Dossier spécial Prochainement au studio Ghibli…
Quelle est l’actualité du studio Ghibli ? Suzuki Toshio parle
[27.07.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Cela fait trois ans maintenant que Miyazaki Hayao a pris sa retraite de l’animation de longs métrages. Quoi de neuf au studio Ghibli depuis ce temps ? Nous avons interviewé Suzuki Toshio, le célèbre producteur et ami du réalisateur, qui a tiré pour ainsi dire à mains nues le studio Ghibli pendant plus de 30 ans.

Suzuki Toshio

Suzuki ToshioNé à Nagoya en 1948. Après un diplôme de la faculté des lettres de l’Université Keiô, il rejoint l’éditeur Tokuma Shoten en 1972. Après quelques années pour le magazine Shûkan Asahi Geinô (« Asahi Entertainment Weekly »), il a participé en 1978 à la création du premier magazine sur l’animation : Animage. En 1984, lors qu’il est rédacteur en chef adjoint de ce magazine, il se lance dans la production de films d’animation avec Nausicaä de la vallée du vent de Miyazaki Hayao, à côté de Takahata Isao. Il participe activement à la création du studio Ghibli en 1985. Il sera dès lors le producteur exécutif de tous les projets destinés à la distribution en salle des films du studio Ghibli jusqu’à Le Vent se lève (2013), ainsi que du Ghibli Museum, qui a ouvert ses portes en 2001. Il est actuellement producteur général de studio Ghibli Co., Ltd., dont le nouvel opus, La Tortue rouge, sortira le 17 septembre prochain sur les écrans nippons.

Trois ans se sont passés depuis que Miyazaki Hayao, dont le dernier long métrage, Le Vent se lève, date de 2013, a déclaré qu’il prenait sa retraite, mettant un terme à une longue liste de chefs-d’œuvre du cinéma d’animation, comme Nausicaä de la vallée du vent (1984), Princesse Mononoke (1997), Le Voyage de Chihiro (2001), etc. Le studio Ghibli, qui a produit ces longs métrages d’animation et bien d’autres, essentiellement les travaux des deux grands maîtres de l’animation japonaise, Miyazaki Hayao et Takahata Isao, a fermé son département production après la sortie de son dernier long métrage : Souvenirs de Marnie, réalisé par Yonebayashi Hiromasa en 2014. Le studio est aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire.

S’il ne s’attaquera plus à un long métrage, Miyazaki est en train de préparer une histoire courte Kemushi no Boro (« Boro la chenille »), qui sera en outre son premier film réalisé par ordinateur. L’actualité du studio Ghibli, c’est aussi la sortie en septembre prochain de La Tortue rouge, une coproduction franco-belgo-japonaise réalisée par Michael Dudok De Wit, un travail de dix ans, couronné en mai dernier par le Prix « Un certain regard » au Festival de Cannes.

Alors quoi de neuf maintenant pour le studio Ghibli, quel est le cap ? Nous avons rendu visite à Suzuki Toshio, le producteur qui a soutenu Miyazaki et Takahata pendant près de quarante ans, s’impliquant directement, avec des discussions parfois houleuses, pour la création des chefs-d’œuvre que l’on sait et qui ont fait le studio Ghibli, à Koganei, dans la banlieue de Tokyo.

Un projet de court métrage digital pour Miyazaki Hayao

Actuellement, Suzuki Toshio n’arrête pas de faire des allers-retours entre Ebisu où il travaille, et le studio Ghibli. « J’étais moins occupé quand on faisait des films ! », dit-il.

« Plusieurs raisons se trouvent derrière notre décision de cesser la production de films au Japon. La retraite de Miyazaki en est une. Et puis Takahata a plus de 80 ans, maintenant. Et puis se contenter de suivre la pente en laissant la bride sur le cou aux jeunes que nous avons formés n’est pas une solution. Nous avons besoin de temps pour réfléchir, et j’aimerais bien avoir le temps d’y penser moi-même aussi. »

Le problème est que certains croient que le producteur n’a plus rien à faire, et les demandes d’entretien lui tombent dessus de tous les côtés. Il a donc fini par décider de recevoir les visites principalement à Ebisu, ne venant au studio que si cela est nécessaire. Il préférerait éviter de venir tous les jours, et cela pour une raison bien simple :

« Si je tombe sur Miya-san [surnom de Miyazaki Hayao, NdT], alors c’est tout de suite deux heures de discussion enflammée. Plus les deux heures de trajet aller-retour, cela fait quatre heures de moins dans ma journée, et finalement je ne finis pas ce que j’avais à faire. C’est pour ça que j’évite de venir au studio tous les jours ! »

Dans son bureau du studio Ghibli

« Heureusement, depuis qu’il s’est attaqué à ce court métrage à l’ordinateur, ça l’a un peu calmé », dit Suzuki Toshio en riant.

L’ironie et la familiarité avec laquelle il parle du réalisateur expriment la solidité de l’amitié qui unit les deux hommes qui s’appellent par leur surnom. Il semblerait que c’est Suzuki Toshio qui a suggéré à Miyazaki Hayao de s’essayer à l’animation à l’ordinateur.

« C’est moi qui le lui ai proposé, je lui ai dit que ça le changerait d’air. Il aurait pu le faire à la main, évidemment, mais je me suis dit qu’un changement de recette lui donnerait une nouvelle motivation. »

  • [27.07.2016]
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