Lieux sacrés du Japon

Le sanctuaire Yasaka de Kyoto, emblème d’un des plus grands festivals du Japon

Culture Tourisme

Situé dans un périmètre accessible à pied du centre de Kyoto, ce sanctuaire est non seulement le lieu où les résidents viennent vénérer leur divinité tutélaire mais également un site touristique très visité. C’est également en son honneur qu’a lieu le « Gion matsuri », l’un des trois grands festivals du Japon, ce spectacle emblématique de l’été à Kyoto qui se perpétue depuis le IXe siècle.

D’où vient ce lieu sacré ?

Le sanctuaire Yasaka est situé à l’est de Kyoto, au carrefour de la rue Shijô-dori, la principale artère traversant d’est en ouest la ville dessinée en quadrillage selon la géomancie chinoise. La porte Nishirômon, peinte en rouge-orangé éclatant en haut d’un escalier de pierre en pente douce dans le prolongement de la Shijô-dori, en est le symbole.

La porte Nishi-rômon

Avant d’être renommé en 1868 en raison du décret sur la séparation du shinto et du bouddhisme, le sanctuaire Yasaka était appelé « Gionsha » ou « Gion Tenjin ». Gion est connu comme le quartier des plaisirs de Kyoto mais son nom provient à l’origine de « Gion shôja », appelation japonaise de Jetavana, un monastère dont les vestiges se trouvent au nord de l’Inde et où le Bouddha aurait prononcé ses sermons.

Il existe plusieurs hypothèses sur l’origine du sanctuaire Yasaka. D’après les annales du sanctuaire lui-même, un haut fonctionnaire venu du royaume de Koguryo en Corée l’aurait fait construire en 656. Toutefois, selon la version la plus probable, un moine du nom d'Ennyo l’aurait érigé en 876 pour vénérer la divinité Gozu, protectrice de « Gion shôja ». Il est également possible qu’il s’agisse d’une autre ancienne divinité tutélaire locale ou encore celle du clan Yasaka, venu de Corée pour s’établir au Japon.

Le portique en pierre de Minami-rômon

Depuis le décret sur la séparation du shinto et du bouddhisme et jusqu’à aujourd’hui, la principale divinité du sanctuaire est Susanoo-no-mikoto ainsi que son épouse et ses huit enfants. Susanoo-no-mikoto, après avoir commis de nombreuses mauvaises actions à Takamagahara, la résidence des dieux immortels, est exilé sur la terre.

Quoi qu’il en soit, le sanctuaire Yasaka vénère le shinto et le bouddhisme depuis sa fondation. Il s’est harmonisé avec les gens et les divinités venus des pays étrangers et s’est créé ainsi une culture qui lui est propre.

Une fête qui se perpétue depuis plus de mille ans

Le Gion matsuri, le grand festival d’été du sanctuaire Yasaka, est l’une des trois plus grandes fêtes du Japon. Tous les ans, divers événements ont lieu pendant tout le mois de juillet, mais c’est le défilé des chars somptueusement décorés, appelés yamahoko, qui constitue le point culminant de l’événement. Le virage aux carrefours, ou tsuji mawashi, de ces chars gigantesques pesant chacun plus de 10 tonnes est le moment le plus spectaculaire du défilé.

Gion matsuri. Sur les yamahoko, des hallebardes et des sabres longs sont dressés en haut du char.

Cette fête a débuté en 869, sous forme de rite en dressant 66 hallebardes pour l’apaisement des âmes des très nombreuses victimes des épidémies dont Kyoto souffrait à ce moment-là. Elle a été interrompue lorsque Kyoto fut ravagée par les incendies de la Guerre d’Ônin (1467-1477) pendant l’époque de Muromachi. Environ 30 ans plus tard, lorsque les hostilités se sont apaisées, la fête reprend en l’an 1500 pour se perpétuer jusqu’à aujourd’hui, depuis plus de mille ans.

Accès

  • Direct via l’arrêt « Gion » du bus 206, à partir de la gare JR de Kyoto.
  • Environ 5 mn à pied de la station « Gion Shijô » de la ligne Keihan.
  • Environ 8 mn à pied de la station « Kawaramachi » de la ligne Hankyû.
  • Environ 15 mn en voiture de la gare JR de Kyoto.

(Texte : Toya Manabu. Photos : Nakano Haruki. Photo de titre : le Gion Matsuri, un des trois plus grands festivals du Japon)

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