Hausse du prix du riz : les données du Livre blanc du gouvernement japonais
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Selon le Livre blanc du gouvernement japonais sur l’alimentation, l’agriculture et les zones rurales, les importations de riz réalisées par des entreprises privées se sont élevées à 96 834 tonnes en 2025, soit environ 95 fois plus que les 1 015 tonnes importées en 2024, en raison de la flambée des prix de cette denrée de base.
Au Japon, il existe deux types d’importations de riz : un contingent d’importation exempté de droits de douane, administré par l’État dans le cadre du système dit de « minimum d’accès » (environ 770 000 tonnes par an), et les importations réalisées par des entreprises privées.
Les importations privées sont soumises à un droit de douane de 341 yens (1,8 euro) par kilogramme. Avant 2025, elles se limitaient généralement à 600 à 1 000 tonnes par an.
Le Livre blanc exprime des inquiétudes face à la forte augmentation des importations privées et à leurs conséquences potentielles sur la demande ainsi que sur la production de riz japonais.
Les prix du riz au détail ont doublé
Le Livre blanc s’intéresse aux pénuries de riz apparues à partir de l’été 2024, en analysant les facteurs ayant conduit à cette flambée des prix ainsi que les mesures prises par le gouvernement.
Parmi ces facteurs, l’annonce en août 2024 d’un risque de séisme majeur dans la fosse de Nankai a incité de nombreux ménages à se constituer des réserves de riz.
En mai 2025, le prix de vente au détail d’un sac de riz de 5 kilogrammes atteignait 4 260 yens (23 euros), soit environ le double des 2 127 yens observés à la même période l’année précédente.
Par la suite, les prix sont restés à ce niveau élevé, s’établissant à un peu moins de 4 000 yens en mai 2026.
Le prix négocié entre les grossistes et les organismes, tels que les coopératives agricoles, qui achètent le riz directement aux producteurs pour ensuite le distribuer, a augmenté de 64,4 % sur un an pour la récolte de 2024. En février 2026, le prix de la récolte de 2025 affichait déjà une hausse de 44,2 % par rapport à l’année précédente.
L’écart entre les prévisions et la réalité
Selon le Livre blanc, compte tenu du déclin démographique, le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche prévoyait depuis plusieurs années une baisse de la demande de riz. Une combinaison de plusieurs facteurs a toutefois entraîné un écart entre la demande anticipée et la demande réelle : l’augmentation de la consommation liée à la hausse du nombre de visiteurs étrangers au Japon, la diminution de l’offre de riz due à un rendement d’usinage plus faible provoqué par les fortes chaleurs durant l’exercice fiscal 2023, ainsi que l’augmentation des achats de riz par les ménages.
En évaluant la réaction du gouvernement après le début des pénuries de riz à l’été 2024, le rapport fait la conclusion suivante : « Puisque les niveaux de production avaient été jugés comme suffisants, il existait peu de volonté d’évaluer la situation réelle des distributeurs, et la communication ainsi que la concertation avec le marché se sont révélées insuffisantes. »
Le rapport a également reconnu la lenteur de la mise sur le marché du riz issu des stocks de réserve, indiquant que « le calendrier tardif de cette décision n’a pas permis de dissiper les inquiétudes des grossistes ».
Données utilisées
- Livre blanc 2025 sur l’alimentation, l’agriculture et les zones rurales au Japon (en japonais), par le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche.
(Photo de titre : Pixta)




