Nojiri Michiko au service de la cérémonie du thé en Europe
[19.07.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 |

Voilà une cinquantaine d’années qu’elle vit à Rome. À plus de 80 ans, Nojiri Michiko continue à sillonner l’Europe, où elle fait découvrir l’esprit de la cérémonie du thé à la japonaise. Voyons comment, grâce à son action, cette tradition est largement partagée par des gens d’une culture, d’une langue et d’une religion différentes de la sienne.

Nojiri Michiko

Nojiri MichikoProfesseure émérite de l’école de thé Urasenke, dont elle dirige le bureau de Rome. Née à Tokyo en 1936, elle crée en 1957 le club de cérémonie du thé de l’université des beaux-arts de Tokyo où elle étudie la peinture à l’huile. Son diplôme en poche, elle s’installe à Rome en 1962. En 1969, elle fonde le bureau de Rome de l’école de thé Urasenke et se déplace régulièrement à travers l’Italie et l’Europe entières pour faire connaître la spiritualité et l’harmonie de la cérémonie du thé.

L’école Urasenke compte aujourd’hui 111 bureaux dans 37 pays. Mais quand Nojiri Michiko est partie à Rome, il y a 55 ans, la cérémonie du thé, ou sadô, était quasiment inconnue en Europe. Aux Etats-Unis, lors de la parution du Livre du thé rédigé par Okakura Tenshin en anglais, le 15e maître du thé de l’école Urasenke, Sen Sôshitsu (aujourd’hui Sen Genshitsu) avait déjà commencé à poser les bases de son art sur place. Mais en Europe, terre de traditions, la cérémonie du thé japonaise serait-elle acceptée ?

Lorsque le maître apprend qu’une de ses disciples, Nojiri Michiko, a réussi l’examen pour partir étudier en Italie après avoir décroché son diplôme des Beaux-Arts, il lui offre des tatamis et les ustensiles nécessaires et lui demande de sonder le marché. C’est alors qu’elle entreprend de sillonner en voiture l’Europe afin d’organiser des démonstrations de cérémonie du thé.

Aujourd’hui encore, Michiko se rend un peu partout en Europe pour des formations à la cérémonie du thé.En mars 2018, dans la salle de thé du bureau de Rome de l’école Urasenke. Dans l’alcôve, l’estrade à cinq étages de poupées hina de Michiko.

« À l’époque, le zen de Suzuki Daisetsu, un spécialiste en la matière qui publia de nombreux ouvrages en anglais, commençait à être connu, ce qui facilitait l’accueil du sadô en tant que pratique spirituelle », se souvient-elle.

Naissance du Centro Urasenke à Rome

En 1969, Michiko se voit confier par le maître de l’école Urasenke de l’époque l’ouverture d’un bureau à Rome, le Centro Urasenke. Elle trouve un lieu majestueux dans le quartier du Prati, que le propriétaire l’autorise à arranger à sa guise. Elle transforme donc la salle à manger en pavillon de thé, en abattant les cloisons qui la séparaient de deux autres pièces et du couloir, pour faire un grand espace où pratiquer la cérémonie du thé.

La porte d’entrée du bureau de Rome de l’école Urasenke, qui ouvre sur un espace de style japonais créé par Michiko.

Au-dessus de la porte, le nom du pavillon de thé calligraphié par le maître de l’école.

  • [19.07.2018]
Articles liés
Autres entretiens

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone