Série Le b.a.-ba du Japon
Le « rakugo », l’art de conter une histoire
[04.09.2016] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le rakugo date de l’époque d’Édo (1603-1868) et reste populaire encore aujourd’hui. L’éloquence du conteur, plutôt que les décors ou les accessoires, occupent une place essentielle dans cet art.

Inspirer l’imagination du public

Le rakugo, l’art traditionnel japonais du conte humoristique, s’est développé en une forme de divertissement pour les citoyens ordinaires au cours de l’époque d’Édo (1603-1868). Au début, des artistes de différents genres se sont lancés dans cet art du monologue – généralement humoristique –, mais peu à peu des spécialistes ont émergé : les rakugoka.

Vêtu d’un kimono, le conteur reste assis tout au long de la performance et incarne plusieurs personnages dans de différentes scènes avec comme seuls accessoires un éventail et une petite serviette tenugui. Il est impossible au conteur de se servir de costumes ou de décors ; en effet, il doit être capable d’inspirer l’imagination du public grâce à son habileté à décrire l’histoire et son univers. La chute de l’histoire est appelée ochi en japonais (signifiant littéralement « chute »). Une bonne élocution est essentielle pour une représentation réussie. Une prononciation alternative du kanji pour ochi (落) est raku, d’où vient le nom de rakugo (落語).

Une popularité durable

Il existe encore aujourd’hui des théâtres traditionnels, les yose, qui proposent des spectacles de rakugo presque tous les jours. Parmi les adresses célèbres de Tokyo, on peut citer Shinjuku Suehirotei, où les billets pour adultes coûtent environ 3 000 yens, Suzumoto Engeijô à Ueno, Asakusa Engei Hall et Ikebukuro Engeijô. À Osaka, Tenma Tenjin Hanjôtei est un théâtre renommé.

Les principaux yose à Tokyo

– Shinjuku Suehirotei : 3-6-2 Shinjuku, Shinjuku-ku, Tokyo 160-0022 / Métro : Shinjuku 3 chôme / Ouvert tous les jours de 11h40 à 19h45

– Ueno Suzumoto Engeijô : 2-7-12 Ueno, Taitô-ku, Tokyo 110-0005 / Métro : Ueno-Hirokôji / Ouvert tous les jours de 9h00 à 19h00

– Asakusa Engei Hall : 1-43-12  Asakusa, Taitô-ku, Tokyo 111-0032 / Métro : Asakusa / Ouvert tous les jours de 11h40 à 21h00 /

Le théâtre Shinjuku Suehirotei, décoré avec les noms des humoistes.

Les histoires (neta) qui sont contées sont généralement composées de situations dramatiques entrecoupées de farces et de calembours, et mettent en scène des personnages typiques d’Edo (l’ancien nom de Tokyo) ou d’Osaka. Il y a encore aujourd’hui des rakugoka qui se spécialisent dans les contes classiques de la période d’Edo qui ont été transmis de maître à disciple à travers les années. Ces contes célèbres reposent sur l’éloquence du rakugoka. Cependant, les œuvres plus récentes, notamment à partir du XXe siècle, sont souvent contées par l’auteur lui-même, de sorte que l’histoire, plus que les qualités oratoires, est mise en avant. Beaucoup de ces nouveaux neta sont des satires de la société et sont accueillies favorablement dans le monde du rakugo.

Le rakugo, en tant qu’art classique représentatif du Japon, conserve sa popularité. Une enquête récente a révélé que 26,4 % de la population japonaise avaient assisté à un spectacle de rakugo, devançant d’autres formes de divertissements traditionnels telles que le kabuki, le nôgaku et le buyô (danse traditionnelle). Les écoles invitent souvent un rakugoka pour jouer devant les enfants qui étudient les arts traditionnels : 62,1 % des Japonais qui ont actuellement la vingtaine ont assisté à leur première représentation de rakugo à l’école(*1).

(*1) ^ Selon un sondage réalisé par Hapiken, Asahi Group Holdings.

  • [04.09.2016]
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