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Obon : la fête en l’honneur des ancêtres

Culture Vie quotidienne

L’une des trois périodes de vacances les plus importantes du calendrier japonais, avec le Nouvel An et la Golden Week, est la fête de l’Obon, qui a pour objet de vénérer les esprits des ancêtres. Un évènement pendant lequel on rend visite aux tombes familiales, mais qui est aussi fêté dans la joie avec les danses « bon odori ».

Feux et animaux symboliques

Les traditions de l’Obon sont ancrées dans la croyance selon laquelle, durant cette période, les esprits des défunts reviennent chez eux, sont honorés par leurs familles, puis guidés vers l’au-delà. Le premier jour, le 13 août, des feux d’accueil (mukaebi) sont allumés à l’entrée des maisons ou dans les cimetières afin d’aider les esprits des ancêtres à retrouver leur chemin. Le dernier jour, le 16 août, des feux d’adieu (okuribi) sont allumés pour les raccompagner vers l’au-delà.

L’une des manifestations locales les plus célèbres liées à cette tradition est le Gozan Okuribi, au cours duquel des feux sont allumés chaque année le 16 août sur cinq montagnes autour de Kyoto. Pendant l’Obon, de nombreuses familles déposent des fruits et des plats de saison sur leurs autels bouddhiques et se rendent ensemble sur les tombes familiales.

Les animaux spirituels appelés shôryô-uma constituent également des décorations emblématiques d’Obon. Ils sont fabriqués en plantant des baguettes ou de petits bâtons de bois dans des concombres et des aubergines afin de leur donner l’apparence de chevaux et de bovins. Le cheval en concombre symbolise le souhait que les ancêtres reviennent rapidement chez eux, tandis que la vache en aubergine représente l’espoir qu’ils effectuent lentement leur voyage de retour vers l’au-delà, en emportant avec eux les offrandes de la famille.

(© Adobestock)
(© Adobestock)

Les origines d’Obon dans la tradition bouddhique

Le terme « Obon » serait une forme abrégée de « Urabon’e ». Ce nom serait lui-même dérivé du terme sanskrit ullambana, souvent interprété comme signifiant « la souffrance d’être suspendu la tête en bas ».

Selon la tradition bouddhique, l’un des disciples de Bouddha, Mokuren (Maudgalyayana), découvrit qu’après sa mort, sa mère était tombée dans le monde des esprits affamés et y souffrait terriblement. Cherchant à la sauver, il alla chercher conseil auprès de Bouddha. Celui-ci lui demanda de faire des offrandes à de nombreux moines. Grâce au mérite accumulé par ces offrandes, sa mère fut libérée de ses souffrances. Cette histoire est devenue le fondement de l’Urabon’e, une pratique bouddhique qui s’est ensuite répandue pour honorer les défunts et prier pour eux ainsi que pour les ancêtres.

Parallèlement, le Japon possédait depuis longtemps ses propres traditions populaires consistant à accueillir et honorer les esprits des ancêtres. À mesure que l’Urabon’e bouddhique s’est mêlé à ces croyances existantes, il a progressivement donné naissance aux coutumes d’Obon telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui. Encore aujourd’hui, les temples de tout le Japon organisent des cérémonies commémoratives et récitent des sutras bouddhiques pendant la période d’Obon. De nombreuses personnes se rendent également dans leur temple local pour rendre hommage à leurs ancêtres.

Les offrandes aux moines étaient à l’origine effectuées le 15e jour du 7e mois, selon l’ancien calendrier lunaire. C’est pourquoi Obon a lieu autour du 15 juillet dans certaines régions. Cependant, dans la majeure partie du Japon, la fête est célébrée autour du 15 août, une période plus proche de celle à laquelle elle était traditionnellement observée. Les coutumes et les cérémonies d’Obon varient également selon les différentes écoles bouddhiques.

Le bon odori, une tradition incontournable des festivals d’été

Les bon odori, ou danses de l’Obon, sont également organisées dans tout le Japon durant la période. Elles seraient issues du nenbutsu odori, des danses rituelles destinées à apaiser les esprits des défunts. Aujourd’hui, le bon odori est surtout connu comme une fête estivale populaire et animée, à laquelle participent des personnes de tous âges, des enfants aux personnes âgées. Ces dernières années, il est également devenu courant de voir des visiteurs étrangers prendre part aux danses.

La musique et les chorégraphies varient selon les régions. Les trois danses de l’OBon les plus célèbres du Japon sont le Gujô odori, dans la préfecture de Gifu, l’Awa odori, dans la préfecture de Tokushima, et le Nishimonai Bon odori, dans la préfecture d’Akita.

(Photo de titre : la danse bon odori durant le festival Ôedo © Adobestock)

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