Dossier spécial Sanctuaires shintô : suivez le guide !
Visite guidée d’un sanctuaire shintô – Introduction

Toya Manabu [Profil]

[15.08.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Les sanctuaires shintô (jinja) sont des espaces sacrés qui se composent tous de plusieurs éléments spécifiques ayant chacun une fonction bien précise qu’il vaut mieux connaître pour comprendre leur signification profonde. Toya Manabu, historien et desservant shintô, vous invite à le suivre pas à pas pour une visite guidée qui vous mènera du portique (torii) de l’entrée de l’enceinte sacrée jusqu’au bureau du sanctuaire (shamusho).

L’enceinte sacrée du sanctuaire

Le Japon abrite plus de 100 000 sanctuaires shintô (jinja) de toutes tailles, dont les plus anciens remontent à quelque deux millénaires. Le shintô, la religion autochtone des habitants de l’Archipel, est un culte de type animiste où l’on vénère des myriades de divinités (yaoyorozu no kami). La plupart des sanctuaires sont consacrés à un ou plusieurs kami en relation directe avec le lieu où ils ont été édifiés. Ils se présentent sous la forme d’une enceinte sacrée au cœur de laquelle s’élève le « pavillon principal » (honden) qui abrite le « support matériel de la divinité » (shintai) constitué par un objet sacré dans lequel le kami est censé résider. Le honden est précédé par un « pavillon cérémoniel » (haiden) où les fidèles viennent se recueillir et par plusieurs portiques dont chacun a une signification et un rôle bien précis. Pour en savoir davantage sur les sanctuaires shintô et leurs différentes composantes, il suffit de vous joindre à la visite guidée que nous vous proposons ci-dessous.

Torii : les portiques délimitant l’espace sacré

Le mot torii désigne le portique qui marque l’entrée de l’enceinte sacrée des jinja. Son apparence particulièrement distinctive a fait de lui l’emblème des sanctuaires shintô dans le monde entier. La présence d’un torii avertit le visiteur qu’il est sur le point de pénétrer dans un espace sacré. L’usage veut d’ailleurs que l’on s’incline avant de le franchir.

(Lire la suite)

Sandô : le chemin d’accès au cœur du sanctuaire

Le portique marquant l’entrée du jinja une fois franchi, le visiteur aborde le « chemin d’accès » (sandô) qui va le mener progressivement jusqu’au cœur du sanctuaire.

(Lire la suite)

Shimenawa : les cordes sacrées

Dans la langue japonaise, le terme shimenawa désigne une corde en paille placée autour d’un objet ou au-dessus d’un espace pour indiquer son caractère sacré et sa pureté.

(Lire la suite)

Temizuya : le pavillon des ablutions

En suivant le chemin d’accès du sanctuaire, on finit par arriver au « pavillon des ablutions » (temizuya ou chôzuya) situé juste à côté du dernier torii. Il abrite un petit bassin alimenté en permanence avec de l’eau courante.

(Lire la suite)

Komainu : les gardiens de pierre du sanctuaire

Les komainu (littéralement « chiens de Corée ») sont constitués par une paire de lions (shishi) placés de part et d’autre du sandô, non loin de l’entrée du sanctuaire ou du pavillon cérémoniel (haiden). Ces étranges créatures sont censées écarter les démons de l’espace sacré.

(Lire la suite)

Haiden : le pavillon cérémoniel

Une fois devant le pavillon cérémoniel (haiden), les visiteurs adressent leurs prières aux divinités du sanctuaire. Ils effectuent en général une « prière simplifiée » (ryakushiki sanpai), debout, à l’extérieur du haiden. Il existe aussi une version plus élaborée de ce rituel formel (seishiki sanpai ou jôden sanpai) qui se déroule à l’intérieur du haiden.

(Lire la suite)

Tamagaki : la clôture de l’espace sacré

Au-delà du « pavillon cérémoniel » (haiden), il y a le « pavillon principal » (honden), une sorte de saint des saints abritant le « support matériel de la divinité » (shintai). Le honden est entouré par une « clôture-joyau » (tamagaki) composée d’un nombre plus ou moins grand d’enceintes qui l’isolent du monde extérieur. L’enceinte la plus proche du honden est en général appelée mizugaki et les suivantes tamagaki, aragaki (clôture brute) ou itagaki (clôture de planches).

(Lire la suite)

Honden : le pavillon principal

Le honden, est l’endroit le plus sacré du sanctuaire, celui où la divinité tutélaire est censée résider. Son architecture, qui varie grandement d’un jinja à l’autre, fait en général référence au kami qu’on y vénère.

(Lire la suite)

Shintai / Shinboku : support matériel de la divinité et arbres sacrés

Le shintai (littéralement « corps de la divinité ») est le support matériel dans lequel l’esprit du kami tutélaire du sanctuaire est supposé résider. Il se trouve dans l’« espace intérieur » (naijin) du honden, l’« espace extérieur » (gejin) étant celui où les desservants accomplissent les rituels.

(Lire la suite)

Shamusho : le bureau du sanctuaire

Le shamusho est un édifice situé dans l’enceinte du sanctuaire où ne se déroule aucun rituel ni cérémonie. C’est là que les desservants, les officiants et le reste du personnel du sanctuaire se tiennent quand ils ne sont pas en train d’effectuer des tâches liées à leur fonction. Les visiteurs se rendent au shamusho pour y déposer des demandes de rituels propitiatoires (kitô) ou autres.

(Lire la suite)

Shôzoku : les vêtements des officiants du shintô

Le shôzoku, la tenue des desservants shintô, s’inspirait à l’origine des costumes de cour de la dynastie chinoise des Tang (618-907) où le Japon a envoyé régulièrement des ambassades jusqu’en 838. Mais ce type de vêtement a ensuite évolué une fois qu’il a été adopté par les habitants de l’Archipel.

(Lire la suite)

(Photo de titre le sanctuaire d’Izumo : Nakano Haruo. Illustrations : Izuka Takeshi)

  • [15.08.2016]

Historien et desservant de sanctuaire shintô (kannushi). Spécialiste des recherches sur le shintô. Né en 1953, dans la préfecture de Saitama. Titulaire d’une licence ès lettres de l’Université Kokugakuin. Auteur de divers ouvrages dont Shintô nyûmon (Introduction au shintô) ; Fujisan, 2200 nen no himitsu (Le mont Fuji : un secret vieux de 2 200 ans), Sanshu no shingi – tama, kagami, tsurugi – ga shimesu tennô no kigen (Les trois trésors sacrés – joyau, miroir, épée – aux origines de la lignée impériale), Suwa no kami, fûin sareta jômon no chimatsuri (Les divinités de Suwa et les sacrifices rituels de l’époque Jômon) et Onmyôdô to wa nanika (Qu’est-ce que le onmyôdô ?) .

Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [11] : ShôzokuLes desservants des sanctuaires shintô et leurs assistants portent des tenues traditionnelles tout à fait spécifiques. Voici en quoi elles consistent.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [10] : ShamushoQuand ils n’ont pas de rite à célébrer, les desservants et le personnel shintô se retirent dans le bureau du sanctuaire (shamusho). C’est là aussi que les visiteurs peuvent se procurer pour eux-mêmes et leur maison des amulettes protectrices sanctifiées par la divinité tutélaire du lieu.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [9] : Shintai/shinbokuLe « support matériel de la divinité » (shintai) se trouve à l’intérieur du honden, auquel les visiteurs n’ont pas accès. Dans certains sanctuaires, c’est un objet sacré qui a souvent la forme d’un joyau, d’un miroir ou d’une épée (voir illustration ci-dessous). Dans d’autres, c’est un élément de la nature, par exemple une montagne ou un arbre (shinboku) vénérés comme une divinité.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [8] : HondenLe honden est, au sens littéral du terme, le « pavillon principal » du sanctuaire, le saint des saints où se trouve le « support matériel de la divinité » (shintai). Un examen attentif de l’édifice permet de se faire une idée du type d’architecture auquel il appartient et de la divinité qu’il abrite.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [7] : TamagakiLe cœur du sanctuaire, où se trouve le « pavillon principal » (honden), est entouré par une clôture (tamagaki) marquant la limite entre le monde profane et l’espace sacré. Le tamagaki se compose d’une ou plusieurs enceintes en fonction de l’importance du sanctuaire. Mais à l’origine, il était constitué par une simple haie vive protégée par une clôture de brindilles.

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone