Dossier spécial Tokyo, une ville en perpétuelle métamorphose
Le Nouveau stade national sera-t-il prêt pour les JO de 2020 ?
[04.03.2019] Autres langues : ESPAÑOL | العربية |

Les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo débuteront le 24 juillet 2020. Où en est la construction du Nouveau stade national, dont la conception et les plans ont dû être revus plusieurs fois ?

À l’approche des Jeux olympiques et paralympiques de 2020, les préparatifs vont bon train un peu partout au Japon. Ceux qui attirent le plus d’attention sont, bien entendu, les travaux du Nouveau stade national, principal site des Jeux. En juillet 2015, le chantier a totalement été remis en question après le rejet du projet tout d’abord entériné, celui de l’architecte Zaha Hadid, critiqué pour cause de coût exorbitant et d’intégration insuffisante à l’environnement local (voir notre article La vraie nature du fiasco du nouveau stade olympique). Les travaux devaient pourtant commencer trois mois plus tard. Un nouveau concours a alors été organisé, remporté par Kuma Kengo en décembre 2015. Le chantier a fini par débuter un an après, avec 14 mois de retard sur le projet initial. Le stade ne pourra donc pas accueillir la coupe du monde de rugby 2019, comme cela avait été prévu. Deux ans après le début des travaux, où en est la construction du Nouveau stade national ?

Rendu en perspective aérienne du Nouveau stade national vu du sud-ouest. (Image réalisée par Taisei Corp./Azusa Sekkei/Cabinet d’architecture Kengo Kuma and associates. Avec l’aimable autorisation de JSC)

Nous avons rencontré deux responsables du Conseil du sport du Japon (JSC), l’organisme gestionnaire du stade.

Un chantier en accéléré

——Où en sont les travaux ?

Le chantier a démarré il y a un peu plus de deux ans, et tout avance conformément aux prévisions, sans retard notable. Hors impondérable, les travaux devraient être achevés fin novembre 2019, comme convenu. L’organisation des achats de matériaux et la mise en place de techniques d’accélération des travaux ont été pensées dès la phase de conception afin de respecter les délais. La pénurie de main-d’œuvre liée au manque de travailleurs du bâtiment et à leur vieillissement auquel le Japon est aujourd’hui confronté était une question encore plus pressante, mais qui n’a en définitive pas posé de gros problèmes.

Avancement semestriel du chantier entre le 1er décembre 2016 et le 1er décembre 2018. (Photos prises par JSC, avec la coopération du Sendagaya Intes Bldg.)

——Concrètement, quelles technologies et mesures ont été adoptées pour réduire la durée des travaux ?

Tout d’abord, les fondations et les tribunes ont été construites avec des blocs de béton armé fabriqués à l’avance. Il n’y a ainsi pas besoin d’attendre que le ciment prenne, comme quand on le coule sur place. Ensuite, les poutrelles de la toiture sont fabriquées en deux temps, la structure métallique de soutien d’un côté et la structure aérienne de l’autre. Cette dernière est elle-même composée de trois unités séparées, qui sont montées sur place.

La difficulté est que l’assemblage des structures à l’aide de grues demande une grande précision. Le toit est un ovale soutenu par 108 piliers métalliques, qui doivent être soudés très précisément, au millimètre près. L’opération est réalisée grâce à des techniques de mesure en 3D, par exemple en projetant un faisceau laser sur la cible lors du soudage, ce qui permet de réduire la marge d’erreur à moins de trois millimètres.

La charpente métallique est mise en place grâce à des grues. (Avec l’aimable autorisation de JSC)

——Y a-t-il eu des modifications ou des dépassements de budget ?

Il y a toujours une multitude de petites modifications, sur tous les chantiers. Chaque semestre, nous signons un contrat avec le donneur d’ordres pour ratifier les modifications. Vu l’envergure du chantier, on parle de plusieurs centaines de modifications par semestre, plus d’un millier en deux ans. Mais les travaux doivent être achevés à une date précise, et le budget est limité. Nous réussissons à respecter ces critères.

Komatsu Yukio (à gauche), coordinateur de travaux, et Tasaka Akihiko, en charge de la gestion du projet

  • [04.03.2019]
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