Dossier spécial Sanctuaires shintô : suivez le guide !
Visite guidée d’un sanctuaire shintô [10] : Shamusho

Toya Manabu [Profil]

[17.10.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | Русский |

Quand ils n’ont pas de rite à célébrer, les desservants et le personnel shintô se retirent dans le bureau du sanctuaire (shamusho). C’est là aussi que les visiteurs peuvent se procurer pour eux-mêmes et leur maison des amulettes protectrices sanctifiées par la divinité tutélaire du lieu.

Shamusho, le bureau du sanctuaire

Le shamusho est un édifice situé dans l’enceinte du sanctuaire où ne se déroule aucun rituel ni cérémonie. C’est là que les desservants, les officiants et le reste du personnel du sanctuaire se tiennent quand ils ne sont pas en train d’effectuer des tâches liées à leur fonction. Les visiteurs se rendent au shamusho pour y déposer des demandes de prières rituelles (kitô). Près de l’entrée, il y a un comptoir où l’on vend des amulettes (omamori), des talismans et des horoscopes (omikuji) comme ceux décrits ci-dessous. Quand ils font l’acquisition de ce genre d’objets, les Japonais n’emploient pas le mot « acheter » (kau) mais celui de « recevoir » (ukeru), parce que pour eux, ce sont des symboles de croyance et pas des produits de consommation.

Parmi les emplettes que l’on peut faire au bureau du sanctuaire, il y a les shinsatsu, des amulettes relativement grandes en papier, en bois ou en métal qui comportent une inscription calligraphiée ou imprimée et sont censées être imprégnées des pouvoirs surnaturels d’un kami. Les fidèles les ramènent chez eux où ils les placent sur le petit autel shintô familial (kamidana). Les shinsatsu du grand sanctuaire d’Ise, appelées taima fuda, sont particulièrement recherchées. Les mamori fuda sont des shinsatsu de petite taille conçus pour être portés en permanence sur soi.

Le bureau du sanctuaire vend aussi des hamaya (littéralement « flèche qui détruit les démons »), des talismans que l’on place ostensiblement dans la maison pour écarter les esprits malfaisants. On y trouve aussi des ema, des tablettes votives dont certaines comportent une image peinte sur l’une de leurs faces. Les fidèles y inscrivent l’objet de leur vœu avant de les déposer en tant qu’offrande dans un emplacement du sanctuaire réservé à cet effet. Enfin les omikuji consistent en des petites feuilles de papier tirées au hasard qui prédisent l’avenir en donnant des indications plus ou moins précises sur différents aspects de la vie quotidienne.

Amulettes : pour la maison (shinsatsu) (à gauche) et à porter sur soi (mamori fuda) (à droite).

Un talisman « flèche qui détruit les démons » (hamaya) (à gauche) et tablette votive (ema) (à droite).

▼A lire aussi

Omikuji et Ema

Le bureau du sanctuaire d’Okuni, à Mori, dans la préfecture de Shizuoka.

Le bureau du sanctuaire de Masumida, à Ichinomiya, dans la préfecture d’Aichi.

Le bureau du sanctuaire Nogi, dans l’arrondissement de Minato à Tokyo.

Lire le volet suivant—Visite guidée d’un sanctuaire shintô [11] : Shôzoku

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(Photos : Nakano Haruo. Illustrations : Izuka Takeshi. Photo de titre : le bureau du sanctuaire Nogi, à Tokyo.)

  • [17.10.2016]

Historien et desservant de sanctuaire shintô (kannushi). Spécialiste des recherches sur le shintô. Né en 1953, dans la préfecture de Saitama. Titulaire d’une licence ès lettres de l’Université Kokugakuin. Auteur de divers ouvrages dont Shintô nyûmon (Introduction au shintô) ; Fujisan, 2200 nen no himitsu (Le mont Fuji : un secret vieux de 2 200 ans), Sanshu no shingi – tama, kagami, tsurugi – ga shimesu tennô no kigen (Les trois trésors sacrés – joyau, miroir, épée – aux origines de la lignée impériale), Suwa no kami, fûin sareta jômon no chimatsuri (Les divinités de Suwa et les sacrifices rituels de l’époque Jômon) et Onmyôdô to wa nanika (Qu’est-ce que le onmyôdô ?) .

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