Dossier spécial Les endroits à visiter à tout prix !
Le pays où les plaques d’égout sont un art urbain
[13.10.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Il n’est pas rare de découvrir en se baladant au Japon, au détour d’un quartier touristique ou d’une galerie commerciale, une plaque d’égout d’un design original, représentant de façon très graphique un personnage connu du lieu où un paysage emblématique de la région. Certains fans vont même jusqu’à prendre des photos de ces plaques à travers tout le pays. Depuis 2016, plus de 200 plaques d’égout les plus remarquables sont devenues des cartes à collectionner et connaissent un succès incroyable.

Au Japon et nulle part ailleurs

On dit que les premières plaques d’égout conçues avec ce type de design sont apparues à l’occasion de l’Exposition Internationale des Océans organisée par la préfecture d’Okinawa en 1975-76. À l’époque, la révolution consistait à faire des plaques d’égout aux motifs de petits poissons, au lieu d’un motif géométrique standard. Aujourd’hui, les plaques d’égout sont devenus un support pour la publicité locale, et on compte 1 700 municipalités dans tout le Japon à avoir créé leurs propres designs.

« Dans les pays étrangers, la plupart des plaques d’égout sont strictement fonctionnelles et neutres. Il n’y a qu’au Japon qu’elles se sont développées avec une telle profusion de designs originaux, au point de devenir un symbole d’identité culturelle locale. On dirait des œuvres d’art de 60 cm de diamètres dispersées aux quatre coins du pays. Je crois que c’est une spécificité culturelle dont nous pouvons être fiers », déclare Yamada Hideto, de la Plateforme de Relations Publiques des Égouts (GKP).

Une plaque d’égout représentant Kiki à Katsushika, l’arrondissement de Tokyo où se trouve le fabricant de la célèbre peluche.

Cela fait environ une dizaine d’années que l’on voit de plus en plus de passionnés, qui voyagent à travers tout le pays pour admirer et prendre en photo les plaques d’égout locales les plus rares ou les plus originales. On les appelle des « manholers », du mot « manhole » signifiant bouche d’égout en anglais et en japonais. Plus récemment, grâce aux réseaux sociaux, l’art des plaques d’égout japonaises se diffuse même à l’étranger, et on commence à voir les premiers « chasseurs de plaques d’égout » parmi les touristes étrangers qui visitent le Japon.

Séléction des douze plus belles plaques d’égout

Voici une sélection de douze plaques d’égout, parmi celles qui ont fait l’objet d’une édition en cartes de collection.

1. Ville de Sapporo (Hokkaidô)

Les saumons, que les Aïnous appellent le « poisson-dieu », remontent la rivière Toyohiragawa à Sapporo à la saison du frai. Si la pollution les avait faits disparaître un certain temps, l’amélioration de la qualité de l’eau grâce à un système d’égout performant a permis de les voir revenir. Ils sont environ 2000 saumons à remonter la rivière chaque année. La plaque représente deux saumons remontant la Toyohiragawa, et un autre symbole de la ville de Sapporo : la tour de l’horloge.

À lire aussi : L’histoire étonnante du festival de la neige de Sapporo

2. Ville d’Aomori (préfecture d’Aomori)

Le festival des Nebuta d’Aomori se tient tous les ans début août. Le motif représente des danseurs devant un char décoré d’un samouraï géant.

À lire aussi : Tourisme gourmet à Aomori

3. Arrondissement de Katsushika (Tokyo)

La mondialement célèbre peluche-mascotte Kiki (Monchichi). L’arrondissement de Katsushika, d’où est originaire le fabricant original, Sekiguchi, a même créé un Parc Monchichi, lieu culte pour les fans, qui se font bien entendu un plaisir de monter dans le bus aux couleurs de Monchichi. Cette plaque d’égout existe en dix exemplaires, installés dans l’arrondissement, en particulier devant la gare de Shin-Koiwa, depuis 2017.

4. Ville d’Ojiya (Niigata)

Les splendides carpes Nishikigoi, appelées aussi « les joyaux nageants », sont originaires d’Ojiya. On en compte aujourd’hui 100 espèces de toutes les couleurs, dont les fans se comptent par milliers dans le monde entier. Depuis le tremblement de terre qui causa de lourds dégâts dans la préfecture de Niigata en 2004, la ville en a fait le symbole de sa reconstruction.

  • [13.10.2017]
Articles liés
Autres articles dans ce dossier
  • Le quartier Golden-gai à Shinjuku : un haut lieu de la prostitution devenu le paradis des buveursLa partie ouest de l’arrondissement de Shinjuku à Tokyo abrite un petit quartier unique en son genre appelé Shinjuku Golden-gai. Ce lieu aujourd’hui rempli de bars minuscules a d’abord été voué à des activités de marché noir et de prostitution avant de devenir le rendez-vous de prédilection d’intellectuels amateurs de discussions bien arrosées se prolongeant jusqu’à l’aube. À l’heure actuelle, il est en train de s’ouvrir à tous les types de clientèle depuis que ses établissements sont peu à peu repris par des jeunes.
  • Le temple Tôfukuji de Kyoto, un site incontournable pour l’automneVoici un fabuleux endroit à Kyoto que nous vous présentons pour admirer les feuillages dorés de l’automne : le temple bouddhique Tôfukuji et ses 2 000 arbres. Pour le grand bonheur des visiteurs, Kyoto est l’endroit où les feuilles garderont leurs couleurs vives le plus longtemps.
  • L’île de Miyajima, aux couleurs de l’automneMiyajima, située dans la préfecture de Hiroshima, est notamment célèbre pour le portique shinto rouge vermillon qui semble flotter sur la mer. Mais derrière lui s’étend un autre spectacle : la nature luxuriante du mont Misen, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, qui attire de nombreux touristes lorsqu’elle se pare entre autres des couleurs automnales.
  • Le parc de Nara : vue automnale sur un patrimoine mondialLe parc de Nara, immense étendue parsemée de nombreux artéfacts inscrits au patrimoine mondial ou trésors nationaux, est particulièrement splendide dans sa livrée automnale. Au cœur de l’ancienne capitale, avec ses feuillages colorés de rouge et de jaune parmi lesquels vivent les daims en liberté, le parc de Nara apparaît alors comme la figure même de l’éternité, un lieu absolument unique au monde.
  • Les meilleurs sites pour admirer les feuillages colorés de l’automne [2] : partie sud de la région du TôhokuContinuons notre périple à la recherche des plus beaux paysages de l’automne, que les Japonais appellent la saison des kôyô. Dans cet article, présentation des magnifiques spectacles qu’offrent les arbres aux couleurs rouge et jaune au nord-est du Japon, dans les préfectures de Miyagi, Yamagata et Fukushima, autour des gorges, montagnes, cascades et autres châteaux.

Nippon en vidéo

バナーエリア2
  • Chroniques
  • Actu nippone