Dossier spécial Balade à travers les fleurs de l’Archipel
Le chrysanthème : la fleur des empereurs
[15.11.2018] Autres langues : 日本語 | 简体字 | 繁體字 | Русский |

Chaque année au mois de novembre, lors du Festival du chrysanthème, au sanctuaire Yushima Tenman-gû de Tokyo, 2 000 de ces fleurs éclosent avant l’arrivée de l’hiver. Qu’est-ce qui les rend si uniques ?

Le chrysanthème : symbole du Japon

« Quelle est la fleur qui représente le Japon ? »

À cette question, un grand nombre de Japonais répondront sans doute « la fleur de cerisier ». N’oublions pas cependant le chrysanthème, ou kiku en japonais. Le blason de la famille impériale, par exemple, représente un chrysanthème à 16 pétales doubles. Bien que ni le choix de la fleur nationale, ni celui de l’emblème national ne soient décidés par la loi, le chrysanthème, en tant que symbole du Japon, est visible sur les passeports, sur les pièces de monnaie et même à l’entrée des établissements diplomatiques japonais à l’étranger.

Initialement originaires de Chine, les chrysanthèmes ont été introduits au Japon dès la période de Nara (710-794), en tant que plantes médicinales. Puis à l’époque de Heian (794-1185), ils apparaissent dans de nombreux poèmes du recueil Kokin wakashû. Ainsi, les chrysanthèmes, qui avaient été considérés comme des plantes médicinales furent plus tard prisés par la cour pour leur beauté. Et c’est l’empereur Go-Toba (1180-1239), qui fit du chrysanthème son propre sceau. Le lien qui se créera à ce moment-là entre la Maison impériale et le chrysanthème sera indéfectible.

Rien qu’au Japon, il existerait plus de 350 variétés de chrysanthèmes, et plus de 20 000 dans le monde entier. La variété propre au Japon est le chrysanthème japonais, ou wagiku, qui se distingue du chrysanthème occidental, ou yôgiku. Après l’époque d’Edo (1603-1868), toutes les variétés de wagiku qui avaient été améliorées dans diverses régions de l’Archipel portèrent le nom de « chrysanthèmes classiques », ou koten-giku. Ces fleurs peuvent avoir différentes couleurs et prendre de multiples formes.

Le tomoe-nishiki, une variété classique améliorée dans la région de Kaga, réputée pour le magnifique contraste de couleurs de ses pétales.

Le chrysanthème d’Edo, ou edo-giku, une variété de koten-giku améliorée à l’époque d’Edo.

Le Festival du chrysanthème : un événement mettant en compétition pas moins de 2 000 spécimens

Au sanctuaire Yushima Tenman-gû, dans l’arrondissement tokyoïte de Bunkyô, a lieu chaque année au mois de novembre le Festival du chrysanthème, ou Kiku Matsuri. Une soixantaine de passionnés membres de l’association Bunkyô Aikiku-kai sont heureux d’exposer pas moins de 2 000 chrysanthèmes, auxquels ils ont apporté le soin le plus méticuleux, issus de 32 variétés. Très attendu, le Kiku Matsuri attire en moyenne 100 000 visiteurs chaque année.

Apparaissant sur le blason de la Maison impériale, la variété ichimonji-giku à fleurs simples est également appelée gomonshô-giku.

Le kudamono-giku, également appelé ito-giku, ou « chrysanthème fil », pour ses pétales tubulaires qui fleurissent tel un rayon, tout autour du centre de la fleur.

« Plus vous choyez votre chrysanthème, plus il sera beau », explique Sugimoto Keiji, membre de l’association Bunkyô Aikiku-kai. « Nous cultivons nos chrysanthèmes à partir de graines, de pousses et parfois de boutures, mais ce n’est pas parce que vous obtenez de bons résultats cette année avec une certaine technique qu’elle fonctionnera l’année prochaine. Vous aurez préservé l’espèce, certes, mais la floraison de votre chrysanthème, elle, dépendra du soin que vous lui apporterez. Si vous n’y mettez pas tout votre cœur, vous n’obtiendrez pas de beaux chrysanthèmes. Cette fleur est un peu comme le reflet de votre âme », poursuit-il.

Sugimoto Keiji, président de l’association Bunkyô Aikiku-kai : « Le chrysanthème est un peu comme le reflet de votre âme. »

  • [15.11.2018]
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