Série Japan Data
Retour sur les enlèvements de Japonais par la Corée du Nord
[12.11.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL |

Durant les années 1970 et 1980, au moins 17 Japonais ont été kidnappés par des agents nord-coréens. En 2002, à l’occasion d’une visite du Premier ministre Koizumi Junichirô en Corée du Nord, cinq d’entre eux ont pu rentrer au Japon avec leur famille. Mais les autorités nord-coréennes affirment que huit autres sont décédés de maladie, tandis qu’elles continuent de nier l’enlèvement des quatre derniers.

Le 7 octobre 2018, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo s’est rendu en Corée du Nord, où il s’est entretenu avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Les deux hommes sont convenus d’organiser dans les meilleurs délais une deuxième rencontre au sommet entre leurs deux pays. M. Pompeo a par ailleurs révélé avoir abordé la question des enlèvements de ressortissants japonais au cours de cet entretien.

Ces enlèvements sont intervenus du milieu des années 1970 au début des années 1980, principalement sur le littoral du Hokuriku, mais également sur l’île de Kyûshû et en Europe.

Leur principal objectif était de se procurer des passeports japonais pour faciliter les allées et venues des agents nord-coréens se faisant passer pour des Japonais, mais aussi d’apprendre des personnes kidnappées entre autres la langue de l’Archipel.

Cette série d’enlèvements a longtemps constitué un véritable mystère. C’est le témoignage de l’agent secret Kim Hyon-hui, responsable de l’attentat à la bombe contre un avion de la Korean Air en 1987, dans les derniers mois de la guerre froide, qui a jeté la lumière sur ces événements. Munie d’un passeport nippon, elle se faisait passer pour une citoyenne japonaise : elle a expliqué avoir appris le japonais auprès d’une victime d’enlèvement.

Au Japon, la victime symbolique de cette série de kidnappings est Yokota Megumi, enlevée en 1977 alors qu’elle était encore collégienne. Ce n’est qu’en 1997 que son nom a été révélé au grand jour. Son histoire a alors été activement relayée par les médias, éveillant l’attention de l’opinion publique. La même année, une coalition de parlementaires réclamait la libération des victimes d’enlèvements. Les parents de Megumi, qui attendent de la revoir depuis plus de quarante ans, sont aujourd’hui âgés de 85 et 82 ans. Nombreux sont les Japonais qui espèrent le retour rapide de Megumi, pour que la famille soit enfin réunie.

La Corée du Nord a longtemps nié ces kidnappings, mais lors de la visite en 2002 du Premier ministre japonais de l’époque, Koizumi Junichirô, elle a pour la première fois reconnu les faits et présenté des excuses. Cinq victimes ont pu ensuite rentrer au Japon, puis en 2004, ce sont huit membres de leurs familles qui ont rejoint l’Archipel. Depuis, la Corée du Nord considère l’affaire close ; aucun progrès n’a été enregistré.

  • [12.11.2018]
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