Dossier spécial De nouveaux horizons pour l’économie japonaise
La redynamisation de l’agriculture japonaise sous l’angle de la compétitivité internationale

Dômoto Hiroshi [Profil]

[10.07.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية |

Dans le cadre des négociations sur la participation au Partenariat transpacifique (TPP), la compétitivité internationale de l’agriculture japonaise fait actuellement débat. Comment redynamiser le secteur agricole ? Nous allons examiner les problèmes et les enjeux liés à cette question, en particulier en ce qui concerne la production de riz.

Le problème : un déficit d’exportation et non un excédent d’importation

De nos jours, la gastronomie japonaise est appréciée dans le monde entier. Pourtant, l’agriculture et la pêche japonaises qui la sous-tendent ne sont jamais évoquées à l’étranger, si ce n’est par les spécialistes. La situation agricole du pays reste inconnue en dehors du public japonais.

L’agriculture et la pêche japonaises connaissent de nombreux problèmes, dont la nature est évidente à l’examen des flux d’importation et d’exportation. Par exemple, les exportations de produits agricoles atteignent à peine trois milliards de dollars, un montant de loin inférieur aux autres grandes nations (cf. graphique).

Cependant, quand on parle d’agriculture au Japon, la question des exportations n’est quasiment jamais abordée, seules les importations sont au cœur du débat. « Le Japon est le premier importateur mondial de produits alimentaires », « l’alimentation dépend en grande partie de l’étranger », et, pour cette raison, il faut « s’opposer à la libéralisation du marché du riz » et « protéger l’agriculture car il s’agit d’un secteur en déclin » : telle est la teneur du débat.

Le montant des importations nettes du Japon (importations moins exportations) est certes le plus important au monde, mais l’examen de ses composantes apporte un éclairage différent. Le montant des importations brutes japonaises se situe au cinquième rang mondial derrière l’Allemagne, les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni. Cependant, concernant le montant par habitant, la première place revient au Royaume-Uni avec 880 dollars, suivie de l’Allemagne à 851 dollars et de la France à 722 dollars. Le Japon, avec 360 dollars par habitant, enregistre un montant pratiquement inférieur de moitié à celui de la France et peu éloigné des Etats-Unis, à 244 dollars. L’Archipel peut donc difficilement être qualifié de grand pays importateur. Au bout du compte, le problème réside dans le montant extrêmement bas des exportations, 3 milliards de dollars. Jusqu’en 1965 environ, les exportations des nations européennes industrialisées se situaient à un niveau sensiblement égal à celui du Japon. Durant les cinquante années suivantes, les exportations britanniques ont crû de 20 milliards de dollars et celles de l’Allemagne de 42 milliards de dollars, tandis que les exportations japonaises ne progressaient que de 2,7 milliards de dollars. En résumé, l’agriculture japonaise est restée dépendante du marché intérieur, sans s’ouvrir à l’international.

Cette évolution est étroitement liée à la politique agricole japonaise. On peut affirmer sans exagération que les grands axes de cette politique — l’aide aux producteurs de riz et la réduction de la production pour maintenir les prix élevés du riz — ont eu pour effet d’affaiblir le secteur agricole. Des points que nous allons maintenant développer.

  • [10.07.2012]

Diplômé de troisième cycle en sciences, Institut de Technologie de Tokyo. Intègre la banque Sanwa (actuelle banque Tokyo-Mitsubishi UFJ). Détaché à l’Institut du Kansai pour la recherche économique et sociale puis à Mitsubishi UFJ Financial Group, chercheur au Centre d’études sur les stratégies politiques internationales depuis 2011. Spécialiste en analyse macro-économique.

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