Des cellules iPS modifiées sont efficaces contre les tumeurs solides, selon des chercheurs japonais

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Une équipe de chercheurs du Centre de recherche et d’application sur les iPS (CiRA) de l’Université de Kyoto, ainsi que d’autres institutions, a annoncé mercredi qu’une modification génétique de cellules immunitaires créées à partir de cellules souches pluripotentes induites humaines (cellules iPS), permettant la production simultanée de deux types de protéines, améliore l’efficacité du traitement contre les tumeurs solides.

Cette découverte pourrait conduire au développement de nouveaux traitements pour ce type de cancers, contre lesquels les immunothérapies basées sur les cellules iPS avaient jusqu’à présent montré une efficacité limitée. L’étude a été publiée le même jour dans la revue scientifique américaine Molecular Therapy.

Ces dernières années, l’immunothérapie contre le cancer, qui consiste à activer les cellules immunitaires du patient afin qu’elles attaquent les tumeurs, suscite un vif intérêt. Cependant, bien qu’elle se soit révélée efficace contre les cancers hématologiques, ses résultats restent insuffisants face aux tumeurs solides, en raison de la faible capacité des cellules immunitaires à atteindre la tumeur et à proliférer dans son environnement immédiat.

L’équipe de recherche s’est donc intéressée aux cellules iPS, capables de se multiplier indéfiniment et faciles à modifier génétiquement. Les chercheurs ont introduit dans des cellules immunitaires dérivées de cellules iPS une modification génétique leur permettant de produire simultanément deux protéines appelées IL-15 et IL-21.

Après administration de ces cellules à des souris atteintes d’un carcinome hépatocellulaire, les scientifiques ont constaté une inhibition de la croissance tumorale ainsi qu’une amélioration du taux de survie par rapport aux cellules immunitaires iPS conventionnelles.

Les chercheurs ont également découvert que ces cellules augmentaient la production de substances capables de détecter les chimiokines — des protéines libérées par les tumeurs — améliorant ainsi la capacité des cellules immunitaires à migrer vers les zones cancéreuses. Ils ont aussi confirmé que ces cellules conservaient une forte capacité d’attaque contre les cellules cancéreuses tout en favorisant leur propre prolifération.

Le professeur Arata Kaneko, spécialiste en immunothérapie régénérative au sein de cet institut, a déclaré : « L’utilisation combinée de ces deux protéines nous a permis d’améliorer la capacité de migration et de prolifération des cellules immunitaires, deux éléments essentiels pour traiter les tumeurs solides. En tirant parti des caractéristiques des cellules iPS, cette technique pourrait devenir une nouvelle immunothérapie capable de fournir de manière stable et à grande échelle des cellules thérapeutiques de haute qualité. »

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