Séisme de Kumamoto : l’IA générative au service des sinistrés, mais aussi des fausses informations
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L’intelligence artificielle générative est de plus en plus utilisée pour venir en aide aux populations touchées par le séisme meurtrier qui a frappé la préfecture de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon, le 28 juillet.
Dans le même temps, l’IA aurait également servi à créer de fausses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, illustrant à la fois les possibilités offertes par cette technologie et les risques qu’elle comporte.
Kaetsu Misato, 38 ans, qui a vécu le tremblement de terre dans la ville de Mifune, a utilisé une IA générative sur son smartphone depuis le centre d’évacuation où elle s’était réfugiée avec sa famille pour créer un tableau d’information en ligne.
Les personnes touchées par le séisme, d’une magnitude de 7,1, peuvent utiliser ce site pour partager des informations locales, notamment l’emplacement des commerces ayant rouvert ou celui des points de distribution de repas d’urgence.
Le service a été mis en ligne quelques heures seulement après que l’idée a été lancée.
« J’ai décidé de développer ce service parce que les informations ne parvenaient pas à ceux qui en avaient besoin », explique Kaetsu. « Il y a dix ans, lorsque de puissants séismes ont frappé Kumamoto, l’IA ne pouvait pas être utilisée de cette manière. Aujourd’hui, les idées peuvent facilement être transformées en réalité », souligne-t-elle.
Le site a déjà été utilisé par plus de 160 000 personnes et contribue à la reconstruction de la vie quotidienne des sinistrés.
Les agents des collectivités locales touchées par la catastrophe utilisent eux aussi l’IA. Un responsable de la Direction de la stratégie numérique de la préfecture de Kumamoto explique qu’elle était déjà utilisée avant le séisme, notamment pour rédiger des comptes rendus de réunions et des documents explicatifs.
« Nous en sommes désormais à un niveau où il serait difficile de nous en passer. Dans le cadre de la gestion de la catastrophe, elle permet également de réduire la charge de travail des agents et de leur permettre de se concentrer sur les dossiers qui nécessitent une intervention particulièrement attentive », explique-t-il.
L’IA n’a toutefois pas uniquement des bons côtés en période de catastrophe. Lors du désastre du 28 juillet par exemple, une fausse vidéo présentée comme montrant l’explosion survenue au centre commercial Aeon Mall Kumamoto, dans la ville de Kashima, a circulé sur les réseaux sociaux. Elle aurait été générée par IA et certains contenus cherchaient même à imiter des images diffusées par des médias d’information.
Echizen Isao, professeur à l’Institut national de l’informatique, souligne que la précision des IA génératives a connu « une évolution spectaculaire » au cours des un à deux dernières années, renforçant à la fois leur fiabilité et leur utilité.
Il met toutefois en garde contre le risque de réponses erronées, même peu fréquentes, ainsi que contre les détournements malveillants de ces technologies.
« Il est désormais difficile de déterminer si une vidéo a été générée par IA », estime-t-il. « Il est donc plus important que jamais de vérifier si la personne qui publie un contenu constitue une source d’information fiable. »
[Copyright The Jiji Press, Ltd.]

