Les deux animes les plus populaires du Japon : Sazae-san et Chibi Maruko-chan

Culture Anime

Le dimanche soir dans les foyers japonais, place aux deux dessins animés emblématiques du Japon, Sazae-san et Chibi Maruko-chan, qui sont de longue très aimés des téléspectateurs nippons.

Les habitués du dimanche

Sazae-san et Chibi Maruko-chan sont deux des séries de dessins animés télévisés les plus connues et les plus aimées au Japon. À l’antenne à la suite le dimanche soir, leurs épisodes se concentrent sur les escapades journalières de leur personnage principal respectif – Sazae, 24 ans et Maruko, 9 ans – leur famille élargie, leurs voisins et leurs cercles d’amis. Chibi Maruko-chan est sur les écrans depuis près de trente ans, alors que Sazae-san célèbre son cinquantième anniversaire en 2019.

Sazae-san : un jour comme les autres à Setagaya

La famille de Sazae : (à partir de la gauche) le mari Masuo, Sazae, la petite sœur Wakame, le chat Tama, le petit frère Katsuo, le fils Tarao (au premier plan), la mère Fune et le père Namihei (© Hasegawa Machiko Art Museum)
La famille de Sazae : (à partir de la gauche) le mari Masuo, Sazae, la petite sœur Wakame, le chat Tama, le petit frère Katsuo, le fils Tarao (au premier plan), la mère Fune et le père Namihei (© Hasegawa Machiko Art Museum)

Sazae-san est la création de la mangaka Hasegawa Machiko. C’était à l’origine une bande dessinée de quatre cases publiée dans les journaux en 1946. La version en dessin animé a débuté en 1969 et elle reste à l’antenne depuis. En 2014, le Livre Guiness des records a reconnu Sazae-san comme la série télévisée de bande dessinée la plus longtemps diffusée du monde.

Sazae-san évolue dans une famille de trois générations vivant sous le même toit à Setagaya, dans l’ouest de Tokyo. En son centre se trouve Fuguta Sazae, une jeune mère et épouse énergique et franche, qui vit avec ses parents et ses jeunes frère et sœur. Même si la série se passe en ville, les membres de la famille ont tous été nommés avec humour à partir de différents éléments de la mer, y compris Sazae (coquillage turbo), son père Namihei (vague), sa mère Fune (bateau), son mari Masuo (truite), sa petite sœur Wakame (algue wakame), son petit frère Katsuo (bonite), et son fils Tarao (morue).

Chaque épisode de la série se compose de trois histoires séparées qui racontent les petits événements simples dans la vie de la famille, souvent avec des motifs saisonniers. Sazae-san reste habituellement à l’écart des questions controversées et présente une version idéalisée de la vie au Japon dans un passé relativement proche. Mônai Setsuo, conseiller exécutif du studio d’animation Eiken qui produit la série attribue la longévité du programme à sa capacité de présenter, sous une forme amusante et divertissante, des aspects de la vie quotidienne auxquels les téléspectateurs peuvent se référer.

Le manga original, qui a pris fin en 1980, a aidé à modeler le dessin animé. Eiken a remis à jour certaines facettes du programme pour mieux refléter la société moderne mais l’émission n’a pas divergé de son format original et conserve son ambiance d’autrefois. Toutefois, certains aspects, comme Sazae et sa mère étant toujours des femmes au foyer à plein temps, semblent un peu dépassés par rapport aux standards sociaux actuels.

Les fans souhaitant en savoir un peu plus sur la série et sa créatrice peuvent visiter le Musée d’art Hasegawa Machiko à Setagaya.

Les statues des personnages se trouvent à l’extérieur de la gare Sakura-shinmachi sur la ligne Tôkyû Den-en-toshi.
Les statues des personnages se trouvent à l’extérieur de la gare Sakurashinmachi sur la ligne Tôkyû Den-en-toshi.

La vie et l’époque d’une écolière

La famille de Maruko-chan, les Sakura : (à partir de la gauche) Maruko, sa grande sœur Sakiko, sa mère Sumire, son père Hiroshi, sa grand-mère Kotake, et son grand-père Tomozô (© Sakura Production/Nippon Animation)
La famille de Maruko, les Sakura : (à partir de la gauche) Maruko, sa grande sœur Sakiko, sa mère Sumire, son père Hiroshi, sa grand-mère Kotake, et son grand-père Tomozô (© Sakura Production/Nippon Animation)

Chibi Maruko-chan est la joyeuse histoire d’une petite fille en troisième année d’école élémentaire qui s’appelle Maruko. C’est la création de l’artiste Sakura Momoko (décédée en août 2018) qui a basé la série sur son enfance à Shimizu (faisant actuellement partie de Shizuoka) dans la préfecture de Shizuoka. L’œuvre a débuté comme manga dans un magazine mensuel en 1986 et la version en dessin animé télévisé a commencé à être diffusée à l’antenne en 1990. Elle s’est attirée des comparaisons avec Sazae-san dans la manière dont elle se concentre sur les événements ordinaires, bien que les histoires soient plus contemporaines et teintées d’un réalisme destiné à stimuler le côté comique.

Maruko, plus jeune membre de sa famille, vit avec ses grands-parents, ses parents et sa sœur aînée. C’est une petite fille curieuse et énergique, toujours prête à aider mais qui a aussi tendance à rêver et qui est incapable de prévoir les choses à l’avance, des particularités qui lui causent souvent des ennuis. Elle est très proche de son grand-père Tomozô, qui est lui aussi sujet à des envolées fantaisistes. Maruko est célèbre pour son goût immodéré des flans et des hamburgers et pour sa détestation du nattô.

Chaque épisode de Chibi Maruko-chan consiste en deux histoires différentes  s’articulant autour des pitreries de Maruko, de sa famille et de ses camarades de classe excentriques. Takagi Jun, le directeur du programme, attribue la popularité de longue durée de la série à son attrait sur un vaste public. Dans une interview en ligne sur Mynavi News, il a déclaré que Maruko n’était peut-être pas une lumière mais qu’elle était aimable et agréable à regarder, ajoutant que l’humour sous-jacent et toujours présent de son auteure avait continué à motiver les spectateurs à regarder la série tous les dimanches.

Le feuilleton a même donné naissance à un parc à thème, Chibi Maruko-chan Land. Le parc, situé à 10 minutes en bus de la gare de Shimizu à Shizuoka, fait découvrir aux visiteurs l’univers des protaganistes populaires.

(© Sakura Production/Nippon Animation)
Chibi Maruko-chan © Sakura Production/Nippon Animation

Les rengaines du dimanche soir

Sazae-san et Chibi Maruko-chan ont chacun des chansons de générique emblématiques qui sont devenues des succès populaires à part entière. Sakura Momoko a écrit les paroles de la chanson du générique de fin de Chibi Maruko-chan, intitulée Odoru Ponpokorin qui est devenu un tube lors de son lancement dans les années 1990. La chanson a été reprise depuis par différents groupes et les ventes de CD des diverses versions ont atteint 1,5 million. Le générique de début de Sazae-san n’a pas connu un aussi grand succès commercial mais sa musique originale et ses paroles comiques sont bien connus. Pour beaucoup de téléspectateurs, les premières notes de chaque chanson marquent le début du rituel du dimanche soir, alors que pour d’autres, elles rappellent que le week-end va bientôt finir et laisser la place à une nouvelle semaine de travail et d’école. Ce blues du dimanche soir précoce est appelé « syndrome de Sazae-san ».

Informations

Le Musée d’art Hasegawa Machiko
  • Adresse : 1-30-6 Sakurashinmachi, Setagaya-ku, Tokyo
  • Accès : 7 minutes à pied de la gare Sakurashinmachi, sur la ligne Tôkyû Den-en-toshi
  • Horaires : 10 h à 17 h 30 (dernière admission à 17 h 00)
  • Fermé le lundi (ou le mardi suivant si le lundi tombe un jour férié) et le jour du Nouvel An
  • Tarifs : 600 yens pour les adultes, 500 yens pour les étudiants et lycéens, 400 yens pour les collégiens et les élèves de primaire
Chibi Maruko-chan Land
  • Adresse : S-Pulse Dream Plaza, 2étage, 13-15, Irifune-chô, Shimizu-ku, Shizuoka-shi, Shizuoka-ken
  • Accès : 10 minutes en navette gratuite depuis la gare JR Shimizu
  • Horaires : 10 h à 20 h (dernière admission à 19 h 30)
  • Ouvert toute l'année
  • Tarifs : 600 yens à partir du collége, 400 yens pour les enfants

(Photo de titre : à gauche, la famille de Sazae © Hasegawa Machiko Art Museum. À droite, la famille de Maruko © Sakura Production/ Nippon Animation) 

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