Série Le b.a.-ba du Japon
« Minshuku », les chambres d’hôtes traditionnelles du Japon
[19.06.2016] Autres langues : ENGLISH | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Les minshuku sont des chambres d’hôtes traditionnelles, gérées d’ordinaire par une famille. Ces établissements séduisent les voyageurs désirant profiter d’un séjour tranquille dans un logement de style japonais.

Se sentir comme chez soi

Un petit-déjeuner simple d’un minshuku, composé de riz, soupe miso, poisson grillé, œufs et cornichons.

Dans les minshuku, les hôtes séjournent souvent dans une partie convertie de la maison des propriétaires. Il est courant pour les propriétaires et leurs hôtes de manger dans la même salle à manger et de partager la salle de bains et les toilettes. L’augmentation récente du nombre de visiteurs internationaux au Japon a encouragé de plus en plus de minshuku à offrir leurs services en anglais.

Les habitants des zones rurales, en grande partie ceux impliqués dans l’agriculture et la pêche, ont établi les premiers minshuku en aménageant une partie de leurs maisons pour accueillir l’afflux saisonnier de voyageurs près des pistes de ski, des plages et des stations estivales. Ces logements, que les propriétaires géraient comme activité secondaire, étaient clairement distincts des hôtels, plus grands et plus chers, et des auberges traditionnelles, les ryokan. Il y a aujourd’hui beaucoup de propriétaires qui opèrent des minshuku comme activité principale ; et certains d’entre eux, de grande taille, brouillent la distinction entre les différents types d’établissements d’hébergement au Japon.

Un dîner à Tsunomiya à Minami-Sanriku dans la préfecture de Miyagi. Séjour d’une nuit avec deux repas à partir de 6 800 yens.

Malgré ces changements, les minshuku sont encore aujourd’hui caractérisés par une hospitalité toute familiale, incluant une cuisine à base de légumes, de poisson et d’autres produits locaux. Comme les gestionnaires et les membres de leur famille s’occupent de la cuisine – et non un chef cuisinier –, les plats sont souvent faits à partir de recettes simples et traditionnelles utilisant des produits de saison et de bonne qualité. Récemment, de nombreux établissements cherchant à accroître leur popularité offrent des repas plus élaborés, mais à un coût bien moindre que ceux pratiqués par les hôtels haut de gamme. Cela permet à de nombreux minshuku de proposer des formules comprenant une nuit et deux repas pour moins de 10 000 yens. Ces prix raisonnables contribuent à faire durer la popularité des minshuku.

Les accessoires mis à disposition dans les minshuku : yukata (kimono léger), brosses à dents et serviettes. (Photo : Carol Lin)

Air pur et environnement naturel

Outre les repas et l’intérieur pittoresque, les clients des minshuku peuvent profiter d’une ambiance typiquement japonaise dans leur chambre en revêtant unyukata et en se lovant dans les futon placés sur le sol de tatami. Des logements de taille similaire et de style occidental existent aussi, généralement appelés penshon (de l’anglais « pension »).

Futon disposés dans une salle de tatami. (Photo : Carol Lin)

Certains établissements spécialisés renouent avec les racines des minshuku et proposent un hébergement rustique similaire à ceux que l’on trouvait dans les villages d’agriculteurs ou de pêcheurs. L’aménagement sommaire participe au charme de ces maisons, et permet de mieux ressentir les plaisirs de l’air frais et de l’environnement naturel, calme et paisible. Les clients peuvent prendre part à des activités agricoles ou apprendre des résidents locaux à cuisiner des plats saisonniers. C’est une bonne opportunité pour acquérir une compréhension plus profonde du mode de vie dans une communauté rurale.

Certaines fermes locales entretiennent des installations similaires à celles utilisées il y a des centaines d’années au Japon. On peut trouver par exemple des établissements possédant une baignoire en fonte connue sous le nom de goemonburo, qui est chauffée par un feu de bois. Elle tire son nom – les potentiels baigneurs pourraient s’en effrayer – du voleur légendaire Ishikawa Goemon qui aurait été bouilli à mort dans un chaudron en fer. Les minshuku peuvent également avoir un irori, un foyer carré creusé dans le sol, utilisé pour chauffer la salle principale et la cuisine.

En 2005, le gouvernement a assoupli la législation sur les minshuku, leur permettant d’opérer à une plus petite échelle que précédemment autorisé. Il convient de noter que, même si les minshuku sont opérés à petite échelle, la pratique de louer des chambres privées à travers Airbnb et d’autres services, appelée minpaku au Japon, est entièrement différente. Le gouvernement a commencé à réglementer ces types de logements en 2015.

De plus en plus de minshuku peuvent être réservés en ligne aujourd’hui : leur hospitalité familiale est à portée de clic.

Un irori (Photo : katsuuu 44)

Liens externes [EN] :
Japanese Inn Group
Japanese Guest Houses

(Photo de titre : le couple géramt le Kanzansô, un minshuku près de la station de ski Ishiuchi Maruyama dans la préfecture de Niigata. Autres photos : Carol Lin / katsuuu 44)

▼A lire aussi
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  • [19.06.2016]
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