Dossier spécial Sanctuaires shintô : suivez le guide !
Visite guidée d’un sanctuaire shintô [7] : Tamagaki

Toya Manabu [Profil]

[26.09.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | Русский |

Le cœur du sanctuaire, où se trouve le « pavillon principal » (honden), est entouré par une clôture (tamagaki) marquant la limite entre le monde profane et l’espace sacré. Le tamagaki se compose d’une ou plusieurs enceintes en fonction de l’importance du sanctuaire. Mais à l’origine, il était constitué par une simple haie vive protégée par une clôture de brindilles.

Tamagaki, la clôture de l’espace sacré

Au-delà du « pavillon cérémoniel » (haiden), il y a le « pavillon principal » (honden), une sorte de saint des saints abritant le « support matériel de la divinité » (shintai). Le honden est entouré par une « clôture-joyau » (tamagaki) composée d’un nombre plus ou moins grand d’enceintes qui l’isolent du monde extérieur. L’enceinte la plus proche du honden est en général appelée mizugaki et les suivantes tamagaki, aragaki (clôture brute) ou itagaki (clôture de planches).

Le sanctuaire intérieur (naikû) du grand sanctuaire d’Ise est protégé par une quadruple clôture. La première enceinte, située le plus près du naikû, a pour nom mizugaki ou ichi no tamagaki, la seconde ni no tamagaki, la troisième san no tamagaki, et la dernière, la plus extérieure par rapport au honden, itagaki.

Tamagaki du grand sanctuaire d’Izumo, préfecture de Shimane.

Sakaki

Jadis, le tamagaki avait la forme d’une haie vive – essentiellement constituée de sakaki (cleyera japonica, cléyère), un arbre à feuilles persistantes considéré comme sacré –, qui était protégée par une clôture de brindilles (shibagaki). L’idéogramme utilisé pour écrire le mot sakaki 榊 se compose de la clef de l’« arbre » 木 et du caractère kami 神, qui signifie « divinité ». Il a en outre la particularité d’avoir été forgé dans l’Archipel (kokuji), contrairement à la plupart des kanji que le Japon a empruntés à la Chine, ce qui prouve le rôle important joué par cet arbre dans le shintô. À l’origine, la « forêt des divinités tutélaires » (chinju no mori) qui entoure les sanctuaires se composait elle aussi pour l’essentiel de sakaki et de lauriers à feuilles pérennes. Les branches de cléyère ornées de bandelettes de papier japonais plié en forme de zigzag (shide) qui ponctuent souvent la clôture extérieure des sanctuaires shintô rappellent que jadis, le tamagaki était une simple haie vive.

Une petite branche de sakaki ornée d’un shide fixée sur l’une des enceintes du grand sanctuaire d’Ise, dans la préfecture de Mie.

Lire le volet suivant—Visite guidée d’un sanctuaire shintô [8] : Honden

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(Photos : Nakano Haruo. Illustrations : Izuka Takeshi.)

  • [26.09.2016]

Historien et desservant de sanctuaire shintô (kannushi). Spécialiste des recherches sur le shintô. Né en 1953, dans la préfecture de Saitama. Titulaire d’une licence ès lettres de l’Université Kokugakuin. Auteur de divers ouvrages dont Shintô nyûmon (Introduction au shintô) ; Fujisan, 2200 nen no himitsu (Le mont Fuji : un secret vieux de 2 200 ans), Sanshu no shingi – tama, kagami, tsurugi – ga shimesu tennô no kigen (Les trois trésors sacrés – joyau, miroir, épée – aux origines de la lignée impériale), Suwa no kami, fûin sareta jômon no chimatsuri (Les divinités de Suwa et les sacrifices rituels de l’époque Jômon) et Onmyôdô to wa nanika (Qu’est-ce que le onmyôdô ?) .

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