (souvent de couleur différente). Après avoir payé, le client transporte le panier vers des tables dédiées au rangement des produits dans les sacs.

Selon les supermarchés, les sacs plastiques sont payants (2 à 5 yens) ou alors les clients obtiennent une remise s’ils viennent avec leurs propres sacs.

Les fruits et légumes ne sont presque jamais vendus au poids. Ils sont préalablement emballés, tout comme la viande et le poisson. Mais dans certaines grandes surfaces, on peut trouver des espaces type « marché », qui vendent de la viande et du poisson au poids, selon la quantité désirée par le client.

En septembre 2014, il y avait 20 404 magasins dans tout le Japon. La grande majorité (18 550 magasins) d’entre eux était des supermarchés dont la vente de produits alimentaires représentait plus de 70 % du chiffre d’affaires. Les magasins qui vendent au moins trois différents types de produits (aliments, vêtements, électroménager, etc.) en quantités similaires n’étaient que 1 854, soit 9 % du total. Les chaînes principales sont Aeon, Daiei, Seiyu, et Ito-yokado.

De la sauce soja en tous genres (photo : Yuya Tamai).

Les ménages, grands bénéficiaires de la guerre des prix

Il y a toujours aujourd’hui un grand nombre de femmes au foyer qui sont en charge des finances familiales. Beaucoup d’entre elles achètent quotidiennement des aliments frais. Les supermarchés, qui vendent avant tout ce genre de produits, sont donc présents dans les quartiers résidentiels, mais aussi devant les stations de trains. Il n’est pas rare de voir plusieurs enseignes concurrentes s’agglomérer dans les lieux de forte affluence. Elles se font alors la guerre pour proposer les prix les plus bas. Les supermarchés distribuent tous les matins des prospectus listant les promotions du jour dans les boîtes aux lettres du voisinage. Il y a même des personnes qui font leurs courses dans deux ou trois supermarchés différents en un seul jour pour mettre la main sur ces aubaines.

Avec l’accélération du vieillissement de la population, des services payants de livraison à domicile sont progressivement mis en place. Les grandes chaînes de distribution ont également un service de courses en ligne très développé. Il est possible de se faire livrer à l’heure de sa convenance des aliments frais ou congelés ainsi que beaucoup d’autres produits, depuis le magasin le plus proche de chez soi.

Récemment, la prise de conscience générale de l’importance de la sécurité alimentaire incite les supermarchés à afficher non seulement la provenance de leurs fruits, légumes, viandes et poissons, mais aussi le non de l’agriculteur ou fermier qui les produit. Chez Ito-Yokado, il est possible d’obtenir les informations du producteur et aussi des propositions de recettes en scannant le code QR imprimé sur l’emballage des produits.

La plus grande particularité des supermarchés japonais est la présence de rayons traiteurs où l’on peut se procurer divers plats qui viennent juste d’être cuisinés en magasin. De retour chez soi, ces plats accompagnent le bol de riz de tous les jours. Parmi la grande variété offerte, les incontournables sont : kara-age (poulet frit), tonkatsu (porc pané et frit), korokke (croquette de pomme de terre), tempura, kimpira (légumes sautés), salade de pommes de terre… Pour ceux qui aiment le saké, on trouve également du yakitori (brochettes de viande) ou du sashimi. Passé un certain temps ces plats sont proposés à prix cassés ; une astuce à ne pas oublier quand on part faire ses courses ! Afin de s’adapter au rythme de vie de tout un chacun, les portes de beaucoup d’enseignes sont ouvertes jusque tard dans la nuit.

Du sashimi fraîchement emballé (photo : David Pursehouse).

Certains plats cuisinés que l’on peut trouver en supermarché.

Il est possible d’acheter de la nourriture cuisinée sur place (tonkatsu, tempura, hamburg…) (photo : Hapothekener).

(Photos : Yuya Tamai / David Pursehouse / Hapothekener)

▼A lire aussi
Une entreprise qui réussit dans le secteur de la distribution chinoise Rues commerçantes du « shita-machi »
Le repas familial traditionnel menacé Les jeunes Japonais favorables au retour des femmes au foyer
  • [30.08.2015]
Articles liés
Autres articles dans cette série 

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone