Améliorez votre japonais !

Comment devenir ami avec les « kanji », la bête noire des apprenants en japonais

Culture Le japonais

Pour écrire leur langue, les Japonais ont recours à trois types de caractères différents : deux syllabaires, les hiragana et les katakana, et des idéogrammes, les kanji. Ces derniers sont manifestement la bête noire des apprenants en japonais. Si le nombre d'idéogrammes et leur mémorisation peuvent faire peur, surtout, ne vous découragez pas ! Le jeu en vaut la chandelle. Nous présentons ici des exemples simples pour vous motiver.

L’apprentissage des kanji est un passage obligé si l’on veut savoir lire et écrire la langue japonaise. C’est aussi une activité intellectuellement stimulante et amusante, car cela nous fait découvrir un système d’écriture dont chacun des symboles représentent une signification et non pas seulement un son.

Par exemple, une seule ligne horizontale (一) représente le kanji pour « un ». De la même façon, le kanji qui représente « deux » s’écrit avec deux lignes (二) et celui pour « trois » s’écrit avec trois lignes (三)… Certes, il y a beaucoup de caractères à apprendre en japonais - les enfants en apprennent déjà plus de 1 000 au cours de leurs six années d’école élémentaire - mais s’y mettre est justement un jeu d’enfant !

Les hiragana et katakana sont des syllabaires qui se lisent tels qu’ils s’écrivent ; ils sont donc facilement abordables pour les personnes de nombreux horizons linguistiques. Mais les kanji offrent une nouvelle perspective. Comme chacun d’entre eux a un sens différent, les maîtriser dans la totalité est une tâche potentiellement…très longue ! Mais rassurez-vous, les caractères les plus courants se rencontrent facilement et finiront par devenir comme des visages amicaux. En fait, il suffit de n’en connaître que quelques-uns pour permettre déjà une meilleure compréhension générale de la langue japonaise.

En première année, les enfants japonais commencent par apprendre 80 kanji. Les apprenants étrangers peuvent les étudier dans un ordre différent, même s’il n’y a pas de règle absolue, en particulier depuis que le test d’aptitude au japonais a cessé de publier des listes officielles en 2010. Les idéogrammes les plus faciles à retenir sont ceux qui ressemblent aux mots qu’ils représentent. Cela peut aller de caractères de base composés de quelques traits comme 木 (arbre) et 山 (montagne) à d’autres plus complexes comme 鳥 (oiseau).

Laissez libre cours à votre imagination

Les kanji japonais sont issus des caractères chinois. Les tous premiers apparus et encore existants ont été griffonnés sur des coquillages et des os lors de rites divinatoires dans la Chine ancienne. Beaucoup ressemblaient en réalité à des images détaillées. Puis, lorsqu’ils ont commencé à être utilisés dans l’écriture de tous les jours, les caractères se sont transformés en formes simplifiées pour les rendre plus faciles à reproduire. Le Japon a adopté les caractères chinois car il n’y existait alors aucun système d’écriture. La naissance des syllabaires propres au japonais, les hiragana et les katakana est venue ensuite, en s’inspirant des kanji.

Les idéogrammes se sont simplifiés au fil du temps, comme par exemple les caractères 馬 (cheval) et 川 (rivière).

Vous l’avez sans doute remarqué, mais il est parfois facile de se faire une idée de la signification du kanji grâce à sa forme proche de la réalité, comme avec 門 (porte/portail) ou 木 (arbre). Faciles à retenir, le kanji constitué de deux arbres 林 signifie « bois » et celui de trois arbres 森 signifie « forêt ».

Il faut néanmoins avoir un peu plus d’imagination pour d’autres, comme 川 (rivière), où la ligne centrale représente l’eau qui coule entre deux rives, et 馬 (cheval), où il faut voir les quatre points dans la partie inférieure comme des pattes, et les lignes dans la partie supérieure comme la crinière de l’animal…

Toutefois, il n’est pas nécessaire de se baser sur l’interprétation originale du kanji pour le mémoriser. Le meilleur moyen mnémotechnique reste encore votre propre imagination. Par exemple, le caractère 雨 (pluie) représente des gouttes de pluie tombant d’un nuage. Mais pour ma part, j’y vois plutôt des gouttes de pluie à travers une fenêtre. C’est avec cette image que je l’ai gravé dans mon esprit. De même, depuis que quelqu’un m’a suggéré que 上 (haut) ressemble à un chat qui grimpe dans un arbre, je ne peux plus le voir autrement (en fait, c’était à l’origine une simple ligne horizontale au-dessus d’une autre ; la ligne verticale a été ajoutée plus tard). Concernant le kanji 中 (centre), on pourrait le voir comme une table de ping-pong, la ligne centrale représentant le filet.

Faire ses premiers pas avec des idéogrammes simples

Le tableau ci-dessous dresse une liste des kanji simples et couramment utilisés, avec des images pour faciliter le processus de mémorisation. Y figurent également la signification de chaque caractère et leur prononciation. Beaucoup peuvent se prononcer différemment, mais seule la prononciation la plus courante est indiquée dans ce tableau.

La plupart des kanji sont créés en combinant deux éléments ou plus, ce qui permet d’exprimer des concepts abstraits qui ne peuvent être transmis uniquement par des images. Pourtant, les caractères qui ressemblent à des choses sont un moyen pour les débutants de faire leurs premiers pas. Mais comme pour tout aspect de l’apprentissage d’une langue, vous n’êtes pas obligé de les retenir tous, et chaque kanji que vous aurez appris doit être considéré comme une réussite, mais aussi et surtout comme un tremplin pour la poursuite de votre apprentissage.

(Article écrit à l’origine en anglais. Illustrations : Mokutan Angelo)

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