Dossier spécial Sanctuaires shintô : suivez le guide !
Visite guidée d’un sanctuaire shintô [2] : Sandô

Toya Manabu [Profil]

[22.08.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

L’allée donnant accès aux sanctuaires shintô (jinja), appelé sandô, est un chemin qui mène du portique d’entrée torii jusqu’au pavillon principal honden. La partie centrale du sandô est considérée comme réservée à la circulation des divinités kami.

Sandô : le chemin d’accès au cœur du sanctuaire

Le portique torii marquant l’entrée du jinja une fois franchi, le visiteur aborde le « chemin d’accès » (sandô) qui va le mener progressivement jusqu’au cœur du sanctuaire. Le sandô est en général recouvert de gravier ou d’un pavage de pierre. Il est vivement déconseillé de marcher sur la partie centrale du sandô parce que, dans de nombreux sanctuaires, celle-ci est considérée comme un axe (seichû) réservé aux déplacements des divinités. Mieux vaut rester sur le côté droit ou gauche du chemin d’accès.

Le fameuse avenue « Omotesandô » (littéralement « sandô de devant »), qui se trouve dans le quartier de Harajuku, doit son nom au chemin d’accès du sanctuaire Meiji jingû, situé à proximité.

Le sandô du sanctuaire de Mitsumine (à Chichibu dans la préfecture de Saitama)

Le sandô du sanctuaire d’Usa (à Usa dans la préfecture d’Ôita)

Chinju no mori : la forêt des divinités tutélaires

Le chemin d’accès des sanctuaires shintô les plus anciens est en général bordé par de grands arbres qui matérialisent la limite entre le sandô et la « forêt des divinités tutélaires » (chinju no mori, appelée aussi « espace rituel » himorogi), où le sanctuaire a été édifié. Au Japon, on considère le chinju no mori comme un lieu sacré où résident les divinités. C’est pourquoi il est formellement interdit d’y prélever ne serait-ce qu’une simple feuille morte et a fortiori d’y couper un arbre, quel qu’il soit. Les sanctuaires les plus vénérables de l’Archipel sont souvent nichés au cœur de forêts primordiales pratiquement intactes.

La forêt des divinités du sanctuaire d’Ise (à Ise dans la préfecture de Mie)

Lire le volet suivant—Visite guidée d’un sanctuaire shintô [3] : Shimenawa

Retour à l’introduction

(Photos : Nakano Haruo. Illustrations : Izuka Takeshi)

▼A lire aussi
Visite guidée d’un sanctuaire shintô – Introduction Visite guidée d’un sanctuaire shintô [1] : Torii [Diaporama] Quatre saisons au sanctuaire d’Ise

 

  • [22.08.2016]

Historien et desservant de sanctuaire shintô (kannushi). Spécialiste des recherches sur le shintô. Né en 1953, dans la préfecture de Saitama. Titulaire d’une licence ès lettres de l’Université Kokugakuin. Auteur de divers ouvrages dont Shintô nyûmon (Introduction au shintô) ; Fujisan, 2200 nen no himitsu (Le mont Fuji : un secret vieux de 2 200 ans), Sanshu no shingi – tama, kagami, tsurugi – ga shimesu tennô no kigen (Les trois trésors sacrés – joyau, miroir, épée – aux origines de la lignée impériale), Suwa no kami, fûin sareta jômon no chimatsuri (Les divinités de Suwa et les sacrifices rituels de l’époque Jômon) et Onmyôdô to wa nanika (Qu’est-ce que le onmyôdô ?) .

Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [11] : ShôzokuLes desservants des sanctuaires shintô et leurs assistants portent des tenues traditionnelles tout à fait spécifiques. Voici en quoi elles consistent.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [10] : ShamushoQuand ils n’ont pas de rite à célébrer, les desservants et le personnel shintô se retirent dans le bureau du sanctuaire (shamusho). C’est là aussi que les visiteurs peuvent se procurer pour eux-mêmes et leur maison des amulettes protectrices sanctifiées par la divinité tutélaire du lieu.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [9] : Shintai/shinbokuLe « support matériel de la divinité » (shintai) se trouve à l’intérieur du honden, auquel les visiteurs n’ont pas accès. Dans certains sanctuaires, c’est un objet sacré qui a souvent la forme d’un joyau, d’un miroir ou d’une épée (voir illustration ci-dessous). Dans d’autres, c’est un élément de la nature, par exemple une montagne ou un arbre (shinboku) vénérés comme une divinité.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [8] : HondenLe honden est, au sens littéral du terme, le « pavillon principal » du sanctuaire, le saint des saints où se trouve le « support matériel de la divinité » (shintai). Un examen attentif de l’édifice permet de se faire une idée du type d’architecture auquel il appartient et de la divinité qu’il abrite.
  • Visite guidée d’un sanctuaire shintô [7] : TamagakiLe cœur du sanctuaire, où se trouve le « pavillon principal » (honden), est entouré par une clôture (tamagaki) marquant la limite entre le monde profane et l’espace sacré. Le tamagaki se compose d’une ou plusieurs enceintes en fonction de l’importance du sanctuaire. Mais à l’origine, il était constitué par une simple haie vive protégée par une clôture de brindilles.

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone