À la découverte des ingrédients de la cuisine japonaise
« Renkon », la racine de lotus qui porte chance
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Des rhizomes plutôt que des racines
La plante de lotus pousse à l’état sauvage dans les zones tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord. Elle serait cultivée au Japon depuis l’époque de Nara (710-794). La présence de fleurs de lotus sur le piédestal des statues du Bouddha, ainsi que son utilisation pour les décorations et les manifestations, indique un lien étroit avec la culture du bouddhisme depuis l’antiquité.
Des variétés faciles à cultiver ont été importées de Chine à partir de l’ère de Meiji (1868-1912), et c’est à partir de ce moment que le lotus est devenu principalement un aliment. Environ 50 % de la production de racines de lotus vient de la préfecture d’Ibaraki, suivi de celles de Saga et Tokushima qui représentent 10 % chacune.
En japonais, on appelle la plante de lotus hasu, tandis que la partie comestible est le renkon (racine de lotus). Bien que le mot racine soit utilisé, il s’agit en fait d’un rhizome. L’apport d’oxygène aux racines est difficile pour le lotus qui pousse dans les marécages et autres zones humides, et c’est donc les grandes feuilles qui l’absorbent et le transmettent. Les trous des renkon font office de tuyaux pour conduire l’oxygène vers les rhizomes.
Le renkon est un ingrédient essential dans la cuisine du Nouvel an (osechi ryôri), et on en trouve dans le nishime (un mijoté de légumes) et le su-renkon (renkon au vinaigre). Il est censé porter chance, les trous permettant « de voir le chemin à suivre » et indiquant que « l’avenir parait prospère ». Le grand nombre de graines représente aussi la fertilité et une descendance nombreuse.
Un renkon en trois parties
En magasin, le renkon est vendu en morceaux faciles à consommer, mais lors de la récolte, plusieurs segments restent attachés les uns aux autres. Ceux-ci sont couramment appelés la partie « parent », la partie « enfant » et la partie « petit-enfant ».. Le « parent » est le plus gros morceau. Sa texture filiforme et sa consistance gluante le rendent adapté pour les plats mijotés ou pour être râpé. La partie centrale « enfant » est polyvalente et peut être mijotée, frite, ou sautée. Le « petit-enfant », près du bout, est en pleine croissance et a une consistance croquante et légère grâce à ses fibres plus délicates. Il convient bien au kinpira (légumes sautés et assaisonnés), aux salades, et au sunomono (légumes marinés au vinaigre).
Les sites des producteurs ou des associations agricoles mentionnent souvent que le renkon a toujours dix trous, avec un trou au milieu et les neuf autres autour. Cependant, quand on coupe un renkon, il se peut qu’il ait beaucoup de petits trous, et pas toujours dix au total.
(Photo de titre : Pixta)



