Série Réfléchir à la guerre
Les grues en papier : un message de paix et d’espoir pour le monde entier
[15.08.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | العربية |

Depuis quelque temps, les grues en papier japonaises volent bien au-delà des frontières de l’Archipel, et elles se répandent dans le monde entier. Comment ces pliages réalisés en suivant les techniques traditionnelles de l’origami ont-ils réussi à faire leur chemin un peu partout sur notre planète en tant que symbole de paix ? C’est ce que nous avons demandé à Sasaki Masahiro, le frère ainé d’une petite fille de Hiroshima appelée Sadako qui s’est mise à faire des grues dans l’espoir de guérir quand elle est tombée malade, dix ans après la destruction de sa ville natale par la bombe atomique.

La visite du président Obama à Hiroshima : une première

Le 27 mai 2016, Barack Obama s’est rendu à Hiroshima, une première pour un président des États-Unis en exercice (voir notre article sur le sujet). Qui plus est, ce jour-là, il a apporté avec lui quatre grues en papier fabriquées de ses propres mains.

Sasaki Masahiro a 77 ans. Le 6 août 1945, il se trouvait à Hiroshima avec sa mère et sa sœur Sadako, quand la ville a été soufflée par l’explosion de la bombe atomique. Aujourd’hui, il tient un salon de coiffure pour hommes dans la préfecture de Fukuoka. Il est par ailleurs l’auteur d’un ouvrage en japonais, Sadako no senbazuru (Les mille grues de Sadako), publié en 2013. Il dit avoir été « complètement stupéfait en apprenant que le président américain en personne avait réalisé ces pliages de papier ».

« Barack Obama ne pouvait pas demander pardon en tant que président des États-Unis, mais je pense qu’il a transmis un message d’excuses à titre personnel. J’ai eu le sentiment que ses grues de papier étaient porteuses de paroles pleines d’humanité venant de lui en tant qu’individu. » Le président Obama a ensuite offert deux autres pliages réalisés par ses soins à Nagasaki, la seconde ville du Japon détruite par une bombe atomique.

Barack Obama et Caroline Kennedy, alors ambassadeur des USA au Japon, en train de fabriquer des grues en papier à l’occasion de la visite historique du président des États-Unis à Hiroshima, en mai 2016. (Photo : Jiji Press)

L’art du papier plié (origami) est un jeu d’enfants très courant au Japon et la quasi totalité des habitants de l’Archipel apprennent à faire des grues (tsuru) dès leur plus jeune âge. Au pays du soleil levant, cet oiseau est un symbole de longévité et on offre volontiers des guirlandes constituées d’un millier de tsuru en papier (senbazuru) aux malades pour leur souhaiter un prompt rétablissement, aux victimes de catastrophes naturelles en signe de soutien, et aux joueurs sportifs pour les encourager.

Mais à l’heure actuelle, ces oiseaux de papier commencent à être connus dans le monde entier en tant que symbole d’une prière pour la paix ou comme un moyen pour surmonter des difficultés.

C’est ainsi qu’en mai 2018, lorsque douze jeunes garçons d’une équipe de football et leur entraineur se sont fait piéger par les eaux dans la grotte de Chiang Rai, en Thaïlande, les camarades de classe de l’un d’entre eux ont fait mille grues de papier en trois jours en guise de prière pour la réussite de leur sauvetage.

  • [15.08.2018]
Articles liés
Autres articles dans cette série 

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone