Victoire écrasante et historique du PLD aux élections législatives

Politique

Le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir au Japon a remporté 316 sièges à la Chambre des représentants lors des élections législatives de dimanche, s’assurant ainsi le contrôle des deux tiers de la chambre basse (465 sièges au total), qui joue un rôle central dans le processus législatif.

Ce résultat, historique pour le PLD, fondé en 1955, dépasse largement l’objectif initialement fixé par la Première ministre Takaichi Sanae, qui visait une majorité simple d’au moins 233 sièges grâce à sa coalition avec le Parti de l’innovation du Japon (PIJ). À eux deux, ils ont obtenu 352 sièges.

À l’inverse, l’Alliance centriste pour la réforme, principale force d’opposition, a subi une lourde défaite, son nombre de sièges a chuté de 172 sièges à 49. Son co-président, Noda Yoshihiko, a d’ores et déjà annoncé son intention de démissionner.

Les partis minoritaires Sanseitô et Team Mirai ont, pour leur part, enregistré une progression notable de leur représentation parlementaire.(passant respectivement de 2 à 15 sièges, et de 0 à 11 sièges).

Le précédent record du PLD à la Chambre des représentants remontait à 1986, avec 300 sièges remportés. Une majorité des deux tiers permettra au camp au pouvoir de faire adopter des projets de loi rejetés par la Chambre des conseillers, où le PLD et le PIJ restent minoritaires, et lui ouvrira également la voie à la proposition de révisions constitutionnelles.

Ce large succès devrait renforcer la position de la dirigeante japonaise et lui donner un nouvel élan pour mettre en œuvre ses promesses électorales, notamment la réduction de la taxe à la consommation, qu’elle qualifie de « vœu pieux » tant elle s’est révélée politiquement difficile à concrétiser jusqu’à présent.

Pour expliquer cette victoire massive — marquée par un gain de 120 sièges par rapport à la situation d’avant le scrutin — de nombreux observateurs mettent en avant la forte popularité du cabinet. Le secrétaire général du PLD, Suzuki Shunichi, a souligné que « le public a soutenu une politique budgétaire responsable ainsi que le renforcement des capacités de défense menés par la Première ministre ».

Tenant compte de cette « volonté populaire », le PLD prévoit de mettre en œuvre les promesses électorales emblématiques de l’ère Takaichi, notamment le renforcement des capacités de renseignement, y compris l’examen d’une loi contre l’espionnage, ainsi qu’un durcissement de la politique à l’égard des résidents étrangers.

La réduction de la taxe sur la consommation constitue l’un des principaux points de débat. Le programme électoral du PLD stipule explicitement qu’il « accélérera l’examen » de la suppression temporaire — pour une durée de deux ans — de la taxe sur la consommation appliquée aux produits alimentaires. Takaichi avait initialement présenté le projet de loi correspondant à la session extraordinaire de la Diète prévue à l’automne, avec pour objectif une mise en œuvre d’ici 2026. Toutefois, après cette annonce officielle, elle a adopté une position plus réservée et a progressivement évité le sujet. Les opinions restent divisées au sein du PLD. Le vice-président Aso Tarô, proche de la dirigeante, est réputé pour sa prudence en matière budgétaire après avoir occupé le poste de ministre des Finances pendant près de neuf ans.

Takaichi Sanae (droite), Première ministre et présidente du Parti libéral-démocrate, et Noda Yoshihiko, co-président de l'Alliance centriste pour la réforme, qui a annoncé son intention de démissionner après son échec aux législatives.
Takaichi Sanae (droite), Première ministre et présidente du Parti libéral-démocrate, et Noda Yoshihiko, co-président de l’Alliance centriste pour la réforme, qui a annoncé son intention de démissionner après son échec aux législatives.

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