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Les mariages internationaux au Japon
[19.06.2015] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le nombre des mariages internationaux dans l’Archipel a beaucoup augmenté dans les années 1980 et 90 pour atteindre un record en 2006, avec 44 701 couples formés cette année-là. Même si depuis, leur nombre a baissé et que la moyenne tourne autour désormais de 20 000 unions par an, l’intérêt porté aux mariages internationaux reste vif, comme le prouve la popularité de certains livres et téléfilms.

La tendance des mariages internationaux

Selon les statistiques du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, sur 21 488 des 660 613 mariages enregistrés au Japon en 2013, l’un des conjoints était de nationalité étrangère, soit un taux de 1 pour 30 couples. Si, en termes de pourcentage, ces unions ne représentent toujours qu’une faible part, elles ont néanmoins largement augmenté durant les 50 dernières années. Alors qu’en 1965 les mariages mixtes concernaient seulement 4156 couples, le phénomène s’est amplifié durant les décennies suivantes pour franchir la barre des 20 000 à la fin des années 80, et celle des 30 000 en 1999. Ce nombre a culminé en 2006, avec 44 701 unions mixtes, avant d’entamer une chute vertigineuse les années suivantes ; il a diminué environ de moitié, à un peu plus de 20 000 en 2011, une tendance à la baisse qui semble se poursuivre.

Cette chute de 6,11% en 2006 à 3,25% de l’ensemble des unions ne s’explique pas seulement par la diminution globale du nombre de personnes échangeant leurs vœux. En effet, les chiffres du mariage en général sont en repli depuis une dizaine d’années, après un pic en 2006 avec 730 971 unions. Malgré un nouveau sursaut en 2008, ce chiffre n’était plus que de 660 613 en 2013.

L’impact de la réforme des lois sur l’immigration

Les modifications apportées à la loi relative à la maîtrise de l’immigration semblent être la principale cause de ce phénomène. Ces révisions, avec pour objectif d’améliorer la sécurité publique en rendant plus stricte l’obtention des visas, ont notamment fermé la porte à de nombreuses femmes originaires des Philippines souhaitant travailler dans le monde du spectacle. La diminution de cette population au Japon a eu une forte incidence directe sur le chiffre global des mariages internationaux.

Les statistiques du ministère de la Santé indiquent qu’en 1992, 5 771 mariages avaient été conclus entre un homme japonais et une femme philippine. En 2006, ce chiffre a culminé à 12 150 avant de baisser peu à peu suite à la réforme législative ; en 2013, on ne comptait plus que 3 118 mariages de ce type. Un autre facteur affectant le nombre des mariages internationaux est la lutte renforcée contre les mariages blancs, un moyen d’immigration pour les femmes chinoises.

Une mode des mariages internationaux

Les vedettes de Massan, la série matinale de la NHK : Tamayama Tetsuji interprète le producteur de whisky Kameyama Masaharu et l’actrice américaine Charlotte Kate Fox joue celui de sa femme écossaise, Ellie. (Jiji press)

Même si leur nombre est à la baisse ces dernières années, les mariages entre ressortissants japonais et étrangers représentent toujours un pourcentage substantiel. Les experts soulignent également que le nombre de Japonais se mariant à l’étranger est important, ce qui prouve que les mariages internationaux deviennent plus courants.

Ce thème suscite toujours un grand intérêt parmi les Japonais. Les sites internet offrant de trouver l’âme sœur dans un autre pays pullulent, et de nombreux programmes télévisés suivent la vie de couples mixtes. En 2007, le mariage de Terajima Shinobu, célèbre actrice japonaise, avec le Français Laurent Ghnassia a été largement médiatisé. Plus récemment, du 29 septembre 2014 au 28 mars 2015, la chaîne de télévision publique NHK a diffusé « Massan », une série de 150 épisodes basée sur l’histoire de Taketsuru Masataka et sa femme écossaise Rita, les fondateurs de Nikka. La série retraçait l’établissement de leur distillerie de whisky au Japon. À la fin de chaque épisode, une photographie présentait un couple mixte, avec la mention « couple mixte heureux ». Divers ouvrages sur ce thème, tel que le manga « Mon mari est un étranger » (2002) de Saori Oguri – adapté au cinéma en 2010 –, ont remporté un grand succès.

Les différentes nationalités en chiffres

En 2013, 15 442 mariages internationaux concernaient un Japonais et une femme d’une autre nationalité, tandis que 6 046 liaient une Japonaise à un étranger. La majorité des épouses étrangères étaient originaires de pays asiatiques voisins, Chine en tête avec 6 253 femmes soit un pourcentage de 40,4% du total. Suivent les Philippines avec 3 118 épouses, et la Corée du Sud avec 2 734.

Les Coréens représentaient la plus importante proportion des maris étrangers avec 1 689 unions, soit 27,9% du total, suivis des Américains avec 1 158 couples et des Chinois dans 718 cas. Ce fort pourcentage de Coréens est en partie dû au nombre important de Coréens nés au Japon mais toujours de nationalité coréenne. Les chiffres montrent que les femmes japonaises ont plus tendance que les hommes japonais à choisir un partenaire originaire d’un pays occidental.

(Photo de titre : Terajima Shinobu et son mari français Laurent Ghnassia. Jiji Press)


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  • [19.06.2015]
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