Moriyasu Hajime, l’homme qui guide les Samouraï Blue
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Une carrière de joueur marquée par le « drame de Doha »
Né en 1968 dans la préfecture de Nagasaki, Moriyasu Hajime pratique le football dès son plus jeune âge. Pourtant, durant ses années de lycée, il ne se distingue pas particulièrement.
Ses qualités de lecture du jeu et sa capacité à distribuer le ballon attirent toutefois l’attention du Mazda Soccer Club, prédécesseur de l’actuel Sanfrecce Hiroshima. Il rejoint l’équipe et progresse sous les ordres de l’entraîneur néerlandais Hans Ooft.
Lorsque Ooft devient sélectionneur de l’équipe du Japon, il convoque Moriyasu en sélection nationale. Celui-ci s’impose rapidement comme milieu défensif et dispute 35 matchs sous le maillot japonais.
En 1994, il fait partie de l’équipe qui connaît le célèbre « drame de Doha » : lors du dernier match des qualifications asiatiques pour la Coupe du monde, disputé au Qatar, l’équipe d’Irak égalise dans le temps additionnel, privant le Japon d’une première qualification historique pour la Coupe du monde.
Une reconversion réussie comme entraîneur
Après avoir pris sa retraite sportive à la fin de la saison 2003, Moriyasu entame une carrière d’entraîneur. Il occupe différents postes dans des clubs de la J-League ainsi qu’au sein des sélections japonaises des moins de 19 et moins de 20 ans.
En 2012, il revient au Sanfrecce Hiroshima comme entraîneur principal. Dès sa première saison, il conduit le club à son premier titre de champion depuis sa création vingt ans plus tôt.
En 2018, il est nommé sélectionneur de l’équipe nationale du Japon. Lors de la Coupe du monde 2022, il mène les Samouraï Blue à la première place de leur groupe, pourtant considéré comme le « groupe de la mort », grâce à des victoires contre l’Allemagne et l’Espagne. Ses choix tactiques et ses changements en cours de match sont largement salués.
Un sélectionneur tourné vers l’avenir
À une époque où de nombreux internationaux japonais évoluent dans les plus grands clubs européens, Moriyasu passe une grande partie de son temps en Europe afin de suivre leurs performances. Il est également réputé pour le dialogue constant qu’il entretient avec ses joueurs lors du processus de sélection.
Pour cette Coupe du monde, il s’est entouré d’anciennes figures de la sélection japonaise, comme Nanami Hiroshi, Nakamura Shunsuke et Hasebe Makoto, qu’il a intégrés à son staff technique. En leur confiant une grande partie du travail quotidien avec les joueurs, il peut se concentrer sur la gestion d’ensemble de l’équipe tout en préparant la relève des entraîneurs.

Moriyasu Hajime sur le banc lors de la première période du match de la phase de groupes de la Coupe du monde face à la Tunisie, à Monterrey (Mexique), le 20 juin 2026. Son carnet, qu’il ne quitte jamais, est devenu si emblématique que certains le surnomment le « Death Note », en référence au célèbre manga et anime dans lequel inscrire le nom de ses ennemis dans un carnet scelle leur destin. (© Jiji)
Le 15 juin, le Japon a entamé sa Coupe du monde par un match nul face aux Pays-Bas. Lors de la conférence de presse d’après-match, Moriyasu a suscité l’admiration en exprimant sa profonde gratitude envers Hans Ooft, qu’il a remercié pour sa contribution au développement du football japonais.
Il a également rendu hommage à Wim Jansen, ancien entraîneur du Sanfrecce Hiroshima et membre du staff des Urawa Reds. Décédé en 2022, Wim Jansen repose aux Pays-Bas. Moriyasu a raconté s’être recueilli sur sa tombe lors d’un déplacement destiné à observer Ueda Ayase avec Feyenoord.
Données utilisées
(Photo de titre : Moriyasu Hajime lors du match du Japon contre la Tunisie le 20 juin 2026 à Monterrey, au Mexique. © Reuters/Daniel Becerril)
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