Série Des partenariats à l’échelle mondiale
Les cartables japonais « randoseru » contribuent à l’éducation des petits afghans
[25.12.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | العربية |

Au bout des six années que compte l’enseignement primaire japonais, les randoseru, cartables emblématiques des écoliers de l’Archipel, sont bien souvent en si bon état qu’ils peuvent encore servir. Pourquoi pas par exemple, sur le dos des enfants de pays défavorisés. Depuis 2004, les Japonais ont ainsi offert plus de 180 000 randoseru recyclés à des écoliers afghans dans le cadre d’un programme géré par une organisation non gouvernementale, en partenariat avec le fabricant de produits chimiques et de fibres japonais Kuraray.

Une nouvelle vie « au-delà des mers » pour les randoseru

En juin 2017, un groupe de bénévoles s’est rassemblé dans un entrepôt de Yokohama avec pour mission d’examiner rigoureusement plus de 6 000 cartables d’écoliers usagés en provenance de tout le Japon. La plupart de ces randoseru étaient encore parfaitement utilisables après six ans de bons et loyaux services auprès de leur premier propriétaire. Il faut dire qu’ils résistent en effet à tout (voir notre article Tsuchiya  Kaban : du cartable d’écolier au sac à dos pour adulte). Vérification achevée, chacun de ces randoseru chargés de souvenirs devait être expédié en Afghanistan en tant que cadeau d’un enfant japonais à un écolier afghan. Grâce à l’initiative lancée en 2004 par l’organisation non gouvernementale JOICFP (Organisation japonaise pour la coopération internationale en matière de planning familial) et la firme japonaise Kuraray, plus de 180 000 cartables japonais ont ainsi commencé une nouvelle vie en Afghanistan.

Des bénévoles japonais en train de passer en revue des cartables usagés à Yokohama, le 10 juin 2017. (Photo : Ishikawa Takeshi)

Plus de 50 bénévoles s’étaient réunis à Yokohama au mois de juin dernier dans le cadre du programme randoseru. Après s’être assurés que les bretelles, les sangles et les boucles étaient solidement fixées, ils ont chargé chaque cartable avec des fournitures scolaires non utilisées. Parmi ces volontaires se trouvaient plusieurs artisans travaillant pour des fabricants de randoseru qui ont soigneusement vérifié que les cartables ne contenaient aucun élément en peau de porc, car l’Afghanistan est un pays musulman.

Photo de groupe de bénévoles japonais ayant participé à une opération d’envoi de cartables recyclés à des écoliers afghans. (Photo : Ishikawa Takeshi)

Des cartables distribués dans un pays ravagé

Le photographe Uchibori Takeshi avec le livre Randoseru wa umi o koete (Des cartables japonais au-delà des mers) qu’il a publié en 2013 aux éditions Poplar. (Photo : Ishikawa Takeshi)

En Afghanistan, les enfants n’ont pas tous la chance d’être scolarisés, au contraire. Et parmi les heureux élus, rares sont ceux munis d’un cartable et de fournitures scolaires. Chaque bénéficiaire du programme randoseru reçoit un robuste cartable d’écolier recyclé contenant des cahiers, des crayons à papier, des gommes, des crayons de couleur et d’autres fournitures scolaires neuves, ainsi qu’une lettre et une photographie du jeune donateur japonais. Sur place, les cartables sont distribués par l’ONG United Medical Center for Afghans/Rehabilitation Program for Afghanistan, en collaboration avec l’administration locale, afin que leur nombre corresponde exactement à celui des élèves de l’école ou de la classe concernée, et que personne ne soit oublié.

Le photographe japonais Uchibori Takeshi a lui aussi joué un rôle important dans ce programme. Pendant plus de dix ans, il s’est en effet rendu en Afghanistan chaque année afin de photographier le déroulement des opérations tout en aidant l’équipe locale de l’organisation JOICFP à remettre un à un les randoseru aux écoliers. Ces photographies se retrouvent dans l’album qu’il a publié en 2013 et intitulé Randoseru wa umi o koete (Des cartables japonais au-delà des mers).

La guerre civile qui a ravagé l’Afghanistan pendant des années a pris fin officiellement il y a plus de vingt ans. Mais le pays vit toujours dans une insécurité permanente. Les attaques des Talibans hostiles au gouvernement en place et les attentats perpétrés par l’État islamique se multiplient. Uchibori Takeshi témoigne avoir vu sur place des drones militaires dans le ciel et des tanks dans les rues.

Un drone militaire en Afghanistan volant au-dessus d’un employé d’une ONG remplissant les cartables de cahiers et de fournitures scolaires envoyés sur place par le Japon. (Photo : Uchibori Takeshi, octobre 2011)

  • [25.12.2017]
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