« Tsukimi », la contemplation de la pleine lune
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Qu’est-ce que le tsukimi ?
L’automne japonais se caractérise par des cieux clairs et dégagés, offrant une période idéale pour le tsukimi, cette tradition d’admiration de la Lune. La quinzième nuit du huitième mois du calendrier lunaire est appelée jûgoya (qui signifie littéralement « quinzième nuit »). Elle est célébrée depuis longtemps comme l’occasion d’admirer le chûshû no meigetsu, traditionnellement considéré comme la plus belle Lune de l’année. Dans notre calendrier moderne, le jûgoya se situe généralement entre septembre et octobre (en 2026, il s’agit du 25 septembre).
Le tsukimi dépasse le simple geste de lever les yeux vers le ciel nocturne. En plus de contempler la beauté de l’astre et des paysages environnants, cette fête permet de rendre grâce pour les récoltes automnales abondantes. Aujourd’hui encore, cette culture demeure bien ancrée dans le quotidien au Japon, qu’il s’agisse de célébrations traditionnelles ou de spécialités culinaires de saison.

La pleine lune d’automne au dessus de roseaux susuki (© Adobestock)
Les coutumes du tsukimi perpétuées aujourd’hui
La tradition consistant à disposer des tsukimi dango (boulettes de riz sucrées), des plumets d’herbe de la pampa (susuki) ainsi que des produits d’automne comme les patates douces et le taro près d’une fenêtre ou dans l’alcôve traditionnelle (tokonoma) se poursuit de nos jours. Les boulettes rondes représentent la pleine lune, tandis que le roseau susuki évoque les épis de riz. Il permet d’exprimer des vœux de récoltes généreuses tout en servant de décoration censée éloigner les mauvais esprits.

Tsukimi dango et susuki (© Adobestock)
Le tsukimi ne se limite pas aux mets associés aux fêtes traditionnelles. Cette thématique est devenue un motif courant de la cuisine quotidienne. De nombreux restaurants proposent des plats dont le nom commence par tsukimi, qui intègrent généralement un jaune d'œuf rappelant la pleine lune. Parmi les exemples classiques figurent le tsukimi udon, un bol de nouilles de froment chaudes surmonté d’un œuf cru, et le tsukimi burger, garni d’un œuf au plat, devenu un rendez-vous automnal incontournable des chaînes de restauration rapide.

Tsukimi udon (© Adobestock) Tsukimi burger (© Adobestock)
Il est aussi possible de profiter de la contemplation de la Lune en dehors de chez soi. Des sanctuaires, des temples, des édifices historiques et des jardins japonais organisent des kangetsukai, des événements dédiés à l’observation de l’astre lunaire. Le temple Daikaku-ji et son étang Ôsawa à Kyoto, l’étang Sarusawa dans le parc de Nara, ainsi que le temple Ishiyama-dera dans la préfecture de Shiga sont considérés comme les trois sites les plus célèbres du Japon pour admirer la Lune. Des événements ont également lieu à la villa impériale de Katsura à Kyoto, conçue à l’origine pour la contemplation céleste, ainsi qu’au château de Himeji, Trésor national inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

La contemplation de la Lune au dessus de l’étang Ôsawa du temple Daikaku-ji, à Kyoto (© Adobestock)
Des fêtes de la Cour aux traditions de récolte
Cette coutume aurait été introduite au Japon depuis la Chine durant l’époque de Heian (794-1185). Les aristocrates de l’époque organisaient des réunions au cours desquelles ils composaient des poèmes waka tout en admirant la Lune, qu’ils contemplaient directement dans le ciel ou reflétée à la surface des étangs et dans leurs coupes de saké. Durant l’époque d’Edo (1603-1868), la coutume s’est répandue parmi les citadins et s’est associée à la célébration des récoltes d’automne.
Pourquoi voit-on un lapin sur la Lune au Japon ?
Au Japon, la tradition veut qu’un lapin vive sur la Lune et y pile du riz pour fabriquer des gâteaux mochi à l’aide d’un maillet, une croyance née des motifs visibles à la surface de l’astre. Cette association entre la Lune et le lapin trouve son origine dans les contes bouddhiques du Jâtaka venant d’Inde. Selon l’un de ces récits, un lapin se sacrifie pour nourrir un vieillard affamé, qui s’avère être la divinité Indra (connue sous le nom de Taishakuten au Japon). Touché par cet acte désintéressé, le dieu dessine l’image du lapin sur la Lune. L’histoire est parvenue jusqu’au Japon, ancrant durablement ce lien symbolique. C’est pourquoi, lors de la saison du tsukimi, il est fréquent de trouver des pâtisseries japonaises décorées d’images de lapins ou façonnées à leur effigie.

Parvenez-vous à distinguer un lapin en train de piler du mochi avec un maillet ? Le lapin est penché sur le mortier, la tête et les oreilles s’étirant à l’horizontale sur la partie supérieure de la Lune. (© Adobestock)
(Photo de titre © AdobeStock)