Le Japon durcit l’accès à la résidence permanente : revenus, intégration et contribution au pays désormais au cœur des critères
Actualités
Société- English
- 日本語
- 简体字
- 繁體字
- Français
- Español
- العربية
- Русский
L’Agence des services de l’immigration a dévoilé un projet de révision des lignes directrices encadrant l’octroi du statut de résident permanent aux ressortissants étrangers. Pour la première fois, le texte précise que cette autorisation de séjour, la plus stable accordée au Japon, doit faire l’objet d’un « examen particulièrement rigoureux ». Il prévoit également un durcissement des critères d’admission, notamment l’obligation de disposer durablement de revenus supérieurs à la moyenne des ménages japonais.
Le projet introduit par ailleurs une nouvelle exigence : les candidats devront démontrer qu’ils « apportent activement des bénéfices au Japon ». Une consultation publique a été ouverte mardi et la révision devrait être officiellement adoptée en octobre.
Lors d’une conférence de presse, le ministre de la Justice, Hiraguchi Hiroshi, a expliqué que cette réforme vise à « garantir que les résidents permanents, qui bénéficient du statut migratoire le plus stable, ne représentent pas une charge pour les finances publiques ».
La loi japonaise sur le contrôle de l’immigration et la reconnaissance du statut de réfugié impose actuellement trois conditions principales pour obtenir la résidence permanente : faire preuve d’une bonne conduite, disposer de ressources financières ou de capacités permettant de vivre de manière autonome, et présenter un profil dont la présence est jugée bénéfique pour le Japon.
Les lignes directrices en vigueur précisent déjà que les candidats ne doivent pas dépendre de l’aide publique dans leur vie quotidienne et qu’ils doivent être en mesure de subvenir durablement à leurs besoins. Le projet de révision relève toutefois ce niveau d’exigence. Il prévoit également que la pension de retraite estimée du demandeur atteigne un montant comparable à celle d’une personne ayant cotisé pendant trente ans au régime public japonais de retraite des salariés (kôsei nenkin), avec des revenus supérieurs à la moyenne des citoyens japonais.
Concernant la contribution au pays, le texte précise que le demandeur devra « apporter de manière active et concrète des bénéfices au Japon ». Afin d’évaluer son intégration dans la société, les autorités prendront également en compte plusieurs éléments, parmi lesquels un certain niveau de maîtrise du japonais, la connaissance des règles et des institutions du pays ainsi que, pour les personnes ayant des enfants en âge de suivre l’enseignement obligatoire, leur scolarisation effective.
À la fin de l’année 2025, le Japon comptait environ 4,12 millions de résidents étrangers, dont près de 940 000 titulaires d’un statut de résident permanent.
L’Agence des services de l’immigration a décidé de renforcer les critères d’obtention de ce statut à la suite d’une étude concluant que la proportion de résidents permanents bénéficiant de l’aide sociale est comparable à celle observée parmi la population japonaise. Les nouvelles lignes directrices devraient entrer en vigueur à partir d’avril de l’année prochaine. En revanche, le nouveau critère relatif aux revenus s’appliquera rétroactivement à toutes les demandes déposées depuis avril de cette année.

Le ministre de la Justice, Hiraguchi Hiroshi
[Copyright The Jiji Press, Ltd.]
