Libérées de la menace d’extinction : les grues du Japon repeuplent Hokkaidô
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Des efforts de protection qui ont porté leurs fruits
Le ministère de l’Environnement a publié le 17 mars une version révisée de sa liste rouge, qui recense les espèces sauvages menacées d’extinction. La grue à couronne rouge (tanchô), aussi appelée grue du Japon , classée « monument naturel spécial », a été retirée de la catégorie des espèces menacées grâce au rétablissement de sa population. Elle est désormais classée dans la catégorie inférieure, dite « quasi menacée » (le risque d’extinction étant actuellement faible).

Des grues à couronne rouge rassemblées sur un site d’observation situé au nord des marais de Kushiro. (Jiji)
On pensait que cette espèce avait disparu à la suite d’une chasse excessive durant l’ère Meiji (1868-1912), jusqu’à ce que plusieurs dizaines d’individus soient découverts en 1924 dans une zone reculée des marais de Kushiro, sur l’île de Hokkaidô. Lors de l’enquête hivernale menée en décembre 1952, année où les grues de Kushiro furent désignées « monument naturel spécial », seulement 33 individus avaient été recensés.
Par la suite, des initiatives de protection et de nourrissage, portées notamment par des bénévoles dans les régions de Tsurui et d’Akan, se sont intensifiées. Grâce à ces efforts, une étude menée à la fin janvier 2025 a confirmé la présence de 1 927 grues, et le risque d’extinction est désormais considéré comme faible.
La grue à couronne rouge est un grand échassier présent en Asie de l’Est et dans le sud-est de la Russie. Symbole de longévité — comme le veut le proverbe « la grue vit mille ans, la tortue dix mille ans » — elle est un motif de bon augure largement utilisé au Japon, que l’on retrouve dans les blasons familiaux, les enveloppes décoratives ou encore les cordelettes traditionnelles (mizuhiki). Cet oiseau est ainsi profondément ancré dans l’imaginaire japonais.
Une estampe de la série « Cent vues célèbres d’Edo » du peintre d’ukiyo-e Utagawa Hiroshige représente des grues à couronne rouge venues jusqu’à Edo, ce qui montre qu’elles vivaient autrefois aussi sur Honshû (la grande île principale du pays). À noter enfin que leur nom s’écrit en kanji 丹頂鶴, littéralement « grue à la tête rouge » (« 丹 » signifiant rouge et « 頂 » tête).

Des daims d’Ezo et des grues (Nippon.com)
Données utilisées
- Concernant les grues du Japon (en japonais), de l’Agence de la préfecture de Hokkaidô
- À propos du 5e rapport sur la liste rouge, du ministère de l’Environnement
(Lire également : La divine danse de la grue à couronne rouge, à Hokkaidô)
(Photo de titre : PhotoAC)

