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« Gobô », la racine de bardane : un trésor alimentaire enfoui sous terre

Gastronomie

Le gobô, la racine de bardane, possède un goût terreux. Ce légume est riche en fibres et particulièrement nourrissant.

Un trésor alimentaire enfoui

Bien qu’il s’agisse au Japon d’un légume courant, il suscite souvent la curiosité à l’international, certains étrangers se demandant s’il est coutume pour les Japonais de manger des racines d’arbres ! Malgré cela, sa saveur riche et terreuse, ainsi que sa texture agréable, sont incomparables.

On trouve des différentes espèces de gobô à travers toute l’Eurasie, et la plante a longtemps été utilisée comme remède en Europe et en Chine. Au Japon, elle est mentionnée dès l’époque de Heian (794-1185) comme aliment comestible, et sa culture s’est peu à peu développée dans tout le pays à partir de cette période. À l’époque d’Edo (1603-1868), des améliorations continues et la sélection de graines ont permis de développer une variété supérieure dans la région actuelle de Takinogawa, au sein de l’arrondissement de Kita, à Tokyo. De nos jours, plus de 90 % du gobô disponible au Japon descend de cette variété.

Le gobô Takinogawa peut atteindre jusqu’à un mètre de long. (Avec l’aimable autorisation de la Fondation de Tokyo pour le développement de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche)
Le gobô Takinogawa peut atteindre jusqu’à un mètre de long. (Avec l’aimable autorisation de la Fondation de Tokyo pour le développement de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche)

La préfecture d’Aomori se distingue particulièrement par l’importance de sa production, mais celles de Hokkaidô, Ibaraki et Miyazaki produisent, elles aussi, à grande échelle. Il existe de nombreuses variétés et marques régionales, dont le gobô Horikawa, court et trapu, un légume ancien de type kyô-yasai (légumes traditionnels de Kyoto), ainsi que le gobô Kikuchi Suiden, cultivé dans des rizières à Kikuchi, dans la préfecture de Kumamoto.

Le gobô Horikawa. (Avec l’aimable autorisation du Bureau de l’industrie et du tourisme de la ville de Kyoto)
Le gobô Horikawa. (Avec l’aimable autorisation du Bureau de l’industrie et du tourisme de la ville de Kyoto)

L’un des principaux atouts nutritionnels du gobô réside dans sa forte teneur en fibres alimentaires, efficaces pour prévenir la constipation. Il contient également de nombreux minéraux, notamment du calcium et du magnésium. Lors de sa cuisson, il prend une belle couleur brune, signe de sa richesse en polyphénols, qui contribuent à prévenir le vieillissement et les maladies liées au mode de vie.

Un symbole profondément ancré du Nouvel An

Le gobô s’enfonce très profondément dans la terre, ce qui en fait non seulement un symbole de bonne santé et de longévité, mais aussi d’enracinement solide du foyer et de stabilité pour les entreprises familiales, évoquant la sécurité et la pérennité du ménage. Il devient alors un ingrédient porte-bonheur incontournable des plats traditionnels du Nouvel An (osechi ryôri).

Comme le gobô est profondément enraciné, il est très difficile à arracher, et chaque racine nécessite le plus grand soin. Dans les commentaires de courses de relais ekiden, l’expression gobô-nuki (« arracher le gobô ») est utilisée lorsqu’un coureur rapide dépasse successivement plusieurs concurrents. Cela peut donner l’impression qu’il est facile d’arracher le gobô, mais à l’origine, l’expression désigne le fait de dépasser les autres de manière progressive, un à un. De nos jours, de plus en plus d’agriculteurs ont recours à des machines spécialisées pour effectuer la récolte, particulièrement exigeante en main-d’œuvre.

Récolte du gobô de Takinogawa. (Avec l’aimable autorisation de la Fondation de Tokyo pour le développement de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche)
Récolte du gobô de Takinogawa. (Avec l’aimable autorisation de la Fondation de Tokyo pour le développement de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche)

Données utilisées

(Texte de Ecraft. Photo de titre : Pixta)

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