La Haute cour de Tokyo a confirmé la dissolution de la secte Moon
Actualités
Société- English
- 日本語
- 简体字
- 繁體字
- Français
- Español
- العربية
- Русский

Le siège de la secte Moon, dans l’arrondissement de Shibuya, à Tokyo
La Haute Cour de Tokyo a confirmé mercredi l’ordonnance d’un tribunal de district prononçant la dissolution de la secte Moon (aussi connu sous le nom d’Église de l’Unification), la privant de son statut de personne morale religieuse.
Ce groupe religieux ne pourra plus bénéficier des avantages fiscaux liés à ce statut, même si elle décide de saisir la Cour suprême. Des procédures de liquidation, notamment de règlement des dettes, vont désormais être engagées.
La juge présidente a confirmé la décision rendue en mars 2025 par le tribunal de district de Tokyo. Il s’agissait de la première dissolution ordonnée sur la base d’actes illégaux commis par une organisation au regard du Code civil.
Le tribunal de première instance avait estimé que la secte Moon « avait causé des dommages d’une ampleur sans précédent sur une période d’environ quarante ans ». Selon la décision, 1 559 personnes ont été victimes de sollicitations de dons illicites de la part du groupe, pour un montant total d’environ 20,4 milliards de yens (112 millions d’euros).
En appel, l’organisation a soutenu que l’appréciation du tribunal selon laquelle elle aurait poursuivi des activités illégales même après avoir proclamé en 2009 un renforcement de sa conformité juridique n’était pas étayée par des preuves. Elle a également affirmé qu’une dissolution n’était pas nécessaire, ayant accepté une médiation collective avec les victimes des dons.
Le tribunal de première instance avait été saisi en octobre 2023 par le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie afin d’obtenir une ordonnance de dissolution de la secte Moon. Cette initiative faisait suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Abe Shinzô en juillet 2022, qui avait ravivé les critiques de l’opinion publique à l’encontre de cette secte. L’auteur du meurtre, Yamagami Tetsuya, nourrissant une rancune envers elle, aurait pris Abe pour cible en raison de liens qu’il lui prêtait avec le groupe.
(Lire aussi : Verdict du procès de l’assassinat d’Abe Shinzô : le Japon face aux dégâts des mouvements sectaires)

Un avocat de la défense (au centre) après la confirmation de la Haute cour de Tokyo.
[Copyright The Jiji Press, Ltd.]