Dossier spécial La culture pop nippone se mondialise
Adieu Naruto ! — Le ninja le plus populaire du monde
Une interview de Kishimoto Masashi, l’auteur du manga
[24.12.2014] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le manga Naruto, qui a connu un succès enthousiaste non seulement au Japon mais dans le monde entier, a mis un point final à ses aventures le 10 novembre 2014, après une série ininterrompue de plus de 15 ans dans le Weekly Shônen Jump. Nous avons rencontré l’auteur, Kishimoto Masashi, et nous lui avons demandé quelles pensées l’avaient accompagné tout au long de son énorme travail.

La fin était fixée dès le début

La série de Naruto a commencé à paraître en 1999. À l’époque, Kishimoto Masashi, son auteur, était un débutant mangaka de 25 ans. N’aurait-il pas mis ses propres sentiments de l’époque dans son personnage d’élève médiocre de la Ninja Academy, Uzumaki Naruto ?

« Je n’étais pas sûr de pouvoir faire carrière comme mangaka. J’avais un fort désir de reconnaissance de ceux qui m’entouraient. Mais évidemment, quand la parution a commencé, je n’aurais jamais imaginé que l’aventure se poursuivrait pendant quinze ans. »

Kishimoto Masashi explique le processus de sélection des nouvelles séries par l’éditeur :

« Dans le cas du Weekly Shônen Jump, les candidats doivent préparer trois épisodes, et ces trois épisodes sont examinés en commission éditoriale. Une fois franchie l’étape de la commission, la publication commence généralement deux mois plus tard. Mais la plupart des auteurs de manga n’ont pas le temps de préparer une série et mûrir un projet. Déjà beau s’ils ont un concept de moyenne durée, pour un ou deux volumes ! ­Personnellement, la seule chose que j’avais décidé dès le début, après en avoir parlé avec mon éditeur attitré, c’est que la série s’achèverait par la confrontation de Naruto et Sasuke, son éternel rival depuis l’enfance. »

Uzumaki Naruto (à droite), Uchiwa Sasuke (à gauche), sont à la fois amis et rivaux. Ils se soutiennent mutuellement tout le temps de leur formation à la Ninja Academy. Finalement, Sasuke lâche l’academie, et c’est cela qui provoque la confrontation finale. (Images : The Last – NARUTO The Movie, © Kishimoto Masashi Scott / Shûeisha, TV Tokyo, Pierrot © Comité de production du film NARUTO, 2014)

Les superbes combats du ninjutsu

Naruto s’est achevé par la publication simultanée des épisodes 699 et 700 dans le no 2014/50 du Weekly Shônen Jump, sorti le 10 novembre dernier. Regardons une nouvelle fois en arrière pour admirer cette épique histoire de ninja.

L’histoire de Naruto se déroule dans un univers constitué de cinq grands pays des shinobi (un synonyme de ninja) et plusieurs autres petits pays. Dans le Pays du Feu se trouve le village caché de Konoha (Konohagakure no Sato). Un jeune garçon de ce village, Uzumaki Naruto, rêve de devenir un jour Hokage, le chef de Konoha. Après plusieurs échecs aux examens de fin d’études, il parvient tant bien que mal à devenir genin, grade inférieur de la hiérarchie ninja. Il est alors affecté dans la même équipe que Uchiwa Sasuke et Haruno Sakura, sous la férule du jônin (grade supérieur) Hatake Kakashi. Il deviendra un grand ninja au prix de nombreuses difficultés.

Les feutres de couleur, ses outils, envahissent l’espace de travail de Kishimoto Masashi. Derrière lui on aperçoit les bureaux de son équipe d’assistants.

Résumé de cette façon, Naruto ressemble fort un banal roman d’apprentissage avec un jeune garçon pour héros. Or, ce qu’il y a de nouveau dans Naruto, c’est que l’univers de la série n’a cessé d’évoluer en se complexifiant au fil des épisodes, avec un nombre impressionnant de personnages aux très fortes personnalités et d’innombrables techniques de ninjutsu. Naruto porte en lui un secret qui concerne sa naissance, et un bijû (un démon à queues) est scellé en lui, le plus puissant des neufs bijû, celui à neuf queues. La possession de ces démons à queues, garants de la puissance militaires, a été autrefois pour les cinq grands pays des shinobi l’objet de guerres destructrices. Les démons à queues possèdent en effet un potentiel d’une immense énergie. Au bout d’un certain temps, quand les bijû se sont trouvés dispersés dans différents pays, les pouvoirs se sont relativement stabilisés.

« En ce qui concerne les bijû, au début, j’avais seulement imaginé faire intervenir un renard avec une queue magique, raconte Kishimoto Masashi. Étant moi-même fan de Godzilla, j’ai voulu dessiner un combat avec un monstre géant. Alors j’ai imaginé faire apparaître le monstre par une « technique d’invocation » (n.d.l.r. : Kuchiyose no jutsu, c’est-à-dire une technique permettant grâce à certaines formules et mudra de faire apparaître une créature, généralement un animal, ou un objet, qui devient un partenaire au cours d’un combat, ou un aide pour accomplir une tâche que l’invocateur ne peut réaliser seul).

  • [24.12.2014]
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