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« Omamori », un petit porte-bonheur pour chaque occasion de la vie

Culture

Dans les temples bouddhiques ou les sanctuaires shintô, il est souvent possible de se procurer des omamori, sortes d’amulettes qui protégeraient leurs propriétaires ou leur porteraient bonheur. Souhaitant commencer l’année sous de bonnes auspices, beaucoup en achètent donc au Jour de l’an.

Rester en sécurité

Les porte-bonheur omamori sont généralement disponibles dans les temples bouddhistes et les sanctuaires shintô. Ils éloigneraient les mauvais esprits et apporteraient bonheur et chance à leur possesseur. Les omamori peuvent se présenter sous la forme d’une feuille de papier ou d’un morceau de bois sur lesquels sont inscrits des symboles religieux tels que le nom de divinités et de sanctuaires, des mantras ou encore des caractères sanscrits. Ces amulettes sont souvent suspendues à l’intérieur de portails, sur les poutres principales des édifices ou tout simplement portés sur soi.

Les omamori sont un élément essentiel de la croyance animiste shintô selon laquelle les esprits ou les dieux habitent tous les objets. Dans les temps anciens, des pierres, des morceaux de bois et d'autres éléments de la nature étaient disposés chez les particuliers ou à proximité de villages. L’esprit qui habitait l’objet avait le pouvoir, dit-on, de protéger son possesseur de possibles infortunes. Cette coutume et croyance a finalement été adoptée par les sanctuaires et les temples eux-mêmes, qui petit à petit ont commencé à proposer à la vente à leurs visiteurs des porte-bonheur omamori habités de l’esprit de la divinité du sanctuaire ou dotés du pouvoir d'un sutra ou d'une image bouddhique.

Il existe des omamori pour presque toutes les occasions de la vie, du plus jeune âge au plus vieux. Ainsi beaucoup s’en procurent un afin de rester en bonne santé, vivre longtemps, réussir dans ses études, avoir de la chance en amour, accoucher sans complications etc. Cela peut être également destiné à la vie familiale en général, au succès dans les affaires ou encore à devenir une solide protection contre les accidents de la circulation.

Les omamori peuvent avoir un usage personnel mais également s’offrir, notamment à une personne malade pour lui souhaiter une bonne guérison ou à un étudiant qui passe des examens d'entrée dans un établissement scolaire.

Omamori du sanctuaire Fushimi Inari à Kyoto (© Japanexperterna.se)
Un omamori du sanctuaire Fushimi Inari à Kyoto (© Japanexperterna.se)

Après le fond, la forme. Les omamori sont proposés sous une grande variété de formes, notamment des pendentifs, des flèches en bois ou de petites figurines. Le omamori le plus typique a la forme d’une aumônière. Lors de la première visite au sanctuaire ou au temple de l’année, une pratique qui porte le nom de hatsumôde, bon nombre se procurent des omamori pour bien commencer l’année et se porter bonheur pour les mois à venir. À cette occasion, les visiteurs ont également la possibilité de rapporter d’anciens omamori qui ont « perdu leurs effets », que le sanctuaire ou le temple incinère ensuite lors d’une cérémonie.

Différentes sortes de omamori au comptoir d’un sanctuaire (© Pixta)
Différentes sortes de omamori au comptoir d’un sanctuaire (photo : Pixta)

À chaque temple et sanctuaire son omamori

Certains temples et sanctuaires proposent des omamori considérés comme ayant un plus grand pouvoir, ce qui leur vaut d’être très appréciés par certains groupes de personnes. Ainsi, l'ancien sanctuaire Mitsumine situé dans les montagnes de Chichibu, dans la préfecture de Saitama, est un de ces « lieux puissants » réputés. Un grand nombre d’habitants de la région du Kantô se rendent dans ce sanctuaire pour se procurer un omamori habité de la divinité du site, en l’occurence ici, un arbre divin (shinboku). Ils croient au pouvoir mystique de ces amulettes.

Plusieurs omamori avec différents motifs et couleurs. Ceux sur la photo permettraient un accouchement sans complications (photo : Pixta)
Plusieurs omamori avec différents motifs et couleurs. Ceux sur la photo permettraient un accouchement sans complications (photo : Pixta)

À Tokyo, le sanctuaire Suitengû est depuis des temps immémoriaux associé à l’accouchement. Ainsi, un grand nombre de femmes enceintes viennent s’y procurer des omamori, espérant mettre au monde leur enfant dans de bonnes conditions. Par ailleurs, au cinquième mois de leur grossesse, un grand nombre de femmes enceintes se rendent au sanctuaire inu no hi, une journée associée au signe zodiacal (eto) du chien. Ces animaux, comme chacun le sait, ont souvent de grandes portées et sont considérés de bon augure en cas de grossesse. Les futures mères y prient pour le bon déroulement de leur accouchement et font l’achat d’un de ces omamori.

Autre thème cher aux Japonais : la réussite dans les études. Il existe de nombreux sanctuaires d’un bout à l’autre de l’Archipel, consacrés à un personnage appelé Sugawara no Michizane. Cet érudit du IXe siècle a été canonisé à titre posthume, devenant la divinité des études. Ainsi de nombreux étudiants, en particulier à l’approche de la saison des examens d’entrée, viennent se procurer des omamori dans des sanctuaires tels que Dazaifu Tenmangû à Fukuoka, Kitano Tenmangû à Kyoto ou encore Yushima Tenjin à Tokyo, réputés pour porter bonheur aux futurs candidats.

D’autres sanctuaires et temples sont plus prisés de ceux en quête de l’âme sœur, tels que le sanctuaire Jishu à Kyoto ou encore le Grand sanctuaire de Tokyo (Tokyo Dai-jingû). Les omamori qu’on peut s’y procurer sont réputés pour veiller au bon déroulement d’une relation amoureuse.

(Photo : un omamori porte-bonheur pour les examens d’entrée dans une école. Pixta)

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