Série Le b.a.-ba du Japon
Les billets de banque japonais
[14.11.2018] Autres langues : ENGLISH | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Les Japonais ont encore bien souvent recours à de l’argent liquide pour régler leurs achats au jour le jour, contrairement au reste du monde où les cartes bancaires et la monnaie électronique sont de plus en plus courantes. Dans cet article nous vous proposons de découvrir les personnages, les œuvres et les lieux célèbres représentés sur les billets de banque de l’Archipel ainsi que les mesures drastiques prises par les autorités nippones pour éviter les contrefaçons.

Les premiers billets de banque japonais ont été émis par l’Agence de l’imprimerie nationale (NPB) en 1877 et depuis lors, c’est cet organisme qui assure l’impression du papier monnaie. À l’heure actuelle, il y a quatre sortes de billets en circulation au Japon. Leur valeur respective est de 10 000, 5 000, 2 000 et 1 000 yens. Chaque année, la NPB remet 3 milliards de coupures à la Banque du Japon. Si on en faisait une pile, celle-ci aurait une hauteur de 300 kilomètres, soit environ 80 fois l’altitude du mont Fuji. La durée moyenne de vie des coupures de 10 000 yens est de quatre à cinq ans et elle est d’à peine un à deux ans pour celles de 5 000 et 1 000 yens. La Banque du Japon broie les billets tachés et la matière première récupérée est recyclée notamment sous forme de papier hygiénique.

Les billets de banque en circulation au Japon

Billet de 10 000 yens

Recto (ci-dessous à gauche) : il représente le fameux écrivain et philosophe Fukuzawa Yukichi (1835-1901) qui a joué un rôle déterminant dans la modernisation du Japon à la fin de l’époque d’Edo (1603-1868) et durant l’ère Meiji (1868-1912). Après avoir étudié les sciences occidentales et l’anglais, il a fondé l’Université Keiô en 1858 et pris part à la première mission diplomatique japonaise aux États-Unis en 1860. Il avait alors tout juste 25 ans. Deux ans plus tard, il s’est rendu en Europe où il a observé de très près la civilisation de l’Occident. Les séjours à l’étranger de Fukuzawa Yukichi ont eu une influence capitale sur sa pensée et son œuvre. Gakumon no susume (L’Appel à l’étude), un de ses livres les plus remarquables, commence par cette phrase lapidaire : « Le Ciel n’a jamais créé un homme supérieur ou inférieur à un autre.»

Verso (ci-dessous à droite) : il est orné par l’un des deux phénix en bronze situés au sommet du toit du pavillon éponyme du temple Byôdô-in, construit en 1053 à Uji, dans la préfecture de Kyoto. Le phénix est un oiseau mythique, symbole de bonne fortune.

Billet de 5 000 yens

Recto (ci-dessous à gauche) : il est consacré à la romancière et poétesse Higuchi Ichiyô (1872-1896), auteur de nombreuses œuvres dont Takekurabe (Qui est le plus grand ?, 1895) et Nigori e (Eaux troubles, 1895). Cette Japonaise de grand talent est morte prématurément de la tuberculose à l’âge de 24 ans. Higuchi Ichiyô est aussi la première femme dont le visage a figuré sur un billet de banque japonais.

Verso (ci-dessous à droite) : on y voit un détail d’un magnifique paravent à six feuilles du peintre de l’époque d’Edo Ogata Kôrin (1658-1716), intitulé Kakitsubata-zu (« Iris, » encre et papier sur fond d’or).

Billet de 1 000 yens

Recto (ci-dessous à gauche) : il est occupé par un portrait du médecin et bactériologiste japonais Noguchi Hideyo (1876-1928). Ce Japonais originaire de la préfecture de Fukushima s’est rendu aux États-Unis pour y effectuer des recherches sur les bactéries. Il est célèbre pour ses travaux sur le tréponème pâle, vecteur de la syphilis, et sur la fièvre jaune. Ayant contracté cette dernière maladie en Afrique où il était allé l’étudier, il en est mort à l’âge de 51 ans au cours d’un séjour dans la Côte-de-l’Or (Gold Coast), une colonie britannique correspondant à l’actuel Ghana.

Verso (ci-dessous à droite) : il est décoré à la fois par le mont Fuji, à gauche, et par des cerisiers en fleurs au bord du lac Motosu, dans la préfecture de Yamanashi.

Billet de 2 000 yens

Comparé aux trois autres coupures en circulation, le billet de 2 000 yens est relativement rare. Il a été émis en l’an 2000 pour commémorer le début du deuxième millénaire et le sommet du G8 qui s’est tenu cette année-là à Okinawa et Kyûshû.

Recto (ci-dessous à gauche) : il représente la porte Shureimon du célèbre château de Shuri, situé à Naha, la ville la plus importante d’Okinawa.

Verso (ci-dessous à droite) : à gauche, un fragment du rouleau illustré du Genji monogatari (Le Dit du Genji), un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale écrit autour de l’an 1000 par une dame de la cour appelée Murasaki Shikibu. Celle-ci figure de façon stylisée en bas à droite du billet.

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