Du vrai saké à offrir aux Français
Sugiyama Asuka, une sommelière vivant de ses passions entre Paris et Tokyo
[23.03.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | ESPAÑOL |

Sugiyama Asuka n’est pas une sommelière comme les autres. Titulaire d’un doctorat en physique théorique, elle passe sa vie entre Paris et Tokyo. Amoureuse du vin et du saké japonais, elle se rend régulièrement dans la capitale française pour redorer l’image du saké.

Sugiyama Asuka

Sugiyama AsukaTitulaire d’un doctorat en physique théorique. Chercheuse en œnologie. Professeur de mathématiques dans un établissement réputé et directrice de Asuka L’école du vin, une école qui prépare à l'examen du brevet professionnel de sommelier. Elle possède également un bar à vin, GOBLIN, à Nishi-Azabu, à Tokyo, ainsi qu’un restaurant japonais à Paris, ENYAA, où le saké japonais et le champagne tiennent une place centrale. Elle est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur le vin.

Quand les mathématiques rencontrent l’œnologie

——Vous êtes à la fois professeure de mathématiques et d’œnologie.

SUGIYAMA ASUKA  Depuis toute petite, j’aime beaucoup faire apprendre des choses aux autres. Et j’aime aussi la physique, les mathématiques… et les alcools. Je ne voulais laisser tomber aucune de mes passions, et c’est ainsi que j’en suis arrivée à ce style de vie professionnel, pour ainsi dire.  J’ai ouvert un bar à vin à Nishi-Azabu en 2008, un restaurant de saké japonais et de champagne à Paris en 2016, et j’importe et exporte également du vin et du saké japonais. Tout cela fait que je passe mon temps entre Tokyo et Paris. Pour mon travail, je vais à Paris toutes les deux semaines.

——Vous débordez d’énergie ! Les mathématiques et le vin sont par ailleurs une combinaison pour le moins inhabituelle…

S.A.  Quand j’étais petite, tous les enfants autour de moi aimaient faire des coloriages ou jouer au papa et à la maman. Moi, ce qui me plaisait, c’était plutôt les jeux de construction, les Lego et les exercices de calcul. Le comptoir de mon bar à vin peut accueillir 17 personnes car pour tout vous dire, 17 est de mes nombres premiers préférés. Pour la répartition, j’ai gardé cette idée de nombres premiers : 11 sièges en face du barman et 3 sièges en angle droit à chaque côté.

——Quand cette passion pour les alcools vous est-elle venue ?

S.A.  Lorsque j’étais étudiante, j’ai goûté toutes sortes de boissons alcoolisées. Et comme la passionnée de science que je suis aimait approfondir ses connaissances, je m’imposais une thématique à chaque période… Par exemple, pour le vin, boire au moins une bouteille du même cépage par jour, ou pour le whisky, boire tous les produits de la même distillerie… Quand je déguste ces alcools en réfléchissant à différentes questions, tout naturellement, la consommation augmente elle aussi (rires).

Une sommelière infatigable aux multiples casquettes

——Qu’est-ce qui vous a décidée à ouvrir un bar à vin ?

S.A.  À l’époque, mes cours de l’école préparatoire terminaient vers 22 heures. À cette heure-là, vous n’avez pratiquement aucune chance de trouver des restaurants à Tokyo où déguster un bon repas avec une bonne bouteille… C’est à ce moment-là que je me suis que je n’avais qu’à le faire moi-même.

« On parvient à différencier les odeurs à force de pratique », explique Sugiyama Asuka.

——Vous avez ouvert une école d’œnologie en 2011, n’est-ce pas ?

S.A.  Après avoir obtenu mon diplôme de sommelière, j’ai demandé aux employés de mon bar à vin de prendre des cours d’œnologie. Malheureusement, aucun d’entre eux n’a réussi son examen. Alors je me suis dit que ça serait plus rapide si je leur donnais des cours moi-même. C’est ainsi que j’ai commencé à leur transmettre mes connaissances. Grâce à mes cours, 90% d’entre eux ont réussi leur examen ! L’année suivante, j’ai ouvert ma propre école d’œnologie.

——Et en 2016, vous voilà à Paris !

S.A.  J’importe également du vin depuis cinq ans et je rends visite aux producteurs français une fois tous les deux mois. Ce faisant, ils sont naturellement de plus en plus sollicités au Japon. Lors de leur visite, je fais goûter à nos invités des plats de la cuisine japonaise accompagnés de leur champagne et du saké japonais.

C’est peut-être surprenant mais le dashi, le bouillon utilisé dans la cuisine japonaise, se marie très bien avec un champagne vieux de quelques années. Et si vous buvez du saké japonais lors d’un repas, quelques gorgées de champagne dans l’intervalle seront idéales pour vous rafraîchir le palais. Le saké et le champagne se mariant parfaitement, vous pouvez passer de l’un à l’autre sans aucun problème ! Les Français appréciant beaucoup cette combinaison, je me suis dit que je pourrais ouvrir un restaurant japonais sur ce concept à Paris !

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  • [23.03.2018]
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