Promenons-nous à Asakusa

Le Tenugui, un « bandana » traditionnel multi-usage

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Le tenugui est l’un des accessoires les plus typiques de la culture d’Edo. Il s’utilise principalement comme mouchoir et comme serviette, mais c’est aussi le bout de tissus qu’on a toujours sous la main et qui peut se transformer en pansement, torchon, lien… ses usages sont infinis. De nos jours, c’est même un accessoire de mode.

La culture propre aux quartiers autour d’Asakusa a été soutenue par les matsuri, les fêtes votives des temples du quartier, dont le principal est sans conteste le Sanja Matsuri. Et ce qui caractérise la popularité d’un matsuri, c’est qu’il génère des phénomènes de mode qui l’identifient pour tout le monde. Le hanten identique porté par toute une équipe, le sarashi, bande ventrière de coton blanc porté dessous, la ceinture nouée… et donc évidemment, le tenugui porté en bandeau sur le front, toute une panoplie de vêtements et accessoires en tissu, indissociables de l’idée de fête de quartier au Japon. Asakusa O-matsuri Museum (Musée de la fête votive d’Asakusa), inauguré en 2011, est là pour le rappeler.

Voir les photos des participants au Sanja Matsuri vêtus de costumes traditionnels

Chacun sa façon de porter son tenugui.

M. Takizawa Ichirô, fabriquant de tenugui originaux et patron de 4e génération de la boutique Tokyo Wazarashi, s’est trouvé au centre du projet qui a conduit à la construction de ce Musée de la fête votive d’Asakusa. « Être à la mode, pour un Edokko, c’est être toujours à la recherche de l’expression de son individualité, et pour cela, le tenugui est un accessoire très efficace », dit-il.

Le patron de Tokyo Wazarashi, M. Takizawa Ichirô, 4e génération.

Tokyo Wazarashi, fondée en 1889, était tout d’abord un atelier de blanchissage de tissus de coton. À l’époque, on faisait d’abord brûler de la paille, on lavait le coton à la cendre de paille et au savon, puis on le traitait dans plusieurs bains d’hypochlorite de calcium avant rinçage.

« Une fois blanchi, le coton pouvait être teint de couleurs vives pour fabriquer des yukata (kimono d’été) ou des tenugui. Et c’était l’uniformité du blanc obtenu qui déterminait le savoir-faire de l’artisan.

Gabarits pour la teinture des tenugui. Il s’agit d’un écran de soie très serré plaqué à la laque sur du papier japonais. Découpé à la main, collé à la main, c’est un travail de précision.


Le tenugui teint à partir du gabarit précédent. Un technique de teinture manuelle appelée chûsen.

C’est dans les années 1960 que le blanchiment de tissu de coton pour les yukata a connu son apogée. De nombreux artisans travaillaient pour eux et son atelier produisait un tiers de tout le tissu blanc pour yukata du pays. Mais les vêtements traditionnels ont été de moins en moins portés, la demande pour les yukata a chuté et la plupart des ateliers de teinture à la main ont disparu.

En revanche, le tenugui est revenu à la mode. À utiliser autour de la tête comme un bandana, le tenugui est devenu l’accessoire vedette de l’introduction de chic « Edo » dans la mode contemporaine. Aujourd’hui, grâce à la collaboration de teinturiers manuels de tout le pays, Tokyo Wazarashi produit 90% des tenugui sur commande.

Un tenugui teint à la main coûte entre 800 et 1 200 yens. Compter à partir de 30 000 yens pour un modèle sur commande (100 unités ; 50 000 yens pour une teinture manuelle).

[Musée] Asakusa O-matsuri Museum / Adresse : 2-3-5 Kaminarimon, Taitô-ku, Tokyo / tél : +81.3.6796.7800 / Ouverture : à renseigner / Entrée gratuite (sauf expositions temporaires). http://omatsurimuseum.net/english/
[Atelier] Tokyo Wazarashi / Adresse : 4-14-9 Tateishi, Katsushika-ku, Tokyo / tél : +81.3. 3693.3334 http://www.tenugui.co.jp/

(Reportage : Motoyoshi Kyoko. Photos : Kato Takemi, Kodera Kei, Yamada Shinji)

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