Seul et sans oxygène : le Japonais qui veut conquérir l’Everest
Interview de Kuriki Nobukazu, jeune alpiniste atypique
[04.06.2012] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL |

Cet alpiniste de la nouvelle génération, âgé de trente ans, grimpe des sommets de plus de huit mille mètres, en solitaire et sans oxygène, tout en retransmettant ses ascensions en direct sur Internet. Son but : communiquer au monde entier qu'il est essentiel de ne pas renoncer à ses rêves.

Kuriki Nobukazu

Kuriki NobukazuAlpiniste, né en 1982 à Hokkaido. Il découvre l'alpinisme à l'université, et réussit l'ascension en solitaire du mont McKinley (6 194 mètres) en 2004, celles de l'Aconcagua (6 959 mètres), de l'Elbrouz (5 642 mètres) et du Kilimandjaro (5 895 mètres) en 2005. L'année suivante, il gravit, toujours en solitaire, le Puncak Jaya (appelé aussi pyramide de Carstensz. 4 884 mètres), cinq des « Sept Sommets » qui sont les points culminants des sept continents. Il accomplit ensuite l'ascension en solitaire et sans oxygène de plusieurs sommets de plus de huit mille mètres, le Cho Oyu (8201 mètres) en 2007, le Manaslu (8 163 mètres) en 2008, et le Dhaulagiri (8 167 mètres) en 2009. Son objectif aujourd'hui est d'ajouter l'Everest à son palmarès, dans les mêmes conditions, et en retransmettant son ascension sur Internet en direct. http://kurikiyama.jp/

La montagne invisible des grandes villes

« Je continue à affronter la très haute montagne même lorsque je retrouve mon quotidien loin des hauts sommets. La montagne invisible des grandes villes me paraît encore plus haute et plus redoutable que les sommets de l’Himalaya » nous dit Kuriki, un homme de petite taille (1,62 mètre pour 60 kilos). Ce jeune homme ordinaire est un alpiniste d’un nouveau genre qui s’est lancé un nouveau défi : gravir en solitaire, sans oxygène et en direct sur Internet, le plus haut sommet du monde, l’Everest.

« Je veux transmettre mon ascension en direct sur la Toile. Cela nécessite des frais considérables pour acheter et transporter le matériel, et couvrir les coûts énormes de la diffusion par satellite. La montagne invisible des grandes villes, plus redoutable encore que l’Himalaya, c’est l’effort que je dois faire pour rassembler cet argent », explique-t-il en riant.

« Je donne des conférences presque tous les jours, et quand je n’en ai pas, je cherche tout seul des sponsors. J’ai un agenda très chargé. Mais je ne me décourage jamais. Imaginons par exemple qu’une société s’intéresse à ce que je fais mais décide de ne pas me financer. Eh bien, dans un tel cas, je demande au PDG de me recommander auprès de ses amis que je vais ensuite voir. Vous savez, les amis des PDG sont souvent riches », ajoute-t-il dans un nouvel éclat de rire. « Je suis prêt à aller jusque là pour continuer à grimper. »

Il y a une dizaine d’années, Kuriki commence à se présenter en jean et en T-shirt, sac au dos, dans les entreprises où il cherche des sponsors et à qui il parle de ses rêves. Cette façon de faire lui attire un nombre sans cesse grandissant de parrains, entreprises et célébrités.

Depuis 2009, il a par trois fois tenté de gravir l’Everest en automne, une saison moins favorable à l’ascension que le printemps, pour abandonner à chaque fois tout près du sommet. Il n’est cependant pas prêt de renoncer.

À ses yeux, les limites ne sont que des illusions que l’on se crée soi-même.

C’est cette conviction qui le pousse à continuer à gravir « la montagne urbaine » et l’Himalaya, dans le but de se lancer vers l’Everest à l’automne.

  • [04.06.2012]
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