Série Le mariage aujourd’hui au Japon
Les applications de « matching », sauveurs du mariage au Japon ?
[08.01.2019] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Ces dernières années au Japon, on assiste à une multiplication de mariages de couples qui se sont connus par l’intermédiaire d’applications de matching. Quels sont les services qu’elles proposent ? Comment ces personnes ont-elles fait connaissance, puis se sont-elles mariées ? La gérante de l’application la plus populaire et des utilisateurs nous répondent.

Examen drastique de toutes les inscriptions et élimination de toutes les demandes suspectes

Alors que la proportion de célibataires dans la population japonaise augmente, une application de matching se pose en sauveur du mariage. À tout le moins, le nombre d’inscrits ne permet plus de dire que ce type de service ne concerne qu’une frange de la population. L’application la plus importante du secteur, « Pairs », qui fut créée en 2012, compte 8 millions d’utilisateurs. Et d’autres services sont apparus depuis, telles « Omiai » ou « With ».

Écran d’accueil de l’application de matching « Pairs » (à gauche) et écran après connexion (à droite). (Photo avec l’aimable autorisation de Eureka)

En quoi ces applications diffèrent-elles des soi-disant sites de rencontres du passé ? Il se trouve que ces derniers sont dorénavant contrôlés par la loi de 2003 de prévention de la criminalité. Mais les affaires d’extorsion, de vol et de viol dont ont été victimes des collégiens et lycéens n’ont pas cessé, et la règlementation a été renforcée en 2008.

Mme Tayama Keiko, responsable des relations publiques de Eureka, qui développe et exploite « Pairs », nous explique les divergences par rapport aux sites de rencontres :

« Dans les sites de rencontres, le service était facturé au message envoyé. Non seulement les frais augmentaient au fur et à mesure, mais il existait aussi de faux utilisateurs (dits sakura), payés par le site, qui faisaient artificiellement augmenter les échanges. Chez Pairs, les femmes s’inscrivent gratuitement, et les hommes paient un droit d’inscription mensuel de 3 480 yens (environ 28 euros, avec différents forfaits et modalités de paiement existant). L’accès au site, lui, est gratuit pour tous après une vérification de l’âge, car les moins de 18 ans sont interdits d’inscription. Et évidemment, pas de sakura. Seules les personnes qui recherchent des relations sérieuses ou un mariage utilisent notre service. »

En termes de proportion, 44 % des célibataires de plus de 18 ans en recherche de partenaire utilisent des services de matching aux États-Unis, 52 % au Royaume-Uni, 58 % en France et 60 % en Allemagne (données du bureau américain Match Group de 2017). D’après Mme Tayama, « le problème social causé par les sites de rencontres a certes fait prendre un certain retard au Japon comparativement aux pays occidentaux, mais nous avons déjà reçu plus de 150 000 réponses de la part d’usagers certifiant que le service leur a permis de se mettre en couple ou de se marier. »

La possibilité de communiquer directement avec une autre personne inscrite sur l’application est soumise à la présentation d’une carte d’identité, afin de confirmer votre âge. 40 agents effectuent 24 heures sur 24 et 365 jours par an vérifications et contrôles pour le compte de l’opérateur, et répondent aux questions. Afin de supprimer tout risque de chargement de photos inappropriées, ou d’utilisation de langage non-conforme, un système de pré-détection basé sur un algorithme à apprentissage automatique est également mis en œuvre, et balaye l’historique du comportement de l’utilisateur.

  • [08.01.2019]
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