Dossier spécial La modernité de l’esthétique traditionnelle
Le dernier festival de feux d’artifice japonais de l’année
[30.12.2013] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le « Nagano Ebisukô Enka Taikai », ou Festival de feux d’artifice de Nagano Ebisukô, qui a lieu chaque année en novembre, est le dernier grand festival de feux d’artifice japonais de l’année. Nous étions sur place pour un reportage sur ce grand festival qui clôt la saison des festivals de feux d’artifice à travers le pays.

Les fans ne manqueraient ça pour rien au monde !

De façon générale, qui dit feux d’artifice au Japon dit essentiellement l’été. Et pourtant, l’un des plus importants festivals se déroule chaque année le 23 novembre, jour de la fête du travail au Japon. Comme son nom l’indique, le Nagano Ebisukô Enka Taikai a lieu à Nagano, dans la préfecture du même nom, et c’est le plus tardif de la saison. Riche d’une histoire exceptionnellement longue, puisque c’était cette année la 108e édition.

Sa réputation repose en partie sur la qualité de l’air que l’on trouve en cette saison, plus pur et plus clair que l’été, ce qui rend les feux d’artifice encore plus lumineux. Cette année aussi, environ 430 000 spectateurs venus de tout le pays se sont retrouvés pour assister à l’allumage d’environ 10 000 bombes.

L’autre point fort du festival est l’opportunité pour les fans de voir la pleine mesure des chefs d’œuvres d’Aoki Akio, maître artificier de l’atelier Beniya-Aoki Enka-ten, et président de la Nihon Enka Geijutsu Kyôkai, l’Association Japonaise des Arts du Feu d’Artifice, à laquelle sont affiliés tous les principaux artificiers japonais. Pour un nombre considérable d’aficionados, Aoki Akio est un véritable « gourou » du feu d’artifice. Et c’est spécialement pour admirer son travail que de très nombreux spectateurs, parmi lesquels des professionnels eux-mêmes, font le déplacement de tout le pays à Nagano.

Les artificiers locaux ne sont pas en reste et la Shinshû Enka Kôgyô, le principal atelier local, sous la houlette du maître artificier Fujiwara Nobuo, se fait chaque année un devoir de répliquer à la prestation de la Beniya-Aoki Enka-ten. C’est une véritable bataille de pétales de fleurs de feu qui se livre en plein ciel cette nuit-là. Admirez les prestations de ces deux maîtres que nous vous offrons en vidéo.

Chaque année, le festival coïncide avec l’Ebisukô, la fête à Ebisu, une divinité japonaise des pêcheurs, des marchands et de la prospérité, au sanctuaire de Nishinomiya de Nagano. Cette fête votive a pour objet de prier pour une récolte abondante et la prospérité du commerce, fortune et bonheur.

Dans les temps anciens, tous les commerçants ouvraient leurs réserves et offraient de grandes promotions sur leurs produits. C’est à partir que 1899 que l’habitude s’est prise pour les commerçants du quartier du sanctuaire Nishinomiya d’offrir des feux d’artifice en signe d’action de grâce à Ebisu, et la tradition perdure encore aujourd’hui.

 

Avec la coopération de la Chambre decommerce et d’industrie de Nagano et la Fédération des commerçants de Nagano
Photo de titre : Izumiya Gensaku

  • [30.12.2013]
Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • L’esthétique japonaise, un moteur pour la FranceDans le cadre de l’événement Japonismes 2018 ayant lieu dans toute la France, l’exposition « Japon – Japonismes. Objets inspirés, 1867-2018 », proposée par le Musée des arts décoratifs à Paris, connaît un retentissement certain. Par-delà les époques et les genres artistiques, les œuvres regroupées par thématiques, exposées avec créativité, inspirent les visiteurs.
  • « Raihô-shin », les visites rituelles de divinités masquéesL’Unesco a ajouté en 2018 le rituel japonais raihô-shin, les visites de divinités masquées et costumées, à sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. À cette occasion, nous vous présentons les effrayantes divinités les plus célèbres de la région du Tôhoku, au nord-est du Japon.
  • Le « keshômen », ou la magie de la menuiserie-charpenterie japonaiseLe bois c’est du bois, pourrait-on penser, mais un menuisier ou un charpentier exigeant dans l’exercice de son métier doit faire de nombreux choix. L’usage qu’il fera d’un bois d’œuvre dépend non seulement de sa dureté, de son odeur et de sa couleur, mais aussi de son keshômen, sa « face décorative », déterminée par la façon dont les grumes ont été débitées.
  • Une journée type dans une écurie de lutteurs de sumoUne écurie de sumo est le lieu où les lutteurs, les rikishi, s’entraînent, mais aussi où ils vivent ensemble. Chez Takadagawa, une écurie du quartier de Kiyosumi-shirakawa à Tokyo, nous avons pu les voir à l’entraînement dès le petit matin, mais aussi au repos plus tard dans la journée.
  • Les « ama », des femmes résolues à sauver une tradition plurimillénaireIl y a un demi-siècle, le Japon comptait encore 17 000 ama (littéralement « femmes de la mer »), des plongeuses en apnée perpétuant une tradition vieille de 3 000 ans. Mais depuis, leur nombre a tellement diminué qu’aujourd’hui, il se limite en tout et pour tout à 2 000 dont la moitié vit dans la préfecture de Mie, sur la côte à l'est d'Osaka. Qui plus est, la population des ama a tendance à vieillir rapidement. Comment faire pour susciter des vocations parmi les jeunes afin que cette activité traditionnelle continue à exister ?

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone