Dossier spécial Les grandes figures historiques du Japon
Sakamoto Ryôma, héros mythique de l’histoire du Japon moderne
[24.10.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Il y a un siècle et demi, Sakamoto Ryôma (1836-1867) a joué un rôle clé dans l’histoire du Japon moderne en négociant une alliance entre les fiefs de Satsuma et de Chôshû en vue de renverser le shôgunat et rendre le pouvoir à l’empereur. Mais il n’a pas eu le temps de voir ses efforts aboutir, ayant été assassiné en 1867, à l’âge de 31 ans. Le 150e anniversaire de la mort de ce héros particulièrement cher au cœur des Japonais a été marqué par toutes sortes de manifestations. Nous vous proposons de découvrir le parcours étonnant d’un homme qui, bien que né dans une famille de guerriers de rang modeste, a eu une influence décisive sur l’instauration d’un État moderne dans l’Archipel.

Un guerrier hors pair

Sakamoto Ryôma naît le 3 janvier 1836 dans la province de Tosa (ancien nom de la préfecture de Kôchi), dans l’île de Shikoku. Il est le fils cadet d’un « guerrier de village » (gôshi) – une catégorie de samouraïs de rang inférieur résidant dans des communautés rurales – lui-même issu d’une famille de riches marchands, les Saitani, qui ont fait fortune dans la fabrication de saké et les kimonos. Son père vit donc dans une relative aisance, en dépit des maigres revenus qu’il touche en tant que gôshi.

Sakamoto Ryôma est un homme de haute taille (plus de 1,70 mètre) par rapport aux Japonais de son temps. (Photo avec l’aimable autorisation de la Bibliothèque de la Diète japonaise)

Sakamoto Ryôma commence à apprendre l’art du sabre (kenjutsu) dès l’âge de 14 ans sous la direction de Hineno Benji, un guerrier local. Au printemps de l’année 1853, il se rend à Edo (ancien nom de Tokyo) pour se perfectionner. Sur place, il s’entraîne avec Chiba Sadakichi, un maître d’armes de l’école de kenjutsu Hokushin ittô ryû. Puis au mois de juillet, les « bateaux noirs » (kurofune) du commodore américain Matthew Perry font leur apparition dans la baie d’Edo en demandant au shôgun d’ouvrir les ports de l’Archipel au commerce extérieur.

En 1854, Sakamoto Ryôma rentre dans la province de Tosa mais il repart pour Edo deux ans plus tard. Il aurait alors pris la direction de la salle d’entrainement (dôjô) de Chiba Sadakichi qui lui aurait en même temps transmis tous les enseignements de l’école Hokushin ittô ryû.

Le sabre court (wakizashi) préféré de Sakamoto Ryôma exposé pour la première fois à Tokyo en 2017. L’inscription figurant sur le fourreau – Osafune Katsumitsu et Munemitsu de Bizen – indique les noms des maîtres forgeron qui ont réalisé la lame.

« Révérer l’empereur, expulser les barbares »

En 1861, un gôshi de la province de Tosa nommé Takechi Zuizan créé le Tosa kinnô tô (Parti des loyalistes de Tosa) rallié au mouvement et au mot d’ordre sonnô jôi (« Révérer l’empereur, expulser les barbares ») dont l’objectif est de renverser le régime shogunal, de le remplacer par un État unifié autour de la personne de l’empereur, et de repousser les étrangers. Sakamoto Ryôma, qui se trouve alors sur place, rejoint cette organisation. Mais il la quitte dès l’année suivante, peu avant l’assassinat par des membres du Tosa kinnô tô de Yoshida Tôyô, chargé par le daimyô (seigneur féodal) de Tosa de réformer son fief.

Un an plus tard, Sakamoto Ryôma repart pour Edo où il entre en contact avec Kusaka Genzui, Takasugi Shinsaku et d’autres membres du mouvement sonnô jôi originaires du fief de Chôshû (actuelle préfecture de Yamaguchi), où les partisans de l’empereur étaient très nombreux.

Sakamoto Ryôma, la main tendue. Statue à taille réelle en bronze, Musée Sakamoto Ryôma, Katsurahama, préfecture de Kôchi

  • [24.10.2017]
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