Le président sud-coréen veut construire une relation tournée vers l’avenir avec le Japon

Politique International

Le président sud-coréen Lee Jae-myung a exprimé samedi son intention de développer une relation tournée vers l’avenir avec le Japon, lors d’un discours prononcé à Séoul à l’occasion d’une cérémonie marquant les 81 ans depuis la libération de la péninsule coréenne de la domination coloniale japonaise.

Le discours intervient alors que les relations entre le Japon et la Corée du Sud restent stables grâce à la mise en œuvre active de la « diplomatie de la navette », qui consiste en des visites réciproques des dirigeants des deux pays.

Lee a déclaré que la coopération bilatérale de son pays avec le Japon s’était étendue à des domaines tels que les chaînes d’approvisionnement et l’énergie. Il a ajouté que la Corée du Sud élargirait le champ de cette coopération dans des domaines d’intérêt commun et travaillerait avec le Japon pour relever les défis partagés.

Dans le même temps, Lee a souligné que la confiance naissait d’une attitude sincère consistant à comprendre la souffrance de l’autre et à la ressentir.

Évoquant la Déclaration commune Japon-Corée du Sud de 1998, Lee a rappelé que des efforts avaient également été entrepris pour construire l’avenir en ayant le courage de faire face au passé. Cette remarque semble constituer un appel adressé au Japon à poursuivre son travail sur les questions historiques, sans toutefois mentionner explicitement de dossier en suspens.

Alors que la coopération entre les deux pays s’approfondit, l’adhésion de la Corée du Sud au Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), initiative menée par le Japon, ainsi que la conclusion avec Tokyo d’un accord d’acquisition et de soutien mutuels (ACSA) permettant notamment l’échange de carburant et de munitions, figurent parmi les dossiers qui pourraient être abordés à l’avenir. Pour progresser sur ces questions, l’adhésion de l’opinion publique sud-coréenne est indispensable. Lee semble considérer qu’une évolution de l’attitude du Japon serait nécessaire pour convaincre cette opinion publique.

Concernant la Corée du Nord, avec laquelle les échanges sont interrompus, Lee a proposé d’entamer des discussions en vue de mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953). Il a estimé que ces discussions pourraient également permettre d’examiner les moyens d’empêcher la poursuite du développement nucléaire nord-coréen. Il a par ailleurs souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes permettant aux deux Corées de se respecter mutuellement et de prévenir les affrontements et les crises.

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À la faveur de la « diplomatie de la navette », illustrée par les visites réciproques des dirigeants japonais et sud-coréen, les deux pays renforcent leur coopération en matière de sécurité énergétique et de coordination avec les États-Unis. Ils restent toutefois confrontés à des défis concernant leur perception de la Chine et de la Corée du Nord, ainsi qu’à l’institutionnalisation de leur coopération sécuritaire. Nishino Jun’ya, professeur à l’Université Keiô, directeur de l’Institut d’études sur l’Asie orientale et du Centre de recherche sur la péninsule coréenne, analyse les raisons de ce rapprochement et les enjeux à venir.

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